I. Pomos
La seule feuille qui donne des toitures à la fois étanches et durables sont les folioles latérales des frondes de divers palmiers, des genres elms, raphia et phœnix. Ces folioles sont détachées avec un couteau de leur rachis commun; pliées, encore fraîches, au dernier tiers à partir de leur base ; juxtaposées à cheval sur une mince baguette plate et épinglées dans cette position à l'aide de petits éclats de bois. On forme ainsi des panneaux légers et à l'épreuve des pluies, que l'on dispose sur la charpente du toit, à la manière de tuiles, par rangées successives se recouvrant des deux tiers ou des trois quarts.
Pour les couvertures en paille, on emploie la grande herbe de Guinée. Les uns la jettent simplement par poignées sur la carcasse du toit, le chaume en haut, le limbe en bas. On commence par le bord inférieur du toit et l'on va en remontant par couches successives. Les couches sont maintenues de place en place par des baguettes transversales, qu'on relie à la carcasse par des lianes à travers la couche même de paille. — D'autres, plus soigneux, font d'abord des sortes de petits balais ou javelles de la grosseur du bras, dont la mise en œuvre répond à deux écoles. La première école met le chaume en haut, comme précédemment; ce n'est donc pas, à proprement parler, un nouveau mode de couverture. La seconde école met, au contraire, le chaume en bas et le limbe des feuilles en haut. Les javelles sont placées côte à côte, bien serrées en rangées régulières. Chaque rangée empiète large-
ment sur la rangée inférieure, de manière à former une série d'échelons à bord net et bien aligné, d'un effet assez gracieux.
5) Murs et cloisons. — Les murs extérieurs et les cloisons intérieures sont faits, soit en feuilles quel-
^ conques, soit en panneaux de folioles de palmier, soit j en paille, soit enfin en écorce, selon les ressources du s pays. Les parois en écorce se trouvent surtout chez les populations sylvestres. Nulle part on n'emploie 1 quoi que ce soit qui ressemble à de la maçonnerie, ' pierre, torchis, pisé ou brique. La seule exception est le bas mur des cases rondes ; encore les faibles dimensions de cet ouvrage le réduisent-elles presque à un simple bourrelet formé en repoussant la terre avoisinan te jusqu'à la circonférence de base de la case future.
6) 11 n'existe pas de fenêtres ni ouvertures quelconques autres que la porte.
7) Partout les portes sont étroites et basses. Dans la case conique, ce n'est souvent qu'une sorte de trou de o m. 80 à o m. 90 de liaulcur au-dessus du sol, par où l'on ne peut, par conséquent, pénétrer qu'en rampant. — L'entrée des huttes du type quadrangulaire atteint de i mètre à 1 m. 5o ; mais sa partie inférieure est très souvent obstruée par un seuil de o m. 3o à o m. ^o de hauteur, de telle sorte que, pour s'inlroduirc dans l'iiilérloui . il faut à la fois se
courber, relever les genoux et s'effacer de côté, vu l'étroitesse de l'huis, qui n'a guère que o m. 5o à o m. 60 de largeur.
La clôture des portes est assurée par les movens les plus simples. Un panneau d'écorce ou de paille est appliqué à l'extérieur et retenu par une liane à une traverse intérieure.
— Des tribus plus ingénieuses ont inventé un système de panneau suspendu à une tringle horizontale et glissant parallèlement au mur comme la porte d'un wagon ù bagages. — On trouve entre Brazzaville cl la côte un mode de fermeture original qui fonctionne à peu Fiff- 7- — Modèle de porte (vallée 7 , • /' ^^ Niari).
près a la manière d un
éventail. Les bêtes ne peuvent franchir cette barrière, et c'est le principal but cherché. Les humains passent difficilement. Mais rimmidilé et le froid ont leurs grandes et petites entrées. — L'art de la serrurerie est encore à naître dans l'Afrique tropicale.
Les portes intérieures sont plus basses encore et plus étroites que les portes extérieures.