‹ Les Soeurs de Charité en OrientChapitre 11 sur 30 · LA SOEUR DE CHARITÉ · texte numérisé non relu

LA SOEUR DE CHARITÉ

trois jours, et on me pressa de lui en envoyer. Mais quoi ? il n'y a pas moyen , nous n'en avons pas assez , d etc. . . ,

Encore un coup , ne croirait-on pas entendre un récit de nos jours ; et ne devons-nous pas admirer combien l'esprit de saint Vincent de Paul s'est conservé inaltérable dans cette pieuse société qui lui doit sa naissance ?

Depuis deux siècles et demi , la France s'est habituée à compter sur les Filles de saint Vincent de Paul. Leur costume antique est aussi populaire que leur charité. Leurs œuvres sont multiples : dans les hôpitaux, elles servent les malades j dans les écoles , elles instruisent les petits enfants ; dans les ouvroirs et les orphelinats, elles élèvent les jeunes filles pour" le travail et la vertu : partout la bénédiction et le succès couronnent leurs entreprises. Leurs pieuses colonies , messagères de paix , sont dispersées sur tous les points de l'univers. L'Amérique a demandé à Vincent de Paul des servantes pour les malades abandonnés, et sur les plages inhospitalières du Chili , du Texas , du Mexique , elles combattent les terribles maladies enfantées par un climat dévorant ; elles ont donné à l'Algérie de pieuses institutrices

ET

pour les enfants du désert; la Chine leur doit des mères qui ravissent de tendres victimes aux eaux des fleuves et à la dent des animaux ; Smyrne , Gonstantinople, les grandes villes de l'Orientsaluent en ces filles intelligentes et charitables la plus belle image de la femme affranchie par le Christ ; naguère Barcelone , en proie aux horreurs de la peste , demandait à la France des Filles de la Charité ; le choléra, les funestes journées de juin 1848 ont montré une fois de plus ce que pouvaient leur dévouement et leur courage ; aussi la France entière a-t-elle applaudi lorsque , dès le début de la guerre d'Orient, dès les jours où le choléra décima l'armée, le gouvernement les a appelées au service des hôpitaux et des ambulances , et les mères , les sœurs , les épouses ont senti , à cette nouvelle , une douce consolation qui adoucissait les inexprimables inquiétudes qu'une guerre lointaine jette au sein des familles. La présence des aumôniers et celle des Filles de la Charité au sein de l'armée calmèrent du moins les angoisses les plus vives , celles qui ont l'âme pour objet , et les bénédictions des mères chrétiennes , si nombreuses dans notre France , répondirent à cette heureuse et touchante inspiration.

Les Sœurs de Charité et le choléra.

Le premier ennemi que l'armée française ait rencontré en Orient, est le choléra. Gallipoli, Varna , le Pirée virent éclater ce redoutable fléau , qui , deux fois en France , avait fait tant d'orphelins. Aussitôt il n'y eut qu'un cri , poussé à la fois par les généraux et les soldats : o II nous faut des Sœurs ! » Jusqu'à ce moment (premiers jours d'août i854) elles n'avaient pas été appelées au secours de nos soldats ; mais elles n'attendirent pas une invitation officielle, et quittant leurs écoles deSmyrne et de Gonstantinople , elles accoururent sur les ailes de la charité , et s'établirent dans les trois camps de Varna , de Gallipoli et du Pirée.

o Les préparatifs du voyage se firent avec préci-

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