‹ Les Soeurs maçonnesChapitre 50 sur 73 · ALLÉGORIE DES BANQUETS · texte numérisé non relu

ALLÉGORIE DES BANQUETS

De pied en cap Minerve armée Voulut, autrefois, de ces lieux Défendre l'approche et l'entrée A tout indiscret curieux ; Comme elle était en sentinelle, L'Amour qui lui garde une dent, Envoie, à petit bruit, vers elle, Morphée instruit du tour méchant.

La déesse, qui n'est pas tendre,

Prend au collet le sombre dieu :

« Qui t'envoie ici me surprendre ?

« — C'est Cupidon, votre neveu.

« __ Mon neveu ?... Fi ! le mauvais drille!

Voyez un peu la trahison !...

Mais, chut, il faut que je l'étrille,

En enfant de bonne maison! »

Soudain, méditant sa vengeance, Elle s'assied dans son fauteuil, S'étend, s'endort en apparence, Et la voilà qui ferme l'œil; Pour donner plus de confiance, Elle avait mis son casque bas Et tenait mollement sa lance Et son égide entre ses bras.

L'Amour et Bacchus, dieu fantasque, Viennent, commencent par piller ; Le dieu des vignes prend le casque Et sur son front le fait briller ; L'enfant ailé, d'une main sûre, Touche aussi déjà son butin; Il s'applaudit de l'aventure Et rit tout bas d'un air malin.

Mais, voici bien une autre fête î Pallas se réveille en sursaut...

L'Amour veut fuir, elle l'arrête ; Le petit fripon reste sot ; En vain, il gémit, il implore, 11 craint de payer de sa peau :

Il n'était pas aveugle encore ; On lui mit alors le bandeau.

ce Tu voulais me voir endormie ?

Tes yeux ne verront plus le jour ; Le Caprice avec la Folie Désormais conduiront l'Amour !.., Mais, reprit la déesse émue, La main d'un Franc-Maçon pourra Oter ce bandeau de ta vue ; Sur ta bouche il le posera...

tUKS MA?.

« Et vous, monsieur le bon apôtre?...

Mais Bacchuslui parut charmant; Le casque le rendait tout autre :

a Ah ! lui dit-elle en l'embrassant, Pareil bonnet t'est nécessaire Pour couvrir ta tê*e à l'évent ; Va! je veux bien Bacchus pour Frère, Lorsque Bacchus sera prudent ! »

l'excommunication

Ah ! je me sens pousser des cornes!

En vérité, je vous le dis !...

A sa douceur mettant des bornes, Le Saint-Père nous a maudits.

Mes Sœurs, fuyez !

Fuyez, fuyez !

Nous sommes excommuniés !

On nous expulse de l'Église ;

De nos erreurs voilà les fruits :

Que Loyola nous exorcise,

Ou pour toujours nous sommes cuits.

Mes Sœurs, priez !

Priez, priez !

Nous sommes excommuniés !

La vérité, sainte victime, Craindrait-elle encore Escobard?

Serpent, souviens-toi de la lime ; Pape, ta foudre est un pétard.

Mes Sœurs, riez !

Riez, riez !

Nous sommes excommuniés !

Que voulons-nous?... Voir sur la terre La L'berté, l'Égalité !

Voir régner, au lieu de la guerre, La Paix et la Fraternité !

Mes Sœurs, criez,

Criez, criez :

« Vivent les excommuniés ! »

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