‹ Les sociétés secrètes et la sociétéChapitre 38 sur 151 · III. — Composition des loges en · texte numérisé non relu

III. — Composition des loges en

La marche de la Révolution présente à chaque pas des phénomènes étranges, absolument inexplicables pour ceux qui ne tiennent pas compte de Tadjon des sociétés secrètes agissant sans se dévoiler.

Tandis que rassemblée des notables s'était prononcée à la presque unanimité contre le doublement du tiers, le roi raccordait peu de mois après aux instances du genevois Necker.

Tandis que, dans les assemblées primaires, le tiers-état rivalisait avec la noblesse et le clergé pour affirmer sa foi catholique elson attachement au gouvernement monarchique, et en consignait l'expression authentique dans les cahiers, les députés nommés dans ces mêmes assemblées allaient déchirer ces cahiers, véritables mandats imp&i^atifs, en dehors desquels ils étaient absolvrment sans pouvoirs. Évidemment dans les opérations électorales, là où rinlrigue cachce a tout pouvoir, les loges avaient pris leur revanche de la rédaction des cahiers monarchiques, qu'elles n'avaient pu empêcher, parce que pour cela il eût fallu affronter une discussion publique et aller ostensiblement contre le sentiment oniversel de la nation.

La partie n'est pas égale assurément entre deux adversaires dont lun ignore les projets et jusqu'à l'existence de celui qui l'épie dans les ténèbres. Ce fut la situation en 1789, et elle s'est renouvelée trop souvent depuis. Il faut ajouter les sentiments d'enthousiasme, de confiance en la droiture des hommes, qui caractérisaient cette génération et dont l'exemple était donné par le bon et généreux Louis XVI. Ces erreurs ne facilitèrent que trop les desseins de ceux qui voulaient détruire la monarchie et qui avaient à leur disposition la puissance de l'organisation.

Or cette organisation nous avons déjà vu ce qu'elle était dans les années de préparation; mais elle s'était singulièrement développée au moment de l'ouverture des États généraux.

Les convenls généraux de la Maçonnerie , convoqués à Paris parle comité directeur des philalèthes, s'y étaient réunis. Leurs comités secrets y avaient traité et des articles spécifiés dans la cir-

138 LA. RÉVOLUTION EN FRANCE ET EN EuROPE

culaîre de coûvocalîon, et de ceux qu'elle indiquait sous le nom de travaux plus importants, que la prudence défendait de confier au papier et moins encore à l'impression (liv. II, chap. V, § 7). Un club, ou loge de propagande, se forma pour Texécution. Son objet et la liste de ses principaux membres sont .ainsi indiqués dans des papiers trouvés chez le cardinal de Bernis, et dont nous avons eu la communication.

a Liste des honorables membres qui composent le club de la propa^

ganâûf lequel s'assemble rue de Richelieu, 26, à Paris.

oc Ce club a pour but, comme chacun sait, non- seulement dd consolider la révolution en France, mais de rintroduire chez tous les autres peuples de TEurope et de culbuter tous les gouvernements actuellement établis. Ses statuts ont été imprimés séparément. Le 23 mars 1790, il y avait en caisse 1,500,000 fr., dont M. le duc d'Orléans avait fourni 400,000 ; le surplus avait été donné par les honorables membres à leur réception. Ces fonds sont destinés à payer les voyages des missionnaires, qu'on nomme apôtres, et les brochures incendiaires que Von compose pour parvenir à un but aussi salutaire. Toutes les atTaires. tant internes qu'étrangères, sont préparées et proposées au club par un comité de quinze personnes, présidé par M. l'abbé Sieyès. »

Voici les principaux noms de cette liste :

L'abbé Sieyès, l'abbé Perochet, le duc de Biron, Tabbé d'Kspagnac, d'Espagnac, conseiller au parlement, le comte de Praslin, le comte do Gastellane, le prince de Broglie, le vicomte de Hochambeau (ils, le duc d'Aumont, Lacretelle, avocat, Garât l'aîné. Garât le cadet, le marquis de Gondorcet, Glavières, genevois, du Roveray, id., le comte de Mirabeau, Barnav^, Chapelier, Duport, Target, Pétion de Villeneuve, Gharles de Lameth, Alexandre de Lameth, Théodore de Lameth, le comte de Tessé, le marquis de Latour-Maubourg, l'abbé de Pampeloo* ne, Boissy-d'Ai^glas, d'Annonay, Freteau, Poullain de Bellancour, baron de Giliey, à Valence, le comte de Grillon, d'André, de Toulongeon, le vicomte de Beauharnais, le vicomte des Androuins, le marquis de Blaçon, Deprès de Grassier, le vicomte de Lusignan, le marquisd'Harambure, Lancosme, Salomon,de Montélimar, Garnon fils,du Vivarais, Lord Stanhope, de Fontenay, gendre de M. de Gabarrus, Martel et Dinocham, journalistes, Hérault, avocat général da parlement.

Après ces noms, il y a un long intervalle en blanc. — Ces noms 6taient-ils ceux des membres des comités, ordinaires ? — Puis à la tète d'une autre page la liste cx)ntinue :

Le duc de Larochefoucauld, Dupont de Nemours, Robespierra»

Page 1