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DE MAÇONNERIE ANDROGYNE

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RITE ÉGYPTIEN (dit de cagliostro)

Le Rite Egyptien d'Adoption est celui qui est pratiqué dans les Loges de femmes annexées aux Ateliers d'hommes du Rite de Misraïm. Il n'est pas sans intérêt de rappeler que les israélites qui s'affilient à la Franc- Maçonnerie se font recevoir de préférence membres des Loges misraïmites; le Rite de Misraïm et le Rite Égyptien d'Adoption sont les rites préférés des juifs.

Joseph Balsamo, un des plus hardis imposteurs qui aient existé, est l'inventeur du Rite Égyptien, essentiellement androgyne; et ce fut en s'inspirant du système maçonnique de cet aventurier que des Frères Trois Points, de l'Orient de Naples, fondèrent au commencement de ce siècle-ci, le fameux Rite de Misraïm dont il ne reste plus aujourd'hui de Loges qu'en France.

Ce Joseph Balsamo, qui devait tant se faire connaître sous le nom de Cagliostro, était né en Sicile, vers

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1748, de parents obscurs. De bonne heure, il s'était déshonoré par de nombreuses escroqueries et avait été obligé de fuir son pays natal, devant la réprobation publique. Dans ses voyages, il joua tous les rôles et fit partout des dupes. Accueilli à bras ouverts dans les Loges maçonniques, il se fit initier, en Allemagne, à tous les mystères de la secte. Il revint alors en Italie, porteur de lettres de recommandation de divers grandsmaîtres; il épou>a, à Rome, la belle Lorenza Feliciani, dont il pervertit la vertu, et qu'il poussa par la violence à l'adultère, pour se faire une ressource de ses charmes. Bref, l'existence de cet homme fut celle du plus vil des scélérats. Tous les auteurs sont d'accord sur ce point; ce qui n'empêche pas Cagliostro d'être un des saints de la Maçonnerie.

Le Rite d'Adoption de Cagliostro se compose de trois grades: 10 Apprentie, 20 Compagnonne, 3° Maîtresse Egyptienne.

Les deux premiers degrés ne sont qu'un noviciat pour arriver à la Maîtrise. Le président de Loge porte le titre de Grand Cophte, et la présidente, celui de Maîtresse Agissante. Aux Maîtresses seules sont réservés les grands secrets, tels que les mystères de la régénération physique et de la régénération morale, l'art des évocations, etc. Ce rite est un de ceux qui dissimulent le moins leur caractère satanique; et l'on sait, du reste, que son fondateur se vantait d'avoir des rapports avec les esprits infernaux.

L'Apprentie

Le temple, pour la réception au premier grade, est tendu en blanc et bleu d'azur. Un arbre est au milieu; un serpent artificiel y est enroulé, tenant une pomme entre ses dents.

La Chambre des Réflexions est un cabinet noir, éclairé d'une faible lumière; on y voit un squelette et des ossements, avec cette devise en grosses lettres sur la muraille : « Pense au passé, au présent, à l'avenir. » La Sœur préparatrice coupe une mèche de cheveux à la récipiendaire.

Une fois la postulante introduite en Loge et interrogée, on chante, en français, le psaume Laudate nomen Domini, laudate, servi, Dominum (psaume cxxxiv); par ce chant, les 1 laçons misraïmites entendent glorifier, sous le nom de Seigneur, le démon lui-même, à qui ils attribuent une grande partie des actes du Dieu des chrétiens.

Voici donc comment ils traduisent ce psaume:

« Louez le nom du Seigneur, Frères et Sœurs de la sainte Maçonnerie; louez le Seigneur, vous qui êtes ses serviteurs, vous qui habitez dans sa maison et sous les portiques de son temple.

« Louez le Grand Architecte de l'Univers, parce que lui seul est le Seigneur plein de bonté; louez son nom, parce que son nom est doux.

« C'est lui qui a choisi Jacob, c'est lui qui a voulu qu'Israël lui appartînt.

« Notre Seigneur, à nous, Frères et Sœurs, est le seul grand ; le Dieu que révèrent les Maçons est audessus de tous les dieux.

« Notre Seigneur fait tout ce qu'il veut faire, dans le ciel, sur la terre, dans la mer et dans les abîmes...

« Les idoles des religions ne sont que d'or et d'argent, ouvrages de la main des hommes.

« Leur bouche est muette, leurs yeux sont aveugles, leurs oreilles sont sourdes; car la vie n'anime point les idoles.

« Que leurs adorateurs deviennent semblables à ces statues impuissantes ! que tous ceux qui mettent leur

confiance en ces faux dieux soient comme leurs dieux !

« Vous, Loges d'Israël, bénissez le Seigneur; vous, Loges d'Aaron, bénissez le Seigneur.

« Vous, Loges de Lévi, bénissez le Seigneur; vous tous, Frères et Sœurs qui craignez le seul vrai Dieu, bénissez son nom.

« Qu'il soit béni sur la montagne de Sion, notre Dieu qui habite dans Jérusalem ! »

Après quoi, le Grand Cophte fait donner la lumière à la récipiendaire, à laquelle il adresse une courte allocution, et reçoit son serment.

La Maîtresse Agissante tient alors à la néophyte un discours en ces termes :

— Ma chère Sœur, vous entrez dans notre société pour apprendre de grandes choses. Par les connaissances que nous vous ferons acquérir, vous aurez la certitude absolue et la preuve directe de l'existence de Dieu; vous apprendrez aussi, dans nos mystères, que l'espèce humaine ne peut périr. Dès à présent, sachez que l'Éternel a créé l'homme en trois temps et trois souffles, et que, comme l'œuvre de la création était complète pour celle de l'homme, un souffle a suffi pour former la femme. Nous allons donc vous accorder ce souffle, tel qu'il nous a été donné par notre Maître... (lui soufflant sur la figure depuis le front jusqu'au menton) : Je vous donne ce souffle, ma Sœur, pour faire germer en vous et pénétrer dans votre cœur les vérités que nous possédons. Je vous le donne pour fortifier en vous la partie spirituelle. Je vous le donne pour vous confirmer dans la foi de vos Frères et de vos Sœurs, selon les engagements que vous avez contractés. Nous vous créons fille légitime de la véritable Adoption Égyptienne et membre de la Respectable Loge (ici le nom de la Loge). Nous voulons que vous soyez reconnue, en cette qualité, de tous les Frères et Sœurs du Rite Égyptien, et que vous

jouissiez avec eux des mêmes prérogatives, C'est pourquoi, nous vous donnons le pouvoir d'être Maçonne, désormais et pour toujours.

On communique ensuite à la néophyte les mots secrets, signes et attouchement du grade; on la fait reconnaître parla Loge; on lui rend la mèche de cheveux qui lui avait été coupée; on y joint une paire de gants blancs, en lui disant qu'elle peut offrir ces gants avec la mèche de cheveux à l'homme qui est ou sera l'objet de son affection, la Maçonnerie ne défendant pas d'aimer honnêtement ses semblables.

On lui donne une rose, en lui expliquant que c'est l'emblème secret de la femme; on lui passe une écharpe bleue et blanche, et on la ceint d'un tablier blanc bordé de bleu, portant ces mots : « Amour et Charité ».

Le discours du Frère Orateur roule sur un prétendu entretien que Salomon eut avec la reine de Saba. Dans cet entretien, Salomon, qui avait enfin découvert la vérité religieuse, en instruisit la reine Balkis. On explique encore à la néophyte ce que signifie le serpent entortillé autour de l'Arbre du Milieu; cet enseignement est irréligieux au premier chef et ressemble à l'instruction donnée à la Compagnonne du Rite Moderne. Cette représentation de l'arbre et du serpent, dit l'Orateur, est pour rappeler que le Génie de l'Orgueil a fait le malheur des humains; bien entendu, ce Génie de l'Orgueil n'est pas le serpent, qui, lui, représente la modestie et la science. La pomme est le symbole du fruit défendu; la femme, mettant à profit la leçon à elle donnée par le serpent, a fait manger à l'homme le fruit défendu. De là, grande colère du Génie de l'Orgueil. Dans sa fureur, il a condamné l'humanité à mort, et le fruit défendu est ainsi devenu funeste à nos premiers parents. Heureusement, par la grâce de l'éternel Bon Principe, le pépin de ce même fruit donne à l'espèce

humaine le moyen de réparer, du moins en partie, la perte de ses privilèges ; les humains, en tant qu'individus, sont mortels, mais l'humanité, en tant que race, est immortelle. La pomme symbolise donc le fruit de gloire de la femme, et sa semence permettra à l'humanité de recouvrer un jour le pouvoir que l'Être Suprême lui avait accordé.

La Compagnonne

Ce second degré du Rite Egyptien n'est qu'une préparation aux secrets de la Maîtrise.

L'Apprentie, qui sollicite le grade de Compagnonne, est introduite en Loge, un poignard à la main, les cheveux épars sur son cou et sur son visage; elle a, au surplus, les yeux bandés.

Au milieu de la salle, il y a un arbre, comme au grade précédent; le serpent, en cuir bouilli, qui y est enroulé, passe sa tête entre le tronc et le premier rameau^ une hauteur d'environ quatre-vingts centimètres du sol. Le haut de ce serpent est flexible; en même temps, il est muni d'un mécanisme qui permet de lui imprimer des mouvements nerveux; la tête est arrangée de façon à pouvoir se détacher.

On amène la récipiendaire auprès de l'arbre, sans lui dire où elle est; on lui fait prendre à la main le haut du serpent, en évitant de lui laisser toucher l'arbre, afin qu'elle ne sache ce qu'elle tient. Le Grand Cophte lui déclare alors; que Ton va éprouver son courage, et il lui ordonne de couper avec son poignard l'extrémité de l'objet qu'on lui a mis dans la main.

Pendant que le Grand Cophte parle, on fait manœuvrer le mécanisme du serpent, et la Loge s'amuse beaucoup des hésitations de la récipiendiaire. Enfin, quand elle a obéi, on lui enlève son bandeau, et elle voit qu'elle a coupé la tête du serpent artificiel.

Le Grand Cophte lui apprend qu'elle a commis une très mauvaise action, attendu que le serpent est un animal fort respectable; modeste, intelligent, prudent, agissant sans bruit, il a droit à tous les égards; c'est lui qui communiqua à Eve la science du bien et du mal. Mais, ajoute le Grand Cophte, en coupant la tête du serpent, la récipiendaire ne savait ce qu'elle faisait, puisqu'elle était dans l'aveuglement de la superstition; et, comme la Maçonnerie ne condamne que lorsque la faute a été commise en parfaite connaissance de cause, la récipiendaire est pardonnée, et elle devra réparer le mal qu'elle a involontairement produit en se livrant le plus possible, avec ses Frères, à la pratique des vertus.

Après le serment et la consécration, la Maîtresse Agissante adresse à la nouvelle Compagnonne une allocution qui se termine ainsi :

— Ma chère Sœur, vous n'êtes reçue aujourd'hui que par mes mains; mais, le temps de vos travaux de Compagnonne une fois expiré, vous serez consacrée par la volonté de l'Eternel et par le pouvoir d'une Maîtresse Agissante, qui vous fera connaître les intermédiaires existant entre nous et l'Être Suprême.

Parmi les Questions d'Ordre, il convient de signaler celles-ci :

D. Etes-vous Compagnonne ? — R. Je viens d'exécuter les travaux qui m'avaient été prescrits.

D. Quels sont vos travaux ? — R. J'ai foulé aux pieds l'amour de moi-même et me suis dévouée à l'humanité; j'ai méprisé le vice et rendu hommage à la vertu; je connais le pépin, c'est-à-dire la matière première dont l'Esprit d'Orgueil nous avait caché l'existence pour annihiler notre pouvoir.

La Maîtresse Égyptienne

La salle, pour ce grade, est tapissée en bleu d'azur avec étoiles d'argent. Le trône est élevé de sept marches; le dais, qui le recouvre, est en soie blanche parsemée de lys d'argent. Brillant éclairage. Derrière l'autel, se trouve le tabernacle.

On appelle « Tabernacle b un petit local séparé du temple et situé derrière le trône; le sol de ce cabinet est un peu plus élevé que l'autel. Ce réduit est tendu de blanc; au milieu, est une minuscule table, sur laquelle brûlent trois bougies. Il s'y trouve aussi un siège ou une banquette, et Ton y a pratiqué une petite fenêtre communiquant avec le temple.

C'est la Maîtresse Agissante qui préside; elle prend le nom de Reine de Saba.

Les douze plus anciennes Maîtresses de la Loge adoptent des noms de Sibylles.

Les Sœurs portent, sur la toilette de ville, une sorte d'aube ou talari, au bas de laquelle sont brodées les initiales de sept esprits que l'on invoque au cours de la séance : Anaè'i, Mikaè'l, Raphaël, Gabriel, Uriel, Zobiakel et Anokiel. Les Frères sont munis d'épées qu'ils tiennent fièrement; ils gardent la tête découverte.

La Maîtresse Agissante ouvre les travaux, tandis que la récipiendaire est dans la Chambre des Réflexions.

On amène d'abord en Loge la Colombe. C'est une toute jeune fille, spécialement dressée aux pratiques du rite. La Colombe, vêtue d'une longue robe blanche ornée de rubans bleus et décorée d'un cordon rouge, est conduite devant la Maîtresse Agissante, sur un tabouret bleu et argent.

En ce moment, sur le signal de la Première Sibylle, toute l'assistance se met à genoux et adresse à l'J

Suprême (cest-à-dire à Lucifer) une invocation, afin qu'il daigne permettre que la Maîtresse Agissante exerce le pouvoir qu'il lui a remis.

De son côté, la Colombe prie l'Être Suprême de lui donner la grâce d'opérer suivant les ordres de la Maîtresse Agissante et de servir de médiatrice entre elle et les esprits.

La Maîtresse Agissante sourfle alors sur le visage de la Colombe, en prolongeant le souffle depuis le front jusqu'au menton. Elle ajoute quelques paroles sacramentelles. Après quoi, la Colombe est renfermée dans le tabernacle.

Nouvelle prière à l'Être Suprême.

La Maîtresse Agissante ordonne aux sept esprits primitifs de se manifester à la Colombe.

Tout le monde garde un profond silence.

La Colombe, par la petite fenêtre du tabernacle, annonce enfin que les esprits viennent de se mettre en communication avec elle.

La Maîtresse Agissante lui enjoint de demander à l'un des esprits, qu'elle désigne par son nom, si la postulante réunit les qualités nécessaires pour être reçue Maîtresse Egyptienne.

Sur la réponse affirmative de la Colombe, la Maî« tresse Agissante ordonne d'introduire la récipiendaire.

Celle-ci est placée entre les deux colonnes. On la fait mettre à genoux, ainsi que tous les Frères et Sœurs présents. Seule, la Maîtresse Agissante reste debout.

La Maîtresse Agissante, levant les yeux et les mains au ciel. — Réunissez-vous à moi, Frères et Sœurs tant visibles qu'invisibles, pour adorer l'Etre Suprême et le prier intérieurement de me faire la grâce d'admettre au nombre de ses enfants la Sœur {ici le nom de la récipiendaire).

On prie en silence pendant deux ou trois minutes.

La Maîtresse Agissante met fin à cette invocation muette en frappant sur l'autel un coup du glaive qu'elle tient à la main.

Tous les assistants se relèvent, à l'exception de la récipiendaire, à qui l'on dit de se prosterner la face contre terre, et qui récite ensuite à haute voix, en français, le psaume Miserere mei, Dens, secundum magnam misericordiam tuant (psaume l) ; il va sans dire que le Dieu auquel elle adresse sa supplication est l'Etre Suprême des Francs-Maçons, le Grand Architecte de l'Univers. Ainsi, par une parodie sacrilège, qui rappelle bien les sorcelleries du moyen âge, la secte emploie les prières mêmes de l'Eglise catholique, pour invoquer Satan, et cela en plein dix-neuvième siècle !

Le psaume achevé, la Maîtresse Agissante ordonne à la Colombe de se mettre en communication « avec l'esprit primitif Gabriel, qui préside à la planète Mercure,» pour lui demander s'il est permis que la récipiendaire soit purifiée.

La réponse étant affirmative, trois Sœurs chantent, en français, le Veni, Creator Spiritus. (Voir au chapitre VIII de cet ouvrage, page 172.)

On fait placer la récipiendaire au milieu de trois cassolettes, et sa purification a lieu en jetant sur la flamme de l'encens, de la myrrhe et du laurier.

— Les richesses sont le premier présent que je vais vous faire, lui dit alors la Maîtresse Agissante.

Et, prenant quelques feuilles d'or dans un vase, elle les dissipe par son souffle.

La Maîtresse des Cérémonies, avec solennité. — Ainsi passent les gloires du monde profane !

On donne ensuite à boire à la récipiendaire une sorte de bouillon aux herbes refroidi, lequel est intitulé « breuvage d'immortalité. »

On lu fait agenouiller au milieu de la Loge, en I

du Tabernacle, et, sur Tordre de la Maîtresse Agissante, la Colombe évoque les six esprits primitifs que voici : Anaël, qui préside au soleil ; Mikaèl, à la lune; Raphaël, à la planète Mars ; Uriel, à la planète Jupiter ; Zobiakel, à la planète Vénus ; Anokiel, à la planète Saturne. Cette évocation a pour objet d'inviter les esprits dont il s^agit à consacrer les ornements enfermés dans le Tabernacle et qui sont destinés à la postulante.

Par la même occasion, la Colombe évoque aussi Moïse et le prie « de vouloir bien, lui aussi, bénir chaque ornement et tenir, dans sa main droite, durant quelques instants, la couronne de roses dont va être ceint le front de la récipiendaire. »

La Colombe, par le fenestron du Tabernacle, passe au fur et à mesure les ornements à la Maîtresse Agissante, en lui assurant qu'ils viennent d'être bénis par les esprits évoqués.

La Maîtresse Agissante trace un grand cercle et y fait placer la néophyte, à qui elle adresse une allocution, en lui remettant chaque objet (cordon, tablier, gants). Enfin, elle dépose sur sa tête la couronne de roses bénie par Moïse et les esprits primitifs. C'est cette formalité qui termine la réception. Toutefois, il est permis à la Maîtresse Agissante d'évoquer encore l'esprit du premier Grand Cophte, fondateur du rite, pour que la réception de la néophyte soit confirmée et bénie par lui.

L'instruction du grade roule sur l'immortalité physique et Pimmortalité morale ; la Maçonnerie misraïmite prétend posséder les secrets qui donnent cette double immortalité. Seulement, les pratiques, enseignés aux adeptes, sont tellement compliquées qu'il leur est impossible de les pousser jusqu'au bout.

Voici quelques-unes des questions du Catéchisme de Maîtresse Agissante :

D. Connaissez-vous ce que vous êtes ? — R. Oui. Je suis homme, c'est-à-dire j'appartiens à l'humanité.

D. Quel est votre sexe ? — R. Femme. Mon sexe étant enclin à la faiblesse, j'avais d'abord accepté le joug de l'ignorance ; mais, ayant heureusement reçu la lumière, j'ai écrasé le vice, je suis parvenue à connaître la vérité et à recouvrer mon pouvoir.

D. En quoi consiste ce pouvoir? — R. Ayant été formée à l'image de Dieu, j'ai reçu de lui le pouvoir de me rendre immortelle, de commander aux esprits et de régner sur la terre.

D. Qu'entendez-vous par régner sur la terre ? — R. J'entends que Dieu n'a formé la terre que pour l'homme et pour être commandée par lui ; mais l'homme ne saurait parvenir à cet empire sans connaître la perfection du moral et du physique, sans avoir pénétré dans le véritable sanctuaire de la nature, et sans posséder notre doctrine sacrée, qui enseigne deux façons d'opérer : l'une pour se rendre immortel physiquement, l'autre pour le devenir moralement.

D. Comment parvient-on à régner sur la terre ? — R. Pour commander à la nature, il faut s'être fait supérieur à la nature par la résistance à ses entraînements. C'est quand on a l'esprit parfaitement libre de tout préjugé et de toute superstition, que l'on peut commander aux esprits. Les forces fatales obéissent seulement à qui ne leur obéit pas. Pour diriger les courants de la lumière mobile, il faut être fixé dans une lumière immobile. Pour commander aux éléments, il faut avoir dompté leurs ouragans, leurs foudres, leurs abîmes et leurs tempêtes. En résumé : il faut savoir pour oser il faut oser pour vouloir ; il faut vouloir pour régner ; et pour régner, il faut se taire.

D. Que nous procure la régénération physique ? — R. Elle nous fait trouver la matière première, et ^\\t

nous donne l'acacia, qui maintient l'homme dans la force de la jeunesse et le rend immortel.

D. Que nous procure la régénération morale ? — R. Elle nous met en possession du sceau de Salomon et du pentagramme, qui sont la synthèse de toutes les figures magiques et de tous les signes cabalistiques auxquels obéissent les esprits.

D. Qu'est-ce que le sceau de Salomon ? — R. Le sceau de Salomon, nommé aussi « la Signature de Salomon, » est la figure la plus simple et le plus complet abrégé de la science de toutes choses ; ce signe sacré, par la réunion de deux triangles formant une étoile à six pointes, exprime, avec perfection, l'idée de l'infini et de l'absolu. Il représente les deux principes qui se combattent de toute éternité, le bien et le mal, la lumière et l'ombre, la vie et la mort. Ces deux principes de l'équilibre universel, bien que se combattant, ne peuvent parvenir à se détruire ; car ils sont égaux en force et de même essence suprême. Leur double existence constitue la divinité elle-même, qui est à la fois une et triple. En effet, le triangle supérieur étant égal au triangle inférieur, et le verbe qui exprime leur valeur égale faisant trois, il s'ensuit que le dogme ternaire est le dogme universel. Si Dieu n'était qu'un, il serait fatalement improductif et ne pourrait être le père de toutes choses ; l'unité, pour devenir active, doit se multiplier ; un principe indivisible, immobile et infécond, serait l'unité morte et incompréhensible. Si Dieu était seulement deux, l'antagonisme éternel de ses deux principes serait le partage et la division de l'univers dans tous les siècles des siècles. Il est donc trois pour engendrer de lui-même et à son image la multitude infinie des êtres et des nombres. Ainsi, il est réellement unique en lui-même et triple dans notre conception ; ce qui nous le fait voir aussi triple en lui-même et unique dans notre intelli-

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gence et dans notre amour. Le dogme ternaire, mystère pour l'aveugle qui croit sans raisonner, est donc une nécessité logique pour l'initié aux sciences absolues et réelles ; et rien ne peut mieux figurer l'Etre Suprême et ses deux éternels principes que le signe sacré ou sceau de Salomon.

D. Qu'est-ce que le pentagramme? — R. Le pentagramme, nommé aussi <« la Signature de Lucifer o, est la ligure de l'intelligence qui régit, par l'unité de force, les quatre puissances élémentaires ; c'est l'Étoile Flamboyante des enfants d'Hiram ; c'est le prototype de la lumière équilibrée ; vers chacune de ses pointes un trait de lumière remonte, comme de chacune de ses pointes un trait de lumière descend. Cet autre signe sacré représente le grand et suprême athanor de nature qui est le corps de l'homme : l'influence magnétique part en deux rayons de la tête, de chaque main et de chaque pied ; ie rayon positif est équilibré par le rayon négatif; la tête correspond avec les deux pieds, chaque main avec une main et un pied, les deux pieds chacun avec la tête et une main. Ce signe régulier de la lumière équilibrée synthétise l'esprit d'ordre et d'harmonie. Il est le signe de la toute-puissance de l'initié ; car, à raison de ce qu'il exprime la domination de l'esprit sur les éléments, c'est par lui que l'initié soumet à son pouvoir les démons de l'air, les esprits du feu, les spectres de l'eau et les fantômes de la terre.

Interrompons ici ce catéchisme du Rite Egyptien ; ce que les Maçons misraïmites font réciter à leurs Sœurs n'est pas autre chose que la théorie de la magie et de la cabale.

La Maîtresse Agissante ferme la Loge, après avoir fait adorer et remercier l'Etre Suprême, c'est-à-dire Satan ; car, s 4on la doctrine de la secte, la divinité est formée de deux principes opposés, le génie de l'Etre, qui est

Lucifer, et le génie de la Destruction, qui est Adonaï. En d'autres termes, la Maçonnerie reconnaît la qualité de Dieu à l'Eternel adoré des chrétiens ; mais c'est pour poser en dogme cette abomination : l'être adoré des Maçons le Grand Architecte, lui aussi, est Dieu.

Dans le Rite Français et dans le Rite Ecossais, on est amené lentement au satanisme, et les voiles ne se déchirent qu'au grade de Kadosch. Dans le Rite de Misraïm, complété par le Rite Egyptien d'Adoption, on va plus vite ; dès le premier grade, ainsi que le constate le F.'. Ragon (i), l'instruction roule tout entière, du moins dans les Loges d'hommes, sur l'alchimie, la magie, les évocations et les sciences occultes.

Je terminerai cette étude du Rite Egyptien par la divulgation de quelques pratiques essentiellement diaboliques des Loges misraïmites.

Les Frères, pour leurs évocations, portent sur la poitrine le double triangle qu'ils appellent sceau de Salomon et tiennent à la main le pentagramme ou Etoile Flamboyante.

Les appels aux esprits commencent par des consécrations spéciales de l'air, du feu, de l'eau et de la terre.

Exorcisme de VAir

On exorcise l'air en soufflant du côté des quatre points cardinaux et en disant :

« Spiritus Dei ferebatur super aquas, et inspiravit in faciem hominis spiraculum vitae. Sit Mikaèl dux meus, et Sabtabiel servus meus in luce et per lucem !

« Fiat verbum halitus meus ; et imperabo spiritibus aeris hujus, et refrcenabo equos solis voluntate cordis mei, et cogitatione mentis meas, et nutu oculi dextri !

« Exorciso igitur te, creatura aeris, per Pentagram-

li) Ragon, Manuel complet de Maçonnerie d'Adoption, chapitre relatif au Rite Egyptien, page uo. *

maton et in nomme Tetragrammaton, in quibus sunt voluntas firma et fides recta ! Amen. Sela. Fiat. Qu il en soit ainsi ! o

Oraison des Sylphes

Après quoi, on trace dans l'air un signe de cabale, et on récite l'oraison des Sylphes :

a Esprit de Lumière (i), Esprit de Sagesse, dont le souffle donne et reprend la forme de toute chose ; toi devant qui la vie des êtres est une ombre qui change et une vapeur qui passe ; toi qui montes les nuages et qui marches sur 1 "aile des vents ; toi qui respires et les espaces sans fin sont peuplés ; toi qui aspires, et tout ce qui vient de toi retourne à toi ; mouvement sans fin dans la stabilité éternelle, sois éternellement béni 1

« Nous te louons et nous te bénissons dans l'empire changeant de la lumière créée, des ombres, des reflets et des images, et nous aspirons sans cesse à ton immuable et impérissable clarté. Laisse pénétrer jusqu'à nous le rayon deton intelligence et la chaleur de ton amour; alors, ce qui est mobile sera fixé, l'ombre sera un corps, l'esprit de l'air sera une âme, le rêvesera une pensée. Et nous ne serons plus emportés par la tempête ; mais nous tiendrons la bride des chevaux ailés du matin et nous dirigerons la course des vents du soir pour voler au-devant de toi.

« O esprit des esprits, ô âme éternelle des âmes, ô souffle impérissable de la vie, ô soupir créateur, ô bouche qui aspirez et respirez l'existence de tous les êtres dans le flux et le reflux de votre verbe éternel, qui est l'océan divin du mouvement et de la vérité ! Amen. n

(i) Il est indiscutable que c'est à Lucifer lui-même que les Francs-Maçons s'adressent ; car Lucifer signifie Porte-Lumière ou Esprit de Lumière,

Exorcisme de VEau.

On exorcise l'eau par l'imposition des mains, par le souffle et par la parole en y mêlant le sel consacré avec un peu de la cendre restée dans la cassolette des parfums. L'aspersoir est fait de branches de verveine, de pervenche, de sauge, de menthe, de valériane, de frêne et de basilic, liées par un fil, avec un manche de noisetier.

En bénissant d'abord le sel, on dit :

« In isto sale sit sapientia, et ab omni corruptione servet mentes nostras et corpora nostra, perHokmaëlet in virtute Ruach-Hokmaël, recédant ab isto fantasmata hylae ut sit sal cœlestis, sal terras et terra salis, ut mutrietur bos triturans et addat spei nostrae cornua tauri volantis ! Amen. »

En bénissant ensuite la cendre, on dit :

« Revertatur cinis ad fontem aquarum viventium, et fiât terra fructificans, et germinet arborem vitae per tria nomina, quae sunt Netsah, Hod et Jesod, in principio et in fine, per Alpha et Oméga qui sunt in spiritu Azoth ! Amen. »

En mêlant Peau, le sel et la cendre, on dit :

« In sale sapientiae aeternae, et in aqua regenerationis, et in cinere germinante terram novam, omnia fiant per Eloïm Gabriel, Raphaël et Uriel, in saecula et œonas. Amen. »

Tout étant mêlé, on dit :

« Fiat firmamentum in medio aquarum et séparât aquas ab aquis, quse superius sicut quae inferius, et quae inferius sicut qu 32 superius, ad perpetranda miracula rei unius. Sol ejus pater est, luna mater et ventus hanc gestavit in utero suo, ascendit a terra ad cœlum et rursus a cœlo in terram descendit. Exorciso te, creatura aquae, ut sis mihi spéculum Dei vivi in operibus ejus, et fons vitae, et ablutio peccatorum. Amen. »

Oraison des Ondins.

Nouveau signe cabalistique, et récitation de Toraison suivante :

« Roi terrible de la mer, vous qui tenez les clefs des cataractes du ciel et qui renfermez les eaux souterraines dans les cavernes de la terre ; roi du déluge et des pluies du printemps ; vous qui ouvrez les sources des fleuves et des fontaines ; vous qui commandez à l'humidité, qui est comme le sang de la terre, de devenir la sève des plantes, nous vous adorons et nous vous invoquon s ! « Nous, vos mobiles et changeantes créatures, parleznous dans les grandes commotions de la mer, et nous tremblerons devant vous ; parlez-nous aussi dans le murmure des eaux limpides, et nous désirerons votre amour !

« O immensité dans laquelle vont se perdre tous les fleuves de l'être, qui renaissent toujours en vous ! O océan de perfections infinies ! hauteur qui vous mirez dans la profondeur ! profondeur qui vous exhalez dans la hauteur ! amenez-nous à la véritable vie par l'intelligence et par l'amour ! amenez-nous à l'immortalité par le sacrifice, afin que nous soyons trouvés dignes de vous offrir un jour Teau, le sang et les larmes, pour la rémission des erreurs ! Amen. »

Exorcisme du Feu.

On exorcise le feu, en y jetant du sel, de l'encens, de la résine blanche, du camphre et du soufre, et en prononçant trois fois les trois noms des Génies du Feu : MikaëJ, roi du soleil et de la foudre ; Samaê'l, roi des volcans ; et Anaël, prince de la lumière astrale. Après quoi, on récite l'oraison des Salamandres.

Oraison des Salamandres.

« Immortel, Éternel, Ineffable et Incréé, Père de

toutes choses, qui es porté sur le chariot roulant sans cesse des mondes qui tournent toujours ! Dominateur des immensités éthérées, où est élevé le trône de ta puissance, du haut duquel tes yeux redoutables découvrent tout, du haut duquel tes oreilles écoutent tout I exauce tes enfants que tu as aimés dès la naissance des siècles ; car ta dorée et grande et éternelle majesté resplendit au-dessus du monde et du ciel des étoiles î... Tu t'es élevé sur elles, ô Feu étincelant ! Là, tu t'allumes et t'entretiens toi-même par ta propre splendeur, et il sort de ton essence des ruisseaux intarissables de lumière qui nourrissent ton esprit infini.

« Cet esprit infini nourrit toutes choses, et fait ce trésor inépuisable de substance toujours prête pour la génération qui la travaille et qui s'approprie les formes dont tu l'as imprégnée dès le principe.

« De cet esprit tirent aussi leur origine ces rois très saints qui sont autour de ton trône et qui composent ta cour, ô Père universel ! ô Unique ! ô Père des bienheureux mortels et immortels !

« Tu as créé en particulier des puissances qui sont merveilleusement semblables à ton éternelle pensée età ton essence adorable ! Tu les as établies supérieures aux anges, qui annoncent au monde tes volontés î Enfin, tu nous as créés au troisième rang dans notre empire élémentaire.

« Là, notre continuel exercice est de te louer et d'adorer tes désirs ! Là, nous brûlons et brûlerons sans cesse en aspirant à te posséder !

« O Père ! O Mère, la plus tendre des mères ! O archetype admirable de la maternité et du pur amour ! O Fils, la fleur des fils ! O forme de toutes les formes, âme, esprit, harmonie et nombre de toutes choses ! Amen. »

Exorcisme de la Terre.

On exorcise la terre par l'aspersion de Peau, par le souffle et par le feu ; on y emploie divers parfums qui varient suivant les jours. Enfin, on dit l'oraison des Gnomes.

Oraison des Gnomes.

« Roi invisible, qui avez pris la terre pour appui et qui en avez creusé les abîmes pour les remplir de votre toute-puissance ; vous dont le nom fait trembler les voûtes du monde ; vous qui faites couler les sept métaux dans les veines de la pierre ; monarque des sept lumières, rémunérateur des ouvriers souterrains, amenez-nous à l'air désirable et au royaume de la clarté !

« Nous veillons et nous travaillons sans relâche ; nous cherchons et nous espérons, par les douze pierres de la cité sainte, par les talismans qui sont enfouis, par le clou d'airain qui traverse le centre du monde.

« Seigneur ! Seigneur ! Seigneur ! ayez pitié de ceux qui souffrent, élargissez nos poitrines, dégagez et élevez nos têtes, agrandissez-nous !

« O stabilité et mouvement ! O jour enveloppé de nuit, ô obscurité voilée de lumière ! O maître qui ne retenez jamais par devers vous le salaire de vos travailleurs ! O blancheur argentine ! O splendeur dorée ! O couronne de diamants vivants et mélodieux ! vous qui portez le ciel à votre doigt comme une bague de saphir ! vous qui cachez sous la terre dans le royaume des pierreries la source merveilleuse des étoiles ! vivez, régnez et soyez l'éternel dispensateur des richesses dont Vous nous avez fait les gardiens ! Amen. »

Uoraison des Gnomes se récite en se tournant vers le nord ; celle des Salamandres, vers le midi ; celle des Sylphes, vers l'orient ; et celle des Ondins, vers l'occident. En Loge de dames, on se tourne, par conséquent:

pour les esprits de la terre, vers le climat d'Amérique ; pour les esprits du feu, vers le climat d'Afrique ; pour les esprits de Fair, vers le climat d'Asie ; et pour les esprits de l'eau, vers le climat d'Europe.

Conjuration Générale.

Mais les Maçons misraïmites ne se contentent pas d'évoquer les esprits des phalanges de Lucifer ; ils tiennent, dans leurs pratiques, à conjurer l'influence des esprits adverses, c'est-à-dire des anges d'Adonaï.

Aussi, pour ne point être inquiétés par ceux-ci, fontils une conjuration générale, en soufflant, en aspergeant, en brûlant des parfums et en traçant sur le sol le sceau de Salomon et le pentagramme sacré. Ces figures doivent être faites avec une parfaite régularité, avec un roseau trempé dans diverses couleurs.

Puis, on prononce à voix haute en ces termes la conjuration générale ou Conjuration des Quatre :

« Caput mortuum, imperet tibi Dominus per vivum et devotum serpentem ! Cherub, imperet tibi Dominus per Adam Jot-Chavah ! Aquila errans, imperet tibi Dominus per alas tauri 1 Serpens, imperet tibi Dominus Tetragrammaton per angelum et leonem !

« Mikaêl ! Gabriel ! Raphaël ! Anaël !

« Lucifer ! Belzébuth ! Moloch ! Astaroth !

« Fluat udor per spiritum Eloïm ! Maneat terra per Adam Jot-Chavah ! Fiat firmamentum per Jahuvehu- Zebaoth ! Fiat judicium per ignem in virtute Mikaël !

« Ange aux yeux morts, obéis, ou écoule-toi avec cette eau sainte !

« Taureau ailé, travaille, ou retourne à la terre, si tu ne veux pas que je faiguillonne avec cette épée !

« Aigle enchaîné, obéis à ce signe, ou retire-toi devant ce souffle !

« Serpent mouvant, rampe à mes pieds, ou sois tour-

mente par le feu sacré et évapore-toi avec les parfums que j'y brûle !

« Que Teau retourne à l'eau ! que le feu brûle ! que l'air circule ! que la terre tombe sur la terre !

« Par la vertu du pentagramme, qui est l'étoile du matin, Lucifer ! et au nom du tétragramme qui est écrit au centre de la croix de lumière ! Amen. »

Signe de la Croix Maçonnique.

On termine la Conjuration des Quatre par une profanation maçonnique du signe de la croix.

Le président de Ja Loge, soit le Vénérable, soit la Grande Maîtresse, donne le signal aux Frères et Sœurs, et tous ensemble exécutent la parodie sacrilège.

On porte la main au front, en disant :

— A toi, Lucifer, appartiennent...

On la descend sur la poitrine, en disant :

— Le règne suprême. ..

On la porte à l'épaule gauche, en disant :

— La justice...

Puis, à l'épaule droite, en disant :

— Et la miséricorde...

Enfin, on laisse, en les joignant, retomber les deux mains, et on les appuie sur le corps, au bas du ventre, en disant :

— Dans les cycles générateurs. Amen.

Telles sont les pratiques les plus usuelles des Maçons du Rite de Misraïm. Ces cérémonies, ou ces sortilèges, comme on voudra, sont la préface obligée des évocations prescrites par les rituels. Je les ai citées, non pour divulguer des mystères plus ou moins intéressants à connaître, mais pour établir une bonne fois que l'odieuse secte, qui parle toujours de lumière et de progrès, croupit, en plein dix-neuvième siècle, dans le sacrilège obscène des sorciers du moyen âge.

— A quoi croyez-vous, Frères et Sœurs ? demande le Vénérable.

Et tous répondent en chœur :

— Nous croyons à la vie éternelle !

Inutile d'expliquer le sens ignoble de ce Credo de dépravés maudits.

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