DU RITE ÉCOSSAIS
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Le Rite Moderne d'Adoption est, en général, pratiqué en cinq grades, que je viens de faire connaître:
ier degré, Apprentie ;
2e degré, Compagnonne ;
3e degré, Maîtresse ;
4e degré, Maîtresse Parfaite;
5e degré, Sublime Ecossaise.
C'est le rite le plus universellement en usage dans les Ateliers de Dames des divers pays.
Toutefois, beaucoup de Loges, — ce sont surtout celles de l'obédience des Suprêmes Conseils (Rite Écossais Ancien Accepté), — pratiquent l'Adoption en dix grades:
Ier degré, Apprentie (comme ci-dessus);
2e degré, Compagnonne (comme ci-dessus) ;
3e degré, Maîtresse (comme ci-dessus) ;
4e degré, Maîtresse Parfaite (comme ci-dessus) ;
5° degré, Élue ;
6e degré, Écossaise (ce grade étant alors le correspondant de celui de Rose-Croix) ;
7« degré, Sublime Écossaise (comme ci-dessus) ;
8e degré, Chevalière de la Colombe ;
9* degré, Chevalière de la Bienfaisance ; ioe degré, Princesse delà Couronne.
Nous allons donc voir rapidement les particularités qui distinguent les cinq grades spéciaux de ce système d'Adoption.
L'Elue
Décoration du Temple. Tenture blanche; trônerouge; cinq bougies; une étoile transparente à huit pointes, portant au milieu le mot sacré du grade,
Titres. Le Grand Maître s'appelle Souverain Grand Maître ; la Grande Maîtresse s'appelle Souveraine Grande Maîtresse.
Habillement. Les Frères sont en noir, les Sœurs sont en blancs. Le Souverain et la Souveraine portent, en camail, un large ruban noir, liseré d'argent, auquelpend le bijou.
Le bijou est une étoile à huit pointes, le fond en nacre, le tour des pointes en or; au milieu est le mot sacré. Ce bijou se porte sur le cœur, attaché par une faveur noire.
Le tablier est blanc, sauf doublure et bordure noiresle bijou du grade y est brodé au centre.
Durée des Travaux. Pour l'ouverture, la Souveraine demande l'heure, comme à l'ordinaire ; et le Frère Inspecteur répond : « Souveraine Grande Maîtresse, le signal est donné, nous sommes prêts à exécuter vos •rdres. »
Pour la fermeture, à la Souveraine demandant l'heure, la Sœur Inspectrice répond: <c Il est l'heure où nos ennemis furent vaincus et oU nous commençons à jouir du fruit de vos travaux pour un temps plus heureux. »
L'initiation consiste dans la mise en scène du parjure d'une Sœur, et on la condamne à mort.
Signe de reconnaissance. On porte la main droite au cou, du côté gauche; on penche la tête a droite, et Ton se donne un coup de tranchant de la main, comme pour se couper la gorge.
Attouchement. On entrelace les bras et Ton s'empoigne mutuellement le dessus de l'épaule gauche avec la main gauche.
Batterie. Cinq coups égaux : OOOOO.
Motde Passe. L'un dit : VICTOIRE. L'autre répond: SILENCE.
Mot Sacré. HALZABETH. C'est le nom qui, dans la comédie de l'initiation, est donné à la Sœur parjure qu'il s'agit d'immoler.
L'Ecossaise
Décoration du Temple. Tenture jaune ; quatre lumières, une à chaque coin de la salle.
Titres. Le Grand Maître et la Grande Maîtresse s'appellent Très Respectables. Les Frères et Sœurs Inspecteurs et Dépositaires, Très Vénérables. Les autres Frères et Sœurs, Vénérables.
Habillement. Le cordon est jaune et se porte en sautoir. Le bijou, pendu à la pointe du cordon, représente l'Etoile Flam boyante, en argent. Le tablier, qui est blanc, a sa bordure et sa doublure jaunes; sur la bavette, tigure, dans un carré, une étoile en argent.
Durée des Travaux. Pour l'ouverture, il est « deux heures » ; pour la fermeture, il est « quatre heures ».
Tableau du Chapitre. Il représente le mont Ararat, l'arche de Noé, Noé et sa famille sortant de l'arche. En outre, un flambeau est dessiné à chacun des quatre coins de la toile peinte. Enfin, quatre grandes lignes rouges, en carré, sont tracées sur le tableau ; chaque pointe est dirigée vers un des côtés de la salle, et, sur la pointe dirigée vers l'Orient ou climat d'Asie, est représentée TEtoile Flamboyante.
En entrant au Chapitre, chacun marche sur la toile peinte, delà façon que voici: on pose d'abord le pied gauche à la pointe occidentale du carré tracé en rouge; puis, on pose le pied droit à la pointe du midi ; ensuite, on ramène le pied gauche à la pointe du nord; enfin, on place le pied droit et on assemble à la pointe de l'orient.
Dans l'initiation, il est question de Noé sortant de l'arche; sous prétexte de mettre en scène cet épisode biblique, on se livre, entre Frères et Sœurs, à toutes sortes de simagrées ridicules. On enferme, pendant un bon quart d'heure, la récipiendaire en tête-à-tête avec un Frère dans un petit cabinet; là, le Frère explique les mystères de l'Étoile Flamboyante à la malheureuse qui lui est ainsi livrée. Quand elle sort du petit cabinet, on lui apporte une cuvette pleine d'eau et on lui dit que cette eau, étant celle du déluge, a le privilège de la purifier tant au moral qu'au physique.
Ordre. On se met à l'ordre en appuyant sur le cœur l'index de la main droite, le poing fermé, le coude en l'air.
Signe de reconnaissance. On pose sur le front l'index de la main droite. A ce signe, on doit répondre en se mettant à l'ordre, comme il est dit ci-dessus.
Attouchement. Le Frère présente sa main droite, verticalement tendue; la Sœur la prend de même avec ses deux mains.
Batterie. Deux coups égaux et lents : O — O.
Questions d'Ordre. — D. Etes-vous parvenue à la dignité d'Ecossaise ? — R. J'ai été purifiée par les eaux du déluge. — D. Qu'avez-vous fait pour être reçue Ecossaise? — R. J'ai fait mes preuves, qui sont ma fidélité et mon zèle pour les lois maçonniques. — D. Quel âge avez-yous ? — R. L'âge de raison.
Mot de Passe. — ARARAT.
Mot Sacré. — JECTIFLE. Ce mot est l'anagramme de « Félicité ». Dans son discours l'Orateur raconte que Noé, au sortir de l'arche, fut conduit au séjour de félicité, guidé par l'Étoile Flamboyante.
La Chevalière de la Colombe
Décoration du Temple. Tenture rouge et verte; trois lumières à l'Asie, deux à l'Afrique, et deux à l'Europe; un trône élevé de sept marches ; un transparent, représentant une colombe, les ailes déployées, est au-dessus du trône; sur l'autel, qui est couvert d'un tapis vert, il y a une branche d'olivier et une petite cage contenant une colombe.
Titres. Le Grand Maître se nomme le Père Noé. Le Frère Grand Inspecteur est le seul à qui il s'adresse, chaque fois qu'il a à parler; il le tutoie etle nomme «Cher Fils Aîné ». Les Frères et Sœurs qui ont à prendre la parole le font en s'adressant au Père Noé, qu'ils tutoient ; celui-ci ne répond qu'en s'adressant au Cher Fils Aîné, lequel transmet la réponse à l'assistance.
Habillement. Le cordon est rouge et vert. Le Père Noé le porte en sautoir; à l'extrémité du sien, il y a une truelle en sus du bijou caractéristique du grade. Ce bijou est une petite colombe d'argent ayant dans son bec une branche d'olivier.
Le tablier, blanc, est doublé et bordé de taffetas vert ; sur la bavette est représentée la colombe au rameau d'o-
livier ; au milieu du tablier, on a peint une montagne émergeant d'une eau verdâtre où flottent des corps, des bras, des têtes, et, sur la montagne, l'arche de Noé.
Durée des Travaux. Pour l'ouverture, quand le Père Noé demande l'heure, son Cher Fils Aîné lui répond : «Père Noé, les eaux sont basses ». Pour la fermeture, à la même question, la réponse est celle-ci : « Père Noé, le temps est calme et serein. »
Tableau de V Aréopage. Il représente en grand ce qui est dessiné sur le tablier du grade: l'arche de Noé sur la montagne émergeant d'une eau verdâtre où flottent les humains que le déluge a noyés; la colombe, tenant au bec sa branche d'olivier, vole à tire d'aile vers Tarche.
Voici le sens donné à ce grade par la comédie de l'initiation et le discours explicatif du Chevalier d'Eloquence (lequel doit avoir aumoinslegradede Kadosch):
Adonai, le mauvais génie, a tenté d'anéantir l'humanité, comme il a été dit, en la noyant dans un déluge universel. Heureusement, Lucifer, le bon génie, veille sur la race humaine et emploie tous ses efforts à la sauver. Tandis que les deux principes du Bien et du Mal sont ainsi en lutte, Noé, obéissant à une inspiration surnaturelle, a construitson arche. On sait le reste. Mais la Maçonnerie possède, au sujet de cette histoire, un secret que les Profanes ignorant. Quand la femme de Cham s'est embarquée dans l'arche, elle était, par le fait d'un adultère, grosse des œuvres d'un descendant de Caïn ; or, comme c'est surtout la génération de Caïn qu'Adonai veut détruire, il s'ensuit que cette génération se reproduira après comme avant le déluge. En outre, les Profanes ignorent que le corbeau fut créé par Adonai et la colombe par Lucifer; c'est là encore un secret que le Chevalier d'Eloquence confie aux Chevalières de la Colombe. Noé, ayant enfermé dans l'arche un couple
d'animaux de chaque espèce, y avait donc mis deux colombes aussi bien que deux corbeaux; mais ce fut quand il lâcha ces oiseaux que l'origine de chacun se rit connaître. Le corbeau, oiseau d'Adonai, exécrant comme lui la race humaine, se garda bien de revenir à l'arche, une fois envolé ; heureux de la catastrophe universelle, il se rua sur les cadavres des humains noyés par son créateur Adonaï, et c'est depuis ce jourqueles corbeaux se nourrissent si volontiers de chair humaine. Quant à la colombe, oiseau de Lucifer, elle se montra fidèle à l'humanité ; elle retourna, gracieuse messagère d'espérance, à l'arche, apportant aux survivants du déluge un rameau d'olivier. Symboliquement: le corbeau représente lesprêtres d'Adonai, lesmoines, les religieuses; par leur célibat, ils sont les ennemis de l'humanité ; la colombe représentela femme parfaite, c'est-à-dire la femme tendre, aimante, se livrant le plus possible aux douces joies de la nature, perpétuant l'espèce, assurant dans le silence la victoire définitive de Lucifer sur Adonaï; enfin, le rameau d'olivier est un nouveau symbole du secret révélé à Eve par le serpent ; l'olivier est l'arbre de vie, de paix, d'espérance; le rameau vert apprend à l'humanité que, malgré le déluge, tout n'a pas péri, qu'une vie nouvelle va sortir du trépas universel, que la paix régnera quand le Bien aura réduit le Mal à l'impuissance; il remplit d'espoir les survivants du déluge en leur rappelant que, grâce au secret découvert par Eve, l'humanité se perpétuera à travers les siècles, toujours, toujours et toujours.
Signe de reconnaissance. Une Chevalière de la Colombe, pour se faire reconnaître, doit joindre les deux pouces par les bouts, les mains ouvertes, le dedans tourné vers le corps, en laissant tomber les bras, de façon à ce que les pouces joints soient appuyés contre le ventre, un peu au-dessous du nombril. Les mains,
— IJQ —
déployées de la sorte, figurent censément les ailes de la colombe de l'arche, mais servent, en réalité, à donner àla Sœur Maçonne, qui fait ce signe, uneattitude particulièrement inconvenante. — Un Frère se fait reconnaître d'une Chevalière en plaçant sa main droite contre le corps, à hauteur de la ceinture, le poing fermé et le pouce droit en avant.
Attouchement. On se donne mutuellement la main droite, et, par deux fois, on se la gratte l'un à l'autre dans le creux.
Batterie. Sept coups frappés ainsi : OOO-OOO-O.
Acclamation. Après avoir tiré la batterie, on s'écrie tous ensemble: « Gloria in excelsis ! »
Questions d'Ordre. — I). Étes-vous Chevalière ? — R. Je suis enchantée de l'être. — D. Pourquoi ? — R. Parce que j'ai appris à connaître la grandeur de l'humanité et que je ne sais rien de plus beau. — D. Quelle marque m'en donnerez-vous ? — R. Ma prudence vous prouvera que je suis bien Chevalière. — D. En quoi consiste votre prudence? — R. A ne m 'ouvrir à vous que lorsque vous m'aurez montré votre vertu. — D. Pourquoi ne voulez-vous pas vous faire mieux connaître ? — Parce que je ne vous connais pas. — Comment vous montrerai-je ma vertu ? — R. Par un signe. — Le Frère qui interroge fait alors le signe du poing fermé avec le pouce tendu, en disant : J'ai envoyé une colombe qui m'a apporté une branche d'olivier. — La Sœur interrogée répond en faisant le signe des mains déployées avec les pouces joints contre le corps et dit : L'espoir est entré dans l'arche. — D. Que signifie la branche d'olivier? — R. La vie éternelle de l'humanité. — D. Que signifie la colombe? — R. La docilité avec laquelle on doit recevoir les enseignements de la vertu. D. Où se trouve la vertu ? — R. Dans les mystères de la
ml
Maçonnerie.
Mot de Passe. ARARAT. On l'interprète ainsi : a Toute crainte doit être bannie et maudite, » ou par: « Malédiction de la crainte. »
Mot Sacré. GOD-MA.LECH. Use donne à l'oreille en prononçant alternativement chacune des trois syllabes.
La Chevalière de la Bienfaisance
Décoration du Temple. La salle est tendue de rouge, richement; les tentures, s'il est possible, doivent être de velours et avec des franges d'or. Trente-trois lumières éclairent le local. L'autel est recouvert d'un tapis rouge à franges et glands d'or. Derrière l'autel, au fond du dais, et entre le président et la présidente, se trouve une grande croix ayant une rose épanouie à l'intersection de ses bras.
Titres. Le Grand Maître président s'appelle Frère Commandeur ; la Grande Maîtresse, Sœur Commandatrice; les Frères et Sœurs, Chevaliers et Chevalières.
Habillement. Les Frères qui assistentaux tenues d'un Atelier de Chevalières de la Bienfaisance, étant pourvus au moins du 3oe degré (Kadosch), portent les insignes de leur grade, auxquels ils ajoutent ceux de la Maçonnerie d'Adoption.
Quant aux Sœurs, elles ont un costume particulier au grade. La robe (toilette de soirée) est relevée du côté gauche et agrafée de manière à laisser voir la jambe ; une jarretière formée par un ruban violet encadré d'une tresse d'or, entoure la jambe gauche; sur cette jarretière sont brodées les trois lettres: F:-: E :-: C :•: (Foi, Espérance, Charité).
Le bijou du grade est une croix en or, avec des rayons aux quatre angles. On le suspend à l'extrémité d'un petit ruban vert passé autour du cou.
Indépendamment de ce ruban, les Chevalières portent en camail, un large cordon violet moiré, à la pointe duquel est pendu un petit maillet d'or avec un anneau enfilé dans le manche.
Le tablier est de taffetas violet, bordé d'un ruban de soie de même couleur. Au milieu, se trouve une petite poche rouge, fixée avec deux rosettes vertes.
Les Sœurs Officières portent, en outre, en écharpe, de droite à gauche, un cordon noir, liseré de rouge, avec une rosette ponceau.
Durée des Travaux. — Pour l'ouverture, la demande est: « Quelle heure est-il? » et la réponse : « L'heure d'invoquer l'esprit créateur. » Pour la fermeture, il est « l'heure de se dévouer à la bienfaisance. »
La séance commence par le Veni, Creator, chanté en chœur; mais le sens de cet hymne catholique est travesti par la Maçonnerie de la façon la plus odieuse. Le créateur, qu'invoquent ces impies, n'est nullement l'Esprit- Saint, troisième personne de la Trinité. En donnant un sens charnel au magnifique hymne de la Pentecôte, la Maçonnerie commet là un de ses plus abominables sacrilèges.
Voici, du reste, cette interprétation faussée à plaisir, cette aspiration de Pâme vers Dieu transformée bassement en poésie naturaliste:
« i Viens, esprit créateur ; visite les cœurs des tiens ; remplis d'une grâce céleste les poitrines que tu as formées.
« 2. Toi qui es appelé le consolateur, tu es le don d'un Dieu très haut , tu es la source de la vie ; tu es le feu, l'amour, l'onction sublime.
« 3. Répandant tes dons sous sept formes différentes, tu es un doigt de la main droite du père, et, selon la promesse de ce père, tu fais exhaler de nos lèvres les douces paroles.
« 4. Embrase nos sens de ton feu sacré; verse l'amour dans nos cœurs; raffermis par une vertu constante les défaillances de notre corps.
a 5. Repousse loin de nous l'ennemi et donne-nous à l'instant même la paix; ainsi, guidés et conduits par toi, nous éviterons tout ce qui pourrait nous nuire.
« 6. Puissions-nous, par toi, apprendre à connaître le père, et, aussi, à connaître le fils ; puissions-nous encore croire de tout temps à toi, qui es l'esprit de l'un et de l'autre.
« 7. Gloire au père, seigneur de l'univers, et au fils qui a surgi du sein des morts, et au consolateur, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »
Les personnes instruites, qui prendront connaissance de la Clef des Symboles Secrets de la Franc- Maçonnerie (chapitre XII), me sauront gré de ce que je m'abstiens d'expliquer l'infâme interprétation donnée par la secte au Veni, Creator.
La malice infernale, seule, peut produire de tels travestissements d'un hymne essentiellement religieux.
A ce grade de la Maçonnerie féminine, la réception est censée avoir lieu à Jérusalem ; les Chevaliers et les Chevalières sont censément assemblés dans le Saint- Sépulcre lui-même. Mais qu'entendent-ils par Saint- Sépulcre? Pour eux, le tombeau du Christ n'est encore qu'un symbole; de même qu'ils font de la croix un emblème horrible, de même ils font de la mort et de la résurrection de Jésus une allégorie ignoble de ce qu'ils appellent le grand mystère de la nature.
Ici, comme au grade de Rose-Croix de la Maçonnerie masculine, nous sommes dans l'abominable jusqu'au cou ; ici, la secte se plonge et se complaît dans les sacrilèges les plus immondes. Aussi, le grade de Chevalière de la Bienfaisance est-il appelé « Rose-Croix des Dames.»
On dit donc « Saint-Sépulcre, » comme au troisième degré symbolique on dit « Chambre du Milieu. » Mais ce qui n'a pas été expliqué aux Maîtres est expliqué avec commentaires aux Rose-Croix et par conséquent aux Chevalières de la Bienfaisance.
Le dogme maçonnique étant que la vie naît de la mort, qu'une existence nouvelle est produite par la corruption des germes, le sépulcre du Christ est le symbole de cet enseignement. On a vu, dans les Frères Trois- Points (second volume), ce que la croix et la rose signifient pour les sectaires; on comprendra que je ne revienne pas sur un semblable sujet.
Je terminerai l'aperçu de ce grade par la divulgation de quelques-uns de ses secrets.
Ordre. On croise ses bras sur la poitrine, comme au grade de Rose-Croix (signe du Bon Pasteur).
Signe de reconnaissance. On lève le bras droit, et, tenant le poing fermé, on dresse l'index vers le ciel. En réponse à ce signe, on met la main droite sur le cœur.
Batterie. Neuf coups : OOO-OOO-OOO.
Attouchement et Mot de Passe. On se donne les deux mains croisées, en formant ainsi une croix. Le Frère, prenant la main droite de la Sœur, lui dit: « AIMEZ LE BIEN. » La Sœur, donnant l'autre main, répond: « FUYEZ LE MAL. » Le Frère, alors, embrassant la Sœur, dit: « PRATIQUEZ LA VERTU. » La Sœur répond: « AINSI SOIT-IL. »
Mot Sacré. C'est la Sœur qui le donne en murmurant à l'oreille du Frère : « VENI, CREATOR. »
La Princesse de la Couronne
Ce grade, qui n'est qu'honorifique, n'est nullement administratif, quoiqu'on puisse le croire en considérant qu'il est le plus haut degré de la Maçonnerie d'Adop-
tion. Dans la secte, la direction suprême est exclusivement entre les mains des Frères (33e degré]; les Sœurs, si haut gradées qu'elles puissent être, ne sont que des instruments. Néanmoins, les Princesses de la Couronne portent le titre de Souveraines Maçonnes ; c'est une satisfaction accordée à leur vanité.
L'Atelier du ioe degré d'Adoption représente le Conseil du roi Salomon.
Décoration du Temple. Tenture rouge, ornée de guirlandes de rieurs et de couronnes. Le trône est somptueux, élevé de sept degrés, couvert d'un dais magnifique. La salle est éclairée par vingt-une lumières. La Souveraine Maîtresse se tient à la droite du président sur un fauteuil très riche. A gauche, est une table sur laquelle il y a un flambeau à trois branches, une coupe et un pain.
Titres. Le Grand Maître représente Salomon; la Grande Maîtresse représente la reine, sa femme ; on les appelle Très Sage Roi et Très Sage Reine. Les Frères et Sœurs Inspecteurs et Dépositaires sont appelés Favoris et Favorites, Premiers du Conseil.
Habillement. Les Frères, comme au grade précédent. Les Sœurs aussi, sauf les modifications suivantes : pas de cordon violet en camail ni de ruban vert en collier, mais une écharpe bleu de ciel terminée par une frange d'argent et nouée sur l'épaule avec une rosette blanche et des glands d'or.
Le bijou du grade est un cercle en or renfermant un sceptre, une main de justice et une couronne antique. Ce bijou s'attache au bout de l'écharpe au moyen d'une rosette rose.
La réception représente la visite de la reine de Saba au roi Salomon. C'est la récipiendaire qui figure la reine de Saba. On l'appelle Puissante Reine. Elle est décorée d'une riche écharpe et d'un bracelet formé d'un
ruban fond bleu, sur lequel est brodée en or une couronne entourée de ces mots : Sagesse et Candeur.
Le cérémonial de l'initiation est tout ce qu'on peut imaginer de plus fastidieux.
Il serait inutile d'en dire davantage de ce grade, qui n'est presque pas pratiqué. Bien que faisant partie du système écossais de l'Adoption, qui est un des rites répandus dans le plus grand nombre de pays, le grade de Princesse de la Couronne n'est guère conféré qu'en Allemagne; il est originaire de Saxe.
Les Sœurs, promues au ioe degré d'Adoption, ont le rang de Grandes Maîtresses et prennent place de droit à l'Orient dans tous les Ateliers androgynes où elles se présentent.