‹ Les Soeurs de Charité en OrientChapitre 10 sur 30 · LA SOBUR DB CHARITÉ · texte numérisé non relu

LA SOBUR DB CHARITÉ

cependant les -voilà qui ont succombé sous le faix. Imaginez-vous, messieurs , ce que c'est que quatre pauvres filles à l'entour de cinq ou six cents soldats, blessés ou malades. Voyez un peu la conduite et la bonté de Dieu de s'être suscité en ce temps une compagnie de la sorte : pourquoi faira ? pour assister les pauvres corporellement et même spirituellement , en leur disant quelques bonnes paroles qui les portent à penser à leur salut; particulièrement aux moribonds pour les aider à bien mourir, leur faisant faire des actes de contrition et de confiance en Dieu. En vérité, messieurs, cela est touchant; ne vous semble-t-il pas que c'est une action de grand mérite devant Dieu, que des filles s'en aillent avec tant de courage et de résolution parmi des soldats, les soulager en leurs besoins et contribuer à les sauver ; qu'elles aillent s'exposer à de si grands travaux, et même à de fâcheuses maladies , et enfin à la mort , pour ces gens qui se sont exposés aux périls de la guerre pour le bien de l'Etat? » Nous voyons donc combien ces pauvres filles sont pleines du zèle de sa gloire et de l'assistance du prochain. La reine nous a fait l'honneur de nous écrire pour nous mander d'en envoyer d'autres

à Calais , afin d'assister ces pauvres soldats. Et voilà que quatre s'en vont partir aujourd'hui pour cela. Une d'entre elles , âgée d'environ cinquante ans, me vint trouver vendredi dernier à l'Hôtel- Dieu, où j'étais , pour rae dire qu'elle avait appris que deux de ses Sœurs étaient mortes à Calais , et qu'elle venait s'offrir à moi pour être envoyée en leur place, si je le trouvais bon. Je lui dis : Ma Sœur, j'y penserai. Et hier, elle vint ici pour savoir la réponse que j'avais à lui faire. Voyez , messieurs et mes frères , le courage de ces filles à s'offrir de la sorte , et s'offrir d'aller exposer leur vie , comme des victimes , pour l'amour de Jésus- Christ et le bien du prochain : eela n'est-il pas admirable ? Pour moi , je ne sais que dire à cela , sinon que ces filles seront mes juges au jour du jugement. Oui , elles seront nos juges, si nous ne sommes disposés comme elles à exposer nos vies pour Dieu et le prochain !

» Vous ne sauriez croire combien Dieu bénit partout ces bonnes filles , et en combien de lieux elles sont désirées. Un évêque en demande pour trois hôpitaux , un autre pour deux ; un troisième en demande aussi , dont on me parla encore il n'y a que

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