LE FEU MAÇONNIQUE
Dans cet agréable réduit,
Loin des Profanes et du bruit, Sœurs mac, 18
L'amitié nous rassemble ; Sans gêne, chagrin ni souci, Mes Frères, livrons-nous ici
Au bonheur d'être ensemble ;
Et, dans notre commun transport,
Pour preuve d'un parlait accord,
Faisons tous feu,
Faisons tous bon feu,
Le vrai feu maçonnique!
De l'amour les feux séducteurs, Ni ceux que porte dans les cœurs
La discorde et la guerre, Toujours éloignés de ces lieux, Ne font point briller à nos yeux
Leur funeste lumière; Amitié, douce égalité, Concorde et sage liberté, Voilà le feu, Voilà le bon feu,
Le vrai feu maçonnique !
Lorsque dans ses hardis desseins, Jadis Prométhée aux humains
Voulut donner une âme, Pour former des êtres heureux, En vain il alla jusqu'aux cieux
En dérober la flamme ;
Son ouvrage eût été parfait,
S'il eût su, pour ce beau projet,
Prendre le feu,
Prendre le bon feu,
Le vrai feu maçonnique !
De quels feux étaient animés Ces sept Sages si renommés
Que possédait la Grèce ?
Par leur nombre juste et parfait On voit assez de quel objet
S'occupait leur sagesse ; Dans leurs banquets si révérés, Par Platon jadis célébrés, Ils faisaient feu, Ils faisaient bon feu,
Le vrai feu maçonnique !
Dans la fable, on voit qu'Apollon, Pour se faire ici-bas Maçon,
Fuit la troupe immortelle ; Mais bientôt le sénat divin, Jaloux de son heureux destin,
Près de lui le rappelle, Afin qu'au céleste séjour Il apprenne aux dieux, à leur tour, A faire feu, A faire bon feu,
Le vrai feu maçonnique !
Que de ce beau feu, parmi nous, De Bacchus le présent si doux
Soit la parfaite image ; Qu'en ces lieux il fasse à jamais Régner la concorde et la paix,
Liberté toujours sage ; Et lorsqu'ici tous à la fois Nous goûtons ce doux jus par trois, Pensons au feu, Pensons au bon feu,
Au vrai feu maçonnique !