A LA PAPAUTÉ
C'est en vain que, pour consolider précisément l'œuvre néfaste de la sécularisation de renseignement, le ministère belge a essaye d'apporter quelques tempéraments purement temporaires, administratifs et arbitraires, dans l'application de la loi du 1^' juillet 1879; le résultat n'en a pas moins été acquis et la Maçonnerie du monde entier y a vu un triomphe.
Le 29 juin 1879, une réunion des francs-maçons hollandais et des francs-maçons belges avait lieu dans la loge Geldersche broe'» dorschap à Ârnehm; le F.*, van Capelle, s'adressant aux maçons belges, leur disait :
€ Vous n'auriez pu choisir, très-chers frères du sud, un mo- « ment plus heureux pour notre entrevue que celui-ci ; vcyus « venez d* accomplir dans voPi^e patrie une omvre dont Vhumor <t nité vous est reconnaissante] vous avez arraché l'enseigne* a ment primaire aux mains d'un clergé intolérant pour le rendre « aux mains de l'État neutre (i). »
Depuis lors, l'exultation maçonnique n'a plus cessé. Un nouvel aliment lui a été fourni par l'attentat au droit des gens commis contre le Saint-Siège par le ministère belge, l'expulsion du nonce apostolique. Déjà, à un des préliminaires de cette mesure, la nouvelle puissance maçonnique écossaise de France adressait ses félicitations aux loges belges :
a.... Un premier pas important, disait le Bulletin de la grande Loge symbolique écossaise dans son numéro de juillet 1880, vient d'être fait en Belgique dans la voie de l'émancipation des idées cléricales, par la suppression du représentant accrédité de la Papauté. Les loges ne sont pas étrangères à cet intéressant résul-
tat. »
La chambre des représentants, au mois de novembre 1880, a
(1) Voyez tout co discours plein d'une haine sauvage contre le Christianisme dont la Ckainâ (funiofi do Janvier 1880.
518^ LA Franc-maçonnerie en Belgique
couronné ces insultes à la religion en refusant d^assister au Te^ Deum célébré selon l'usage pour la reprise des travaux parlementaires et auquel le roi assistait.
Fière de ce succès, la Maçonnerie belge a voulu encore concentrer ses forces et le Suprême. Conseil du rite écossais a conclu un traité solennel avec le Grand-Orient, le 5 mars 1880. Les querelles de ces deux puissances ne portaient que sur des droits de réception à toucher ; l'accord sur toutes les mesures politiques était parfait ; mais au milieu de la prospérité générale des loges, ces petits conflits ont été définitivement réglés. Tous les noms du parlementarisme libéral sont au bas de ces documents, dont les formules solennelles feraient sourire, si Taction des loges n'était pas si sérieuse.
Le cinquantenaire de l'indépendance nationale, célébré au milieu du deuil de la majorité catholique de la nation, a fourni à la secte Toccasion d'affirmer sa puissance par des manifestations publiques inusitées.
L'ordre a organisé à l'opéra de Bruxelles une représentation de gaIa,oùtous les membres assistaient couverts de leurs insignes, et où l'on a joué la Flûte enchantée, dont le libretto maçonnique servait en 1790 de ralliement aux affiliés de Vienne, et dont l'impie Strauss a voulu faire exécuter les chœurs sur son tombeau. La Maçonnerie garde toujours ses symboles.
En même temps, les autorités municipales donnaient une sanction publique à ces fêtes en faisant afficher dans toute la ville l'avis suivant :