C. — Maisons communes, communs et dépendances
En plus des locaux d'habitation, le village se complète par des constructions d'affectations très diverses. Enumérons les principales.
1° Ce sont d'abord des dais plats de paille, montés sur quatre pieux et sous lesquels les gens du village passent ù l'abri du soleil les heures chaudes de la journée. Le hangar, constitué par un toit à double
Fig. 8. — Abègn ou corps de garde.
pente monté sur des poteaux et sans mur, est un perfectionnement du dais; il préserve aussi bien de la pluie que du soleil. Là se tiennent, non seulement les oisifs, mais encore les ouvriers d'art, potiers, forgerons, armuriers, fabricants d'ustensiles et outils, et, sur les hauts plateaux, les fdateurs et les tisserands.
9° Le plus curieux et le plus important de ces édilices accessoires est appelé, selon les tribus, abègn
(Fang), hûndza (Moyen-Oubanghi) , bândjo (Sanga). C'est à la fois le corps de garde et la maison commune. A l'origine, le corps de garde a une affectation surtout militaire. Il consiste alors en une case rectangulaire, couverte par un toit à double pente, sans cloisonnement intérieur. Les murs sont formés de gros pieux jointifs, verticalement fichés en terre. On y pénètre par deux portes percées en vis-à-vis. Pour rendre l'accès plus difficile et la défense plus efficace, ces ouvertures sont très étroites et, par surcroît, pratiquées obliquement dans l'épaisseur de la paroi. Des interstices, jouant le rôle de meurtrières et de judas, sont ménagés entre les pieux. Cette sorte de blockhaus est placé en un endroit tel qu'on soit obligé de le traverser pour pénétrer dans le village.
Dans les pays où les menaces de guerre ne sont plus à l'état permanent, le corps de garde, prenant un aspect plus débonnaire, a évolué vers la simple maison commune. On le construit alors, non plus en gros pieux, mais en matériaux légers. Les portes sont larges, béantes et multiples.
L'appréhension des surprises a jadis donné naissance, en quelques pays d'humeur inquiète et batailleuse * , à des miradors , où des sentinelles postées surveillaient les environs. C'étaient de simples planchers de branchages établis sur des poteaux élevés ou dans la ramure des arbres. Ce genre d'ouvrage a tout