LA SUBLIME ÉCOSSAISE
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De même que le grade de Maîtresse Parfaite correspond à celui de Rose-Croix, de même, le grade de Sublime Écossaise correspond à celui de Grand Elu Chevalier Kadosch.
Un Atelier de Sublimes Ecossaises est un Aréopage, et, pour y être reçu, un Frère doit être pourvu d'un degré supérieur au 290. D'autre part, le sens du grade se rapporte à celui du 3oe de la Maçonnerie masculine : exécution des vengeances de la secte.
La réception de Sublime Ecossaise est, du reste, très significative.
On a deux appartements pour procéder à l'initiation ; ou bien, on dispose la tenture de manière à pouvoir en changer promptement la couleur, soit en retournant les panneaux, soit en soulevant les draperies.
Pour la première partie de la réception, la tenture est verte, parsemée d'étoiles d'or, galons et franges en or. Il y a neuf lumières : sept ensemble et deux séparées.
Pour la seconde partie, la tenture est, comme dans les réceptions habituelles, couleur ponceau, galons et franges en or.
En sus des lumières qui figurent aux séances du grade précédent, il y a trois lampes, chacune de trois lumières, suspendues au plafond ; deux sont à l'Asie, et la troisième est à l'Europe, du côté de l'Afrique.
Sur Fautel, est un vase où brûle de l'esprit-de-vin pendant l'initiation.
Le sujet biblique, mis en scène dans le cérémonial de la réception, est l'épisode de Judith.
Le Grand Maître représente censément le grand prêtre Eliacin, chef des sacrificateurs de Béthulie. Le Premier Surveillant représente Ozias, prince de Juda, gouverneur de la ville assiégée. La récipiendaire représente Judith.
Le président de l'Aréopage porte une longue robe blanche; une large ceinture verte et ponceau fait deux fois le tour du corps ; les bouts, retombant jusqu'à terre du côté gauche, sont rejetés sur l'épaule gauche pendant le cours des travaux ; sur la poitrine, est une plaque d'or portant gravées les lettres D.\ V.'. (signifiant : Discrétion, Vérité) ; cette plaque est fixée par quatre chaînettes passant sur le cou et sous le bras ; il est coiffé d'une tiare blanche en lin ; il a, enfin, sur le front un bandeau jaune, sur lequel sont peints ou brodés les mots : Kadosch, Adonaï.
Les Sœurs portent le cordon écossais, ponceau moiré, en écharpe, passant de droite à gauche; au bas est suspendu un petit sabre d'or en forme de cimeterre ; sur le devant du cordon sont brodées en argent cinq étoiles à cinq pointes ; le cordon est fixé sur l'épaule droite avec une rosette blanche. Outre le cimeterre suspendu au cordon, les Sœurs portent une petite truelle qui s'attache sur la poitrine, au côté gauche, avec une faveur bleue ;
du côté droit, sont attachés, avec une faveur couleur ponceau, un ciseau et un maillet dans le manche duquel un anneau est enfilé; tous ces bijoux sont en or. Le tablier des Sublimes Ecossaises est blanc, avec doublure ponceau, bordure et bavette vertes ; divers attributs y sont peints ou brodés : le ciseau, le maillet avec Panneau enfilé, un cimeterre, une tête de mort, un sac, et un globe terrestre autour duquel un serpent est enroulé, emblème du « Bon Principe» régnant sur le monde.
Le Tableau de l'Aréopage représente :
i° La ville de Béthulie, vue extérieurement ; au pied des murailles, Achior, capitaine des Ammonites, est délivré de ses liens par les habitants descendus dans la vallée ;
2° Judith, allant au camp des Assyriens, avec sa servante, qui porte un sac ;
3° Judith coupant la tête d'Holopherne, dans sa tente.
La séance est ouverte, dès que le Grand Maître a reçu l'avis que « la récipiendaire est dans la Chambre de Préparation. >>
Le Grand Maître Président, après avoir frappé deux .- coups» — Illustres Frères et Sœurs Inspecteurs et Dépositaires, la Grande Maîtresse et moi engageons nos très chers Frères et nos très chères Sœurs, tant de l'Afrique que de l'Amérique, à vouloir bien se joindre à vous et à nous pour nous aider à ouvrir l'Aréopage des Sublimes Ecossaises, dans la vallée de (ici le nom de la ville), sous les auspices du Suprême Conseil, puissance souveraine du rite (ici le nom du rite), et à la gloire du Grand Architecte de l'Univers.
Le Frère Inspecteur (Premier Surveillant) et la Sœur Dépositaire répètent la formule.
Le Grand Maître, frappant un coup. — A Tordre !
L'Asie se lève.
Le Frère Inspecteur, frappant un coup. — A Tordre !
L'Afrique se lève.
La Sœur Dépositaire, frappant un coup. — A l'ordre !
L'Amérique se lève.
Le Grand Maître. — Illustre Frère Inspecteur, quelle est l'attention des Maçons et des Maçonnes?
Le Frère Inspecteur. — C'est d'avoir soin que l'Aréopage soit à couvert.
Le Grand Maître. — Vous en êtes-vous assuré?
Le Frère Inspecteur. — Oui, Grand Maître ; l'Aréopage est clos intérieurement et extérieurement.
Le Grand Maître. — Illustre Sœur Dépositaire, êtesvous Sublime Ecossaise?
La Sœur Dépositaire. — La vallée de Béthulie m'est connue.
Le Grand Maître. — Quel motifvous engagea à vous faire recevoir Sublime Ecossaise?
La Sœur Dépositaire. — La liberté de mes Frères et Sœurs.
Le Grand Maître. — Quel était leur tyran ?
La Sœur Dépositaire. — Holopherne, général des armées de Nabuchodonosor.
Le Grand Maître. — Comment êtes-vous venue à bout de votre entreprise?
La Sœur Dépositaire. — En veillant, espérant et priant.
Le Grand Maître. — Illustre Frère Grand Inspecteur, quelle heure est-il ?
Le Frère Inspecteur. — L'entrée de la nuit.
Le Grand Maître. — Puisqu'il est l'heure à laquelle les Maçons et Maçonnes doivent se mettre à l'ouvrage, avertissez les Frères et Sœurs de vos climats, comme j'avertis moi-même l'Asie, que l'Aréopage des Sublimes Ecossaises est ouvert dans la vallée de ( ici le nom de la
ville). A l'exemple de Judith, veillons, espérons et prions. Veillons, afin que nos ennemis ne nous surprennent pas. Espérons, dans notre vigilance, que le moment de les frapper ne tardera pas à se présenter favorablement à nous. Prions, pour obtenir du Grand Architecte de l'Univers le courage et la force qui nous sont nécessaires.
Le Frère Inspecteur et la Sœur Dépositaire répètent la formule, jusqu'à : « Veillons, espérons et prions », inclusivement.
Le Grand Maître. — A moi, Frères et Sœurs! Faisons notre office selon nos mystères accoutumés.
A son signal, chacun porte la main gauche sur la tête, la saisit par les cheveux, et, de la main droite, fait le simulacre de se couper le cou.
Puis, tous ensemble frappent deux coups égaux danss les mains, en s'écriant: — Judith I Judith!
Le Grand Maître. — Prenons place.
Tout le monde s'assied.
Le Secrétaire donne lecture du procès-verbal de la dernière réunion ainsi que de la correspondance adres-* sée à l'Aréopage.
Pendant ces préliminaires, voici ce qui se passe dans la Chambre de Préparation où se trouve la récipiendaire:
Cet appartement est une assez grande pièce divisée en deux par un rideau épais et ayant deux portes, chacune ouvrant sur l'une des parties du local. Dans la première partie qui est très réduite, il y a un tableau reproduisant les dessins du Tableau de l'Aréopage, sans aucune explication, et une table sur laquelle se trouvent un livre, une cuvette pleine d'eau et un linge de toilette; le livre, qui n'est que de quelques pages manuscrites, contient un mémento de certaines réponses que la récipiendaire devra faire en séance et qu'on lui a
préalablement apprises, comme à une actrice son rôle; une seule lumière éclaire cette première partie de la Chambre de Préparation. La seconde partie, grande et brillamment éclairée, sert à plusieurs fins qui seront indiquées au fur et à mesure.
La récipiendaire ayant été amenée dans le réduit par la Sœur d'Éloquence, celle-ci lui pose diverses questions sur l'enseignement des grades précédents, et notamment les suivantes:
D. — Pourquoi nos signes s'appliquent-ils presque uniquement sur les sens?
R. — C'est pour nous apprendre à n'en faire qu'un bon usage.
D. — Expliquez-moi cet usage.
R. — i° L'Odorat. En Maçonnerie, les parfums les plus exquis ne sont comptés pour rien ; la meilleure odeur est celle qui se dégage de la pratique des vertus. 20 UOuïe. Tout bon Maçon et toute bonne Maçonne doivent fermer l'oreille à la médisance et surtout à la calomnie. 3° Le Goût. Quand les Maçons et les Maçonnes prennent part aux doux mystères des Banquets et des Agapes, c'est pour réparer leurs forces, demeurer ensemble et s'exciter à la vertu, sans s'arrêter à la délicatesse des mets. 40 La Vue. Lorsqu'il est donné à un Maçon de pouvoir contempler la beauté d'une de ses Sœurs, il doit considérer qu'une telle merveille, ouvrage accompli d'un créateur, n'existe que pour donner lieu à un assemblage de vertus. 5° Le Toucher. Chaque fois que nous nous prenons la main, nous nous renouvelons tacitement le traité que nous avons fait de nous secourir mutuellement dans les dangers et dans le besoin.
Après cet interrogatoire, la Sœur d'Eloquence félicite la récipiendaire du zèle dont elle fait preuve en demandant à passer au grade de Sublime Ecossaise et lui
apprend que tout d'abord elle est admise à connaître la vallée de Béthulie.
Ces mots ne sont pas plus tôt prononcés que le rideau, servant à couper la pièce en deux, roule sur ses anneaux, et un édifiant spectacle s'offre aux yeux surpris de la postulante.
A un arbre se trouve attaché un homme, dont Tunique vêtement est un cordon maçonnique passé en écharpe de l'épaule droite à la hanche gauche ; une bande de Sœurs arrive bientôt; elles regardent le monsieur, en manifestant un vif étonnement; puis, reconnaissant sans doute que c'est un Maçon, elles s'empressent autour de lui, le détachent et remmènent avec elles en poussant des cris de joie.
Le rideau est alors remis en place, et la Sœur d'Eloquence demande à la récipiendaire quel est son sentiment sur ce qu'elle vient de voir.
La récipiendaire répond ce qu'elle veut. Comme elle est à mille lieues de penser que ce qu'elle a vu a censément rapport à l'épisode de Judith dont elle va bientôt parodier le personnage, elle répond, d'ordinaire, que la scène en question est pour rappeler l'assistance que les Sœurs Maçonnes doivent prêter aux Frères en toute occasion, quelle qu'elle soit.
La Sœur d'Eloquence invite la postulante à méditer et se retire. Elle se rend à l'Aréopage, frappe deux coups lents à la porte, et l'entrée lui est donnée.
Les communications du Frère Secrétaire étant terminées, la Sœur d'Eloquence expose à l'assemblée que la récipiendaire connaît la vallée de Béthulie et qu'elle a paru éprouver telle ou telle impression à la vue du spectacle offert à ses yeux; au surplus, elle rapporte la réponse de la postulante.
Le Grand Maître. — Illustre Frère Grand Maître des Cérémonies, transportez-vous auprès de la récipien-
claire, amenez-la ici et placez-la entre les deux camps.
Le Maître des Cérémonies va donc trouver la postulante, et, lui ayant annoncé que l'Aréopage daigne lui faire l'honneur de la soumettre aux épreuves, il lui couvre la tête d'un drap noir saupoudré de cendres.
La candidate est conduite à la porte du temple, dont les portes ont été ouvertes sans bruit. Un Frère Servant d'Armes l'arrête en lui mettant la main sur le bras; aussitôt, le Frère Grand Inspecteur (Premier Surveillant) se précipite vers elle.
Le Grand Inspecteur, à la postulante. — Que voulez-vous ? que venez-vous faire ici?
La récipiendaire. — Je veux parler au grand-prêtre et aux principaux du peuple.
Le Grand Inspecteur. — Qui êtes-vous ?
La récipiendaire. — Judith.
Le Grand Inspecteur. — De quelle nation?
La récipiendaire. — Femme juive, de la tribu de Siméon.
On fait avancer de quelques pas la récipiendaire, qui se trouve alors entre les deux camps, c'est-à-dire entre les deux rangées formées par l'assistance.
Le Grand Maître frappe deux coups de maillet.
A ce signal, tous les Frères et Sœurs, qui sont assis, mettent la main droite sur le cœur, la gauche sur le front, en baissant la tête. Cette pantomime, au dire des cahiers du grade, simule la douloureuse consternation qu'on éprouvait à Béthulie avant la sortie de Judith.
Le Grand Maître, à la récipiendaire. — Que demandez-vous, très chère Sœur?
La récipiendaire. — Que vous me fassiez ouvrir les portes de la ville cette nuit, et que tout le peuple prie pour moi pendant cinq jours. Alors, je vous apporterai des nouvelles sûres et réjouissantes. Je vous conjure de ne point rendre la ville avant ce temps.
Le Grand Maître. — Ma 1res chère Sœur, il sera fait selon votre désir.... Illustre Frère Grand Inspecteur, et vous, Illustre Sœur Grande Dépositaire, faites votre office auprès de la postulante.
Le Frère Inspecteur et la Sœur Dépositaire enlèvent à la candidate son voile noir, dégrafent son corsage et mettent ses épaules et sa gorge à nu ; puis, ils lui passent au cou un collier de perles et répandent sur ses cheveux un parfum à la mode du jour.
Le Frère Inspecteur. — Grand Maître, la postulante est prête.
Le Grand Maître, à la récipiendaire. — Ma très chère Sœur, allez en paix, et que le Seigneur soit avec vous! La Sœur d'Eloquence reconduit la récipiendaire à la Chambre de Préparation.
Aussitôt que les deux femmes sont entrées dans la première partie du local, le rideau est tiré ; le Maître des Cérémonies apparaît dans la seconde partie, meublée à l'orientale et discrètement éclairée par une lampe voilée de gaze. Sur une table, une légère collation est servie, et un Frère est étendu avec nonchalance sur un divan.
Le Maître des Cérémonies. — Judith, prosternezvous devant le seigneur Holopherne.
La Sœur d'Eloquence et le Maître des Cérémonies se retirent, laissant en tête-à-tête le pseudo-Holopherne et la pseudo-Judith.
Pendant ce temps, l'Aréopage a été mis en récréation. Enfin, quand le pseudo-Holopherne juge le moment venu de permettre à ses Frères et Sœurs de rentrer en séance, il presse le timbre d'une sonnerie oudonne tout autre signal convenu, et la Sœur d'Éloquence revient. Celle-ci ordonne à la récipiendaire de procéder en sa présence aux ablutions sacrées ; puis, quand la postulante a obéi, elle lui remet un cimeterre et une tête de
SŒURS JJAÇ. 10
mort en carton peint qu'elle a apportés. Le pseudo- Holopherne s'est éclipsé sans bruit.
Pendant la récréation, on a remplacé, les tentures vertes du temple par des tentures rouges.
La Sœur d'Eloquence et la récipiendaire arrivent à la porte de l'Aréopage ; cette dernière, ayant reçu diverses instructions de sa préparatrice, tient le cimeterre, de la main droite, et la tête de mort, de la main gauche. A l'intérieur, les Frères et les Sœurs ont repris leurs places.
La Sœur d'Eloquence frappe deux coups à l'extérieur.
La récipiendaire, criant. —Victoire! Victoire! Le Servant d'Armes avertit la Sœur Dépositaire de ce qui se passe au dehors ; celle-ci le répète au Frère Grand Inspecteur.
Le Frère Inspecteur. — Grand Maître, deux coups viennent d'être frappés à la porte du temple, et par deux fois le cri Victoire s'est fait entendre dans le parvis. Le Grand Maître. — Faites voir qui a crié ainsi. Le Servant d'Armes ouvre la porte.
Le Frère Inspecteur. — C'est Judith.
Le Grand Maître. — Qu'elle entre... Mes Frères et mes Sœurs, soyons debout.
Tout le monde se lève. La récipiendaire est introduite.
La récipiendaire. — Loué soit le Grand Architecte de l'Univers, qui n'a point abandonné ceux qui espèrent en lui, qui a accompli par sa servante la miséricorde qu'il a promise à la nation d'Israël, et qui a tué, cette nuit, par ma main, l'ennemi de son peuple!
En disant ces derniers mots, elle montre la tête de mort.
Le Grand Maître. — Illustre Frère Grand Maître des Cérémonies, faites avancer, par les sept pas mystiques,
la récipiendaire jusqu'au pied de l'autel, afin qu'elle prête son obligation.
Une échelle de sept degrés a été couchée sur le Tableau de l'Aréopage. Le Maître des Cérémonies, guidant la récipiendaire, la fait marcher sur l'échelle, en disant un des sept mots suivants chaque fois qu'elle pose un pied sur un des sept échelons :
— Amitié!... Union !... Soumission!... Discrétion !... Fidélité! Prudence!... Tempérance !...
Après quoi, la récipiendaire donne sa tête de mort au Maître des Cérémonies, qui la fixe au bout d'une lance placée contre l'autel.
Puis, la récipiendaire, à genoux devant le Grand Maître, prête le serment du grade, en répétant après lui phrase par phrase.
Serment de la Sublime Écossaise. — En présence du Grand Architecte de l'Univers, conservateur de tous les êtres et vengeur du crime, et devant cette auguste assemblée, je promets et jure, sous les mêmes obligations des grades précédents, de garder un secret inviolable sur les mystères des Sublimes Ecossaises. Je promets et jure d'aimer, protéger et secourir mes Frères et Sœurs dans toutes les occasions, quelles qu'elles soient et même au péril de ma vie. Je promets et jure toutes ces choses sur ma parole d'honneur, et je consens d'avance, si j'étais assez criminelle pour y manquer, à encourir le mépris, la honte et l'infamie réservés aux parjures. Que le Grand Architecte de l'Univers me soit en aide. Ainsi soit-il.
Le Grand Maître fait relever la néophyte et la consacre avec le cérémonial ordinaire; les coups qu'il frappe sur le glaive sont au nombre de sept : cinq petits coups précipités et deux coups lents.
Le Grand Maître. — A la gloire du Grand Architecte de l'Univers, au nom de la Grande Maîtresse et sous les auspices et par délégation spéciale du Grand-Orient {ou :
du Suprême Conseil) de France, je vous constitue Sublime Ecossaise, cinquième degré de la Maçonnerie d'Adoption, et vous confère la faculté de jouir de tous les droits et prérogatives attachés à ce haut grade... Illustre et Parfaite Sœur, recevez de moi l'accolade fraternelle.
Il l'embrasse, comme au grade précédent.
Tout le monde s'assied.
Le Grand Maître, à la néophyte. — Maintenant recevez ce cordon (le cordon ponceaude Sublime Ecossaise), dont la couleur symbolique vous rappellera les principes de la Maçonnerie, et présentez-vous à la Grande Maîtresse qui vous communiquera les secrets du grade.
La Grande Maîtresse embrasse la néophyte et procède à la communication réglementaire.
Ordre. — Il n'y en a point, ou bien l'on se met à Tordre comme au grade précédent.
Signe de reconnaissance. — On porte la main gauche sur la tête, on la saisit par les cheveux, et, de la main droite, on fait le simulacre de se couper le cou.
Attouchement. — On s'entrelace mutuellement le petit doigt de la main droite.
Batterie. — Deux coups égaux.
Marche. — Sept pas, dont cinq assez vite et les deux derniers lentement.
Acclamation. — «Judith! Judith!»
Age. — «Je passe cinq lustres.»
Mot de Passe. — Au lieu de dire à la personne tuilée: «Donnez-moi le mot de passe d, comme à l'ordinaire, la personne qui tuile lui dit sans explication: « CHA- BRIS ». A quoi la personne tuilée doit répondre : « CHARMIS ». — Ces deux mots sont pour rappeler les noms de Chabris, fils de Gothoniel, et de Charmis, fils de Melchiel, qui accompagnèrent Judith jusqu'aux portes lorsqu'elle sortit de Béthulie.
Mot Sacré. — VAGAO. — C'est le nom de l'eunuque qui introduisit Judith dans la tente d'Holopherne.
Maîtresses Paroles. — L'un dit : «S1GÉ ». L'autre répond : «ALÉTHÉ». On traduit ces mots par: Silence, Vérité,
Enfin, si, dans un tuilage, on demande aune Sublime Écossaise: « Quand travaillez-vous, chère Sœur? » elle répond, sans sourciller : « De l'entrée de la nuit jusqu'à l'apparition du jour. »
La néophyte ayant été instruite de ces secrets, la Grande Maîtresse l'envoie se faire reconnaître par le Frère Grand Inspecteur et la Sœur Grande Dépositaire.
Puis, le Frère Inspecteur ayant déclaré que la néophvte a rendu avec justesse les mots, signes et attouchements, le Grand Maître fait la proclamation habituelle. Applaudissements.
Le Grand Maître, à la néophyte. — Vous voilà, Illustre et Parfaite Sœur, parvenue au dernier grade de la Maçonnerie d'Adoption. Tous les membres de ce Souverain et Sublime Aréopage ont concouru à ce qu'un tel honneur vous fût accordé, parce qu'ils ont été édifiés de votre zèle à remplir vos devoirs dans les grades précédents. Celui-ci, par sa supériorité, vous oblige à de nouveaux efforts. Ne vous ralentissez pas dans la pratique des vertus, et que l'on puisse dire de vous, chère Sœur : « Si elle possède tous les grades de la Maçonnerie, c'est qu'elle est douée de tous les mérites. »
Il la fait asseoir à côté de lui et donne la parole au Frère Orateur (Chevalier d'Éloquence) pour développer le principe du grade.
Voici donc, en résumé, ce que débite l'Illustre Frère, chargé du discours de réception au grade de Sublime Ecossaise :
Nabuchodonosor, roi des Assyriens, ayant vaincu Arphaxad, roi des Mèdes, conçut le dessein d'asservir à sa
domination tous les peuples de la terre. Il envoya d'abord des ambassadeurs dans tous les pays voisins de son empire, pour les engager à se soumettre de bonne volonté. Mais tous refusèrent et même chassèrent avec mépris les ambassadeurs. Il résolut de s'en venger et de les réduire par la force.
Holopherne, général en chef de ses armées, fut chargé de la conduite de cette grande entreprise. Ce général se mit aussitôt en marche avec une armée composée de cent vingt mille hommes de pied et douze mille archers à cheval. Tout se soumit par la frayeur qu'il inspirait.
Les enfants d'Israël, apprenant ce qu'il faisait souffrir aux peuples et aux villes qui avaient subi le joug, tremblaient de peur qu'il en fît autant à Jérusalem et au temple de leur Dieu. Ils se hâtèrent de mettre les villes et bourgades en état de défense, et, s'étant emparés des montagnes par où l'on pouvait passer pour allerà Jérusalem, ils en gardèrent soigneusement tous les défilés.
Holopherne reçut avec un grand étonnement la nouvelle de la résistance que les enfants d'Israël s'apprêtaient à lui faire. Il demanda à ceux de sa suite ce qu'était ce peuple qui refusait de suivre l'exemple de tous les autres. Achior, capitaine des Ammonites, homme plein de franchise, qui connaissait la valeur du peuple hébreu, parla à Holopherne en toute sincérité, lui racontant les merveilles accomplies parles Israélites dans tous les temps. Il lui expliqua, avec l'assurance d'une profonde conviction, que, tant que ce peuple servait fidèlement son Dieu, il était toujours invincible, et que, cette fois encore, il le serait, à moins toutefois que le Dieu d'Israël ait des motifs d'irritation contre lui.
« — Maintenant donc, mon seigneur et mon maître, dit Achior à Holopherne, pour conclure, il faut que nous regardions s'il y a quelque faute commise par ce peuple; car, s'ils ont irrité leur Dieu en se livrant au vice
et en négligeant la vertu, nous pourrons hardiment marcher contre eux. nous les combattronsavec avantage, nous les vaincrons. Mais s'il n'y a point d'iniquité en ce peuple, que mon seigneur les laisse, de crainte que leur Dieu ne les défende, et que, vaincu par les Israélites, nous ne soyons en opprobre à toute la terre.»
A ces paroles, Holopherne entra dans une grande fureur, et les autres officiers de l'armée assyrienne étaient, comme lui, courroucés contre Achior.
« — Qui donc, dit le général t1a incité à prophétiser aujourd'hui contre nous et à assurer que le peuple d'Israël est vaillant dans la guerre lorsque son Dieu est avec lui ? et qui est-ce donc qui est Dieu, sinon Nabuchodonosor? »
Et, ayant fait dépouiller Achior de ses vêtements, Holopherne ordonna à ses soldats de lier les mains du capitaine ammonite et de l'abandonner, attaché à un arbre, dans la vallée de Béthulie.
Les habitants de Béthulie, ayant aperçu cet homme, descendirent de leur ville dans la vallée, le délièrent et l'amenèrent en leurs murs, où il raconta le sujet des mauvais traitements qu'il avait reçus.
Après qu'il eut fini de parler, tous les habitants de Béthulie se prosternèrent, le visage contre terre, en s'écriant:
« — Dieu tout-puissant, considérez l'orgueil de nos ennemis, et voyez l'obéissance, la misère et l'état où sont réduits ceux qui vous sont consacrés. Faites voir que vous n'abandonnez point ceux qui attendent tout de votre miséricorde, -et qu'au contraire ceux-là succombent qui présument trop d'eux-mêmes et se glorifient de leurs propres forces ! »
Or, il y avait, en ce temps-là, une veuve, nommée Judith, fort riche et admirablement belle, qui, depuis son veuvage, vivait retirée, soumiseau jeûne et aucilice;
s'étant depuis longtemps fortifiée par de saints exercices, elle se sentit, dans cette extrémité, poussée par une inspiration qui ne pouvait venir que de Dieu luimême.
Elle se présenta au grand-prêtre et à tout le peuple assemblé, et leur reprocha leur désespoir ; car le conseil des défenseurs de Béthulie, ne voyant arriver aucun secours depuis le commencement du siège long et terrible, était abattu et avait délibéré de rendre la ville dans cinq jours.
« — Écoutez-moi, leur dit Judith, et j'accomplirai une action qui sera célébrée dans tous les âges parmi les enfants d'Israël. Vous vous tiendrez cette nuit aux portes de Béthulie, et je sortirai avec ma servante, et Dieu vous secourra par ma main dans le temps après lequel vous avez décidé de rendre la ville. Mais ne vous enquérez point de ce que je veux faire; car je ne dois le révélera personne. Au surplus que tout le peuple soit en prières pendant que je serai hors de Béthulie. »
Elle rentra chez elle, adressa à Dieu une invocation suprême; puis, quittant le cilice couvert de cendres dont son corps était revêtu, elle prit sa plus belle robe, s'orna de ses plus riches parures et se parfuma de parfums exquis. Comme aucun mauvais principe n'était dans son cœur, il semblait que Dieu répandait de nouveaux charmes sur son visage, pour la rendre plus éblouissante de beauté.
Vers le point du jour, Judith, suivie d'une de ses femmes, se fit ouvrir les portes de la ville, descendit la montagne et fut menée à Holopherne. Ce général fut si charmé de sa beauté, qu'il ordonna qu'on la conduisit dans sa tente où étaient ses trésors et qu'on lui apportât tout ce qu'elle désirerait.
Le quatrième jour, Holopherne donna un grand festin. Il y invita Judith, pour laquelle il avait conçu une
vive passion. Il fut si transporté de joie en la revoyant, qu'il but à l'excès et s'enivra.
Or, comme il était déjà tard, ses officiers se hâtèrent de se retirer, et l'eunuque Vagao, qui était l'homme de confiance du général, ferma sa tente par dehors, donnant congé à tous ceux qui étaient présents. Et Judith fut laissée seule avec Holopherne, qui reposait étendu sur son lit; car il était rempli de vin.
Alors, Judith ne pensa plus qu'à mettre son dessein à exécution. Elle s'approcha doucement du lit d'Holopherne, se saisit d'un cimeterre attaché à l'une des colonnes, et, prenant Holopherne par les cheveux, elle dit:
« — Mon Dieu, fortifiez-moi dans ce moment ! »
Aussitôt, elle le frappa de deux coups et lui trancha la tête, qu'elle donna à sa servante pour la mettre dans un sac.
Toutes deux sortirent du camp, tournèrent par la vallée, et arrivèrent aux portes de Béthulie. Reconnue par les gardes, Judith fut reçue aux flambeaux.
Elle fit son entrée, tenant par les cheveux la tête d'Holopherne et criant : «Victoire ! »
Tout le peuple jeta de grands cris d'allégresse, pour bénir Dieu d'une délivrance si inattendue et pour exalter la gloire de celle qui s'était si sensiblement exposée pour leur salut.
Le Chevalier d'Éloquence, dans le débit qu'il fait de cette légende, ne manque pas de rémailler de sous-entendus libertins, sous prétexte de symboles et d'allégories à expliquer.
Il conclut en ces termes:
— Tout ce que vous avez vu, d'une part, Illustre et Parfaite Sœur, tout ce que vous avez fait, d'autre part, dansles mystères de votre initiationau grade de Sublime Ecossaise, rappelle, de la façon la plus exacte, vous le
comprenez maintenant, l'histoire merveilleuse de la délivrance de Béthulie par la belle et vaillante Judith... Veuillez, à présent, prêter touie votre attention à l'instruction du grade.
Il s'assied, et la récitation du Catéchisme de Sublime Ecossaise a lieu sous la forme du dialogue suivant entre le Grand Maître et la Sœur Dépositaire :
Le Grand Maître. — Sœur Dépositaire, etes-vous Maçonne?
La Sœur Dépositaire. — Je le crois, Grand Maître.
Le Grand Maître. — Êtes-vous Compagnonne?
La Sœur Dépositaire. — Donnez-moi une pomme, et vous en jugerez.
Le Grand Maître. — Etes-vous Maîtresses- La Sœur Dépositaire. — J'ai monté l'échelle mystérieuse.
Le Grand Maître. — Allez-vous plus loin ?
La Sœur Dépositaire. — Interrogez-moi, et je vous répondrai.
Le Grand Maître. — Etes-vous Maîtresse Parfaite ?
La Sœur Dépositaire. — Guidée par l'Éternel, je suis sortie de l'esclavage.
Le Grand Maître. — Etes-vous Sublime Écossaise ?
La Sœur Dépositaire — La vallée de Béthulie m'est connue.
Le Grand Maître. — Quel motif vous engagea à vous faire recevoir Sublime Ecossaise ?
La Sœur Dépositaire. — La liberté de mes Frères et Sœurs.
Le Grand Maître. — Quel était leur tyran ?
La Sœur Dépositaire. — Holopherne, général des armées de Nabuchodonosor.
Le Grand Maître. — Comment etes-vous venue à bout de votre entreprise ?
La Sœur Dépositaire. — En veillant, espérant et priant.
Le Grand Maître. — Qu'ont produit ces moyens ?
La Sœur Dépositaire. — En veillant, j'ai cherché le momentfavorable; en espérant, je l'ai attendu avec confiance; en priant, j'ai obtenu du Grand Architecte de TUnivers le courage et la force qui m'étaient nécessaire,
Le Grand Maître. — Quel était votre but?
La Sœur Dépositaire. — Faire périr Holopherne, lorsque jen trouverais l'occasion.
Le Grand Maître. — Quand se présenta cette occasion?
La Sœur Dépositaire. — Au moment où Holopherne, livré auvin et au sommeil, fut abandonné parses gardes. Alors, je pris son cimeterre et lui tranchai la tête.
Le Grand Maître. — Que signifient les sept pas pour arriver à l'autel?
La Sœur Dépositaire. — Ils signifient les sept qualités inséparables de tous Maçons et Maçonnes, savoir : i° V Amitié, sentiment dont nous devons avoir toujours le cœur rempli à regard de nos Frères et Sœurs ; 2° l' Union, qui est la pierre fondamentale de notre société ; 3° la Soumission, nécessaire pour recevoir, sans murmure, ( les arrêts de nos Loges, Chapitres et Aréopages, et pour exécuter, sans hésitation, les ordres de nos chefs ; 4° la Discrétion, qui seule peut nous éviter les supercheries des Profanes et nous préserver de la divulgation de nos secrets; 5° la Fidélité, indispensable pour l'observance rigoureuse de nos obligations; 6° la Prudence, qui doit en tout et toujours régler nos actions, entourer nos travaux intérieurs d'un voile impénétrable, et même présider à toutes nos démarches extérieures, afin que les envieux de nos plaisirs ne trouvent aucun moyen de blâmer notre conduite ; y° enfin, la Tempérance, nécessaire pour nous garder de tout excès également nuisible au corps et à l'esprit.
Le Grand Maitre. — Quels sont les sept défauts opposés à ces sept qualités ?
La Sœur Dépositaire. — i° La Haine, que nous ne devons porter à aucun de nos Frères et Sœurs, lors même que nous en aurions reçu une humiliation, un manque d'égards ou une insulte ; 2° la Discorde, trop contraire à notre institution pour ne pas l'écarter avec le plus grand soin de nos Ateliers; 3° l'Orgueil, qui doit être banni de nos cœurs comme funeste aux intérêts de l'humanité; ^° Y Indiscrétion, qui doit être inconnue dans notre Ordre où tout est mystère et secret ; 5° la Perfidie, vice trop odieux pour ne pas nous être en horreur et exécration ; 6° YEtourderie, comme cause de querelles sans nombre; 70 enfin, Y Intempérance, attendu que, s'il est juste et bon d'obéir aux douces lois de la nature, il nous est préjudiciable d'abuser et de franchir les limites que sa sagesse a fixées.
Le Grand Maître. — Expliquez-moi le Tableau de l'Aréopage des Sublimes Ecossaises.
La Sœur Dépositaire. — Béthulie est la figure du vrai bonheur, qu'on ne peut conserver qu'avec des soins et du travail. Le grand prêtre est l'image de l'âme; Judith et sa servante, celle de ses facultés. Les principaux du peuple et le peuple assemblé représentent le corps et ses membres. L'armée d'Holopherne représente les passions qui nous environnent, et les charmes de Judith, les illusions qui nous séduisent.
Le Grand Maître. — Avant de figurer vous-même Judith dans votre réceptionaugrade de Sublime Ecossaise, n'avez-vous rien vu qui vous donnât à méditer sur les devoirs delà Maçonnerie?
La Sœur Dépositaire. — J'aivu Achior, victime d'Holopherne et sauvé de la mort par les habitants de Béthulie.
Le Grand Maître. — Que signifient la conduit
d'Achior et le mauvais traitement qui lui fut infligé ?
La Sœur Dépositaire. — La conduite d'Achior nous rappelle que tous Maçons et Maçonnes doivent plutôt s'exposera souffrir la persécution que des'écarter de la vérité, quand on les oblige à parler.
Le Grand Maître. — Que signifie la délivrance d'Achior ?
La Sœur Dépositaire. — La délivrance d'Achior par les Israélites est le symbole de la fraternité dont les Maçons et Maçonnes se doivent donner des preuves en toute circonstance.
Le Grand Maître. — Quel est le signe des Sublimes Ecossaises?
La Sœur Dépositaire. — Le voici. (Elle le fait.)
Le Grand Maître. — Que signifie-t-il ?
La Sœur Dépositaire. — Il nous rappelle l'acte héroïque de Judith, que le haut grade de Sublime Ecossaise donne en exemple aux Maçonnes.
Le Grand Maître. — Donnez l'attouchement à l'Illustre Frère Grand Inspecteur.
La Sœur Dépositaire obéit.
Le Frère Inspecteur. — Très Puissant Grand Maître, l'attouchement est juste.
Le Grand Maître. — Illustre Grande Sœur Dépositaire, quel est le sens de cet attouchement ?
La Sœur Dépositaire. — Il figure l'union intime des Maçons et Maçonnes, hors des regards et à l'abri des Profanes.
Le Grand Maître. — Chabris ?
La Sœur Dépositaire. — Charmis.
Le Grand Maître. — Que venons-nous de dire là, Illustre et Parfaite Sœur ?
La Sœur Dépositaire. — Le mot de passe. Nous avons, en mémoire de Judith, prononcé les noms des deux chefs du peuple qui conduisirent l'héroïne aux
portes de Béthulie, quand elle partit pour accomplir sa divine mission.
Le Grand Maître. — Donnez-moi le Mot Sacré. La Sœur Dépositaire. — Vagao.
Le Grand Maître. — Quel est ce nom ?
La Sœur Dépositaire. — C'est celui de l'eunuque qui introduisit Judith dans la tente d'Holopherne.
Le Grand Maître. — Pourquoi ce nom a-t-il été choisi comme Mot Sacré du plus haut grade de la Maçonnerie d'Adoption ?
La Sœur Dépositaire. — Afin de nous rappeler qu'une Maçonne doit être prête à tout, quand il s'agit pour elle d'accomplir une mission qui lui a été régulièrement confiée.
Le Grand Maître. — Les Sublimes Ecossaises n'ontelles pas d'autres mots que le Mot de Passe et le Mot Sacré ?
La Sœur Dépositaire. — Oui, Très Puissant Grand Maître, elles ont encore deux Maîtresses Paroles. Le Grand Maître. — Donnez-les-moi.
La Sœur Dépositaire. — i° Sigé, qui veut dire « Silence », parce que nous devons écouter en silence et avec attention les leçons du Grand Maître et que nous ne devons même pas révéler nos travaux aux Frères et Sœurs absents ; 2° Aléthé, qui signifie « Vérité », c'està-dire que tous les rapports, que nous nous croyons obligées de faire au Grand Maître, des fautes et négligences de nos Frères et Sœurs, doivent toujours être dans la plus stricte vérité.
Le Grand Maître, — Gomment vous nommez-vous et d'où êtes-vous?
La Sœur Dépositaire. — Judith, femme de la tribu de Siméon.
Le Catéchisme se terminant là, on fait circuler, comme aux grades précédents, le Tronc de la Veuve et le Sac des
Propositions; puis, le Chevalier Grand Secrétaire communique à l'Aréopage l'esquisse de son procès-verbal.
Entin, on procède à la clôture des travaux.
Le Grand Maître. — Illustre Frère Grand Inspecteur, quelle heure est-il ?
Le Frère Inspecteur. — La pointe du jour.
Le Grand Maître. — Illustre Sœur Grande Dépositaire, que doivent faire en Aréopage les Maçons et Maçonnes ?
La Sœur Dépositaire. — Veiller, espérer et prier.
Le Grand Maître. — Nous avons veillé, nous espérons et nous prierons toujours. C'est pourquoi je vais fermer l'Aréopage par nos mystères accoutumés.
Guidés par l'Asie, les Frères et Sœurs des climats d'Afrique et d'Amérique exécutent simultanément le signe des Sublimes Ecossaises et frappent ensuite deux coups bruyants dans leurs mains.
Tous, avec ensemble. — Judith ! Judith !
Le Grand Maître. — Frères et Sœurs, l'Aréopage se ferme; retirons-nous en paix au sein de nos familles et de nos affections.
Les Sœurs. — Que le Seigneur soit avec nous !
Les Frères. — Ainsi soit-il !
Le Grand Maître. — L'Aréopage est fermé.
On se sépare, chaque Frère avec sa Mopse, excepté s'il y a Agape.
Dans ce cas, la tenue de table a lieu dans une salle éclairée par sept lustres. Tout se passe comme dans les Agapes de Maîtresses Parfaites, sauf quelques modifications. Les verres se nomment coupes. On vide la coupe en la prenant de la main gauche ; de la droite, on prend le petit cimeterre pendu au cordon, et on le passe, en deux temps, sur les bords de la coupe, comme pour raser son contenu ; puis, on laisse tomber le cimeterre, et, de la main droite, on vide la coupe, que l'on pose sur
la table en deux temps ; finalement, on frappe deux fois des mains, en criant : « Victoire ! Victoire ! »
A l'issue de la séance ou du festin, le Secrétaire ou Grand Chancelier Maître des Dépêches remet à la néophyte sa Patente de Sublime Écossaise.
En voici le modèle :