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On m'a raconté que l'Amour, Voulant connaître nos mystères, Des Sœurs, avant d'aller aux Frères,
Le fripon avait pris jour :
« Votre loi, dit-il, me condamne, Mais je veux être Frère aussi;
Car, ma foi, ce n'est qu'ici Que l'Amour est Profane ! »
On craint son dard et son flambeau, Armure aimable et meurtrière; On les lui prend, le voilà Frère;
On fait tomber son bandeau.
Mais, en recouvrant la lumière, Ce dieu redemanda ses traits; Il prit, voyant tant d'attraits, La Loge pour Cythère !
Sœurs mac, 19
— 2go —
Frères, si l'Amour est Maçon, Ce Maçon-là fait votre éloge ; Car, on le voit dans cette Loge,
Ce n'est pas un faux soupçon :
Ne sait-on pas que sur ses traces La beau'é rassemble sa cour ?
On dut recevoir l'Amour Où président les Grâces !
L'ambitieux vole à la gloire
Sans délicatesse et sans choix;
Pour s'assurer de la victoire,
Il foule aux pieds l'honneur, les lois
Le vrai Maçon voit sans ivresse >
Et la fortune et la grandeur; Toujours l'honneur, Toujours l'honneur
Est pour lui plus que la richesse; Toujours l'honneur, Toujours l'honneur
Est pour lui plus que la grandeur !
Par l'intrigue et par l'artifice, On voit s'élever le flatteur; Bientôt le sort lui rend justice 11 tombe: on rit de sa douleur.
Sans art, sans détour, sans bassesse, Le vrai Maçon est en faveur :
Dans le malheur,
Dans le malheur, On le plaint, son sort intéresse;
Et, de bon cœur,
Et, de bon cœur, On fait des vœux pour son bonheur !
Un avare avec soin enterre Dans sa cave un coffre plein d'or; La faim, la soif et la misère L'assiègent, malgré son trésor.
Le vrai Maçon, en homme sage, De la fortune sait jouir,
Et son plaisir,
Et son plaisir Est d'en faire un utile usage ;
Et son plaisir,
Et son plaisir Est d'en user sans repentir !
Un grand prodigue les richesses,
Inspiré par la vanité;
Souvent, en faisant des largesses,
Il cède à l'importunité.
Le vrai Maçon avec tendresse
Vole au secours des malheureux,
Veille sur eux,
Pleure avec eux; Partage, adoucit leur tristesse,
Veille sur eux,
Pleure avec eux; C'est ainsi qu'on fait des heureux f
Le vrai Maçon, sans opulence, Est toujours content de son sort; En faveur d'une molle aisance, Il ne fait point un vil effort :
Le plaisir qu'offre la richesse Est souvent fatal et trompeur;
Le vrai bonheur,
Le vrai bonheur, C'est la vertu, la sagesse;
Le vrai bonheur,
Le vrai bonheur, C'est la paix, le calme du cœur !
Le hasard donne l'opulence, Et la bonté dépend de nous ; Le vrai Maçon, dans l'abondance, N'en est pas moins affable et doux :
Aimer, accueillir l'inlortune, Être du pauvre le soutien,
Compter pour rien,
Compter pour rien Le rang, la grandeur importune,
Offrir le sien,
Offrir le sien, Est pour lui le souverain bien !
La paix, l'aimable bienfaisance Nous rendent ici tous égaux; Les vertus sont la récompense, L'unique but de nos travaux.
Puissent sur les deux hémisphères, Nos douces lois charmer les cœurs !
Que les censeurs,
Que les censeurs Cessent d'attaquer nos mystères !
Que les censeurs,
Que les censeurs
N'y voient que l'école des mœurs !
APOLOGIE DE l' AMITIE
Vous, de la Maçonnerie O sages instituteurs, Qui de notre artillerie Avez réglé les honneurs!
A mes chants soyez propices; Un temple esr édifié, Sous les lois et les auspices De la céleste Amitié !
A Thalie, à Melpimène, Que d'autres fassent leur cour; La muse qui n >us enchaîne Est celle du tend e amour:
Tout à cet amour si vaste Est par nous sacrifié, Amour bienfaisant et chaste, Douce et céleste Amitié !
En vain, l'ignorant vulgaire Veut sonder notre secret; Du Maçon le caractère Est d'être toujours discret.
Cacher le bien qu'il peut faire, N'en jamais faire à moitié, Aimer sa Sœur et son Frère, C'est la céleste Amitié !
Dans la maçonnique lice, Il suit le chemin battu, Construit des cachots au vice, Des temples à la vertu; Enclin à la bienfaisance Et sensible à la pitié, Il sent en lui la présence De la céleste Amitié !
Présider d'aimables Frères, Les instruire, les former, Leur dévoiler nos mystères, Surtout celui de s'aimer; Sage et Vénérable Maître, Ce soin vous est confié ; Que de fruits vous verrez naître De leur céleste Amitié !
A la perpendiculaire Le niveau vous unirez; Du compas et de l'équerre Le sens vous leur montrerez :
Ces bijoux sont la boussole De tout Frère initié; Ils tendent toujours au pôle De la céleste Amitié !
Avec prudence et sagesse, Des dessins vous tracerez ; Avec force, avec noblesse, Vous les exécuterez :
Pour la beauté de l'ouvrage Si vous êtes envié, Vous conjurerez l'orage Par la céleste Amitié !
Frères et Sœurs, je vous jure, Avec la plus vive ardeur, Cette amitié douce et pure, Source de notre bonheur!
Tant que roulera la sphère, Je serai toujours lié Par l'amour le plus sincère A la céleste Amitié 1