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LE TRIOMPHE MAÇONNIQUE

V mois de Tan de la vraie lumière 5880). La Chronique, un des organes de la loge, parle de la première en ces termes discrets :

c( La première soirée s'est passée dans le temple de la rue du Persil ; comme il est de règle de ne point divulguer ce qui se passe dans Tintérieur des loges, nous ne parlerons point de la soirée de lundi. »

A la même occasion, la Maçonnerie a organisé à Bruxelles des congrès de toutes sortes qui sont pour elle des moyens discrets de réunion et de recrutement. Le plus important a été celui de

Y enseignement. Nous en empruntons le compte rendu au Français:

et Ce congrès a été organisé par la Ligue de V enseignement : c'est assez dire dans quel esprit il a été préparé. Mais ce qui est plus significatif, c'est qu'avec une semblable origine, il ait décerné la présidence d'honneur à M. Van Humbeck, notre ministre de l'instruction publique, et que celui-ci l'ait acceptée. La présidence efifective a été accordée à M. Couvreur, un des dignitaires de la Maçonnerie belge, député et rédacteur de V Indépendance belge.

« Il n'est pour ainsi dire pas un discours qui nous ait fait grâce des tirades habituelles sur l'ignorance, la superstition, les abus du moyen âge. Un orateur a déclaré que les pays protestants l'emportent sur les pays catholiques au point de vue scolaire ; un autre, que la morale ne s'apprend pas dans le catéchisme ; le latin et le grec ont passé de mauvais quarts d'heure' ; ne sont-ils pas défendus par les jésuites ? Plusieurs fois l'éloge de la république a été fait aux applaudissements de l'auditoire ; un portugais s'est écrié que les congrès d'ins^ traction amèneraient la Rôpublique universelle ; un français a fait ressortir qu'on avait le bonheur de vivre en république dans son pays. M. Foucher de Gareil, qui n'a pas eu lô tact de se souvenir de l'orateur du congrès de Malines, s'est incliné devant l'université de Bruxelles» qu'il ne confond pas, a-t-il dit, c avec les universités qui ne sont pas libres, qui ne connaissent pas la science indépendante et que le dogme étouffe. > Cette allusion à l'université de Louvain fait sourire ; car enfin, quel est l'esprit sérieux et impartial qui ne convienne que la science de Louvain peut tout au moins soutenir la comparaison avec l'éloquence déclamatoire du sénateur français.

€ Si cependant on cherche à dégager de la plupart des morceaux oratoires qui ont été débités l'idée qui les a inspirés, on arrive à cette conclusion que, pour la libre pensée et le radicalisme, sous le patronage desquels se tenait le congrès, l'école doit remplacer rÉglise«

61 d^ LA Frâng-hâçonnerie en Belgiqus

M. Gonvreur, le président, est le premier qui ait indiqué ce desideia* tum : c Les églises, a-t-il dit^ se plaignent parfois que la science envahisse leur domaine ; elles veulent garder le monopole de l'enseignement de la morale. Je ne voudrais froisser aucune conviction opposée à la mienne ; mais je ne puis me défendre d'exprimer cette conviction que là où des conflits de ce genre éclatent, ils naissent du sentiment inconscient parfois qu*ont les masses de l'insuffisance de renseignement religieux. Les peuples sentent que l'école, en agrandissant la sphère de leur capacité intellectuelle, élève aussi leurs âmes, purifie leur atmo8« phère morale, et mieux que la chaire ou le confessionnal, mieux que la loi répressive, mieux que les juges, les gendarmes et les prisons, tourne contre Timmoralité la conscience de l'homme et le jugement toutpuissant de ses semblables. »

c  mon sens, a dit M. Francolin, les religions sont des systèmes complets d'éducation, qui répondaient autrefois par le dogme aux questions que la science travaille à résoudre. Or, pour ceux que le culte de nos pères a cessé d'intéresser, il faut chercher dans les scènes modernes de quoi les remplacer. Dès lors, le seul système possible, c'est l'éducation intégrale des éléments de toutes les connaissances. C'est là le programme qui s'impose à tous les pays et à tous les gouvernements. » M. Rapozo, délégué portugais, a ajouté : « L'école sera bonne, si elle se fonde sur les principes scientifiques ; au contraire, elle sera mauvaise, si elle repose sur les principes dogmatiques. L'école doit être laïque pour être nationale. » M. Vanderkindere s'est écrié : « L'idéal pour former un homme moderne, ce serait de lui faire connaître l'enseignement des résultats acquis par l'humanité. La science fait notre prospérité matérielle, fondement de toute prospérité intellectuelle ; elle nous révèle le secret de la vie, de l'univers. »

c A côté de cette idée fondamentale, il en est deux autres qui ont rencontré de nombreux adhérents.

c Plusieurs orateurs ont recommandé l'introduction de la politique dans l'école. L'un d'eux, M. Tempels, a dit : c Je voudrais voir la politique entrer dans le programme des études, même supérieures. C'est spécialement dans les écoles moyennes et d'adultes que l'éducation politique peut se faire ; mais il est incontestable qu'un cours de droit politique, institué dans les établissements d'études supérieures, est néces* saire et utile au suprême degré. On devrait enseigner la nécessité de la séparation absolue de l'Église et de l'État et de l'éducation religieuse de chacun par lui-môme en dehors de toute intervention officielle. » Gomme conséquence, M. Tempels a demandé la fondation d'un cours de V histoire des religions ( 1 ) : « L'âtat» a-t-il dit, ne se défend pas assex. Il

(1) Notez la foodation d'une chaire A'hûUnre dm rdigiont au collège de FziDOi

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