LA MAITRESSE
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Le grade de Maîtresse est le troisième degré de la Maçonnerie d'Adoption.
La tenture de la salle, pour la réception à ce grade, est cramoisie.
Au-dessus de l'autel qui est sur l'estrade, se trouve un transparent figurant l'arc-en-ciel. Une échelle, composée de cinq échelons, est placée contre le mur, auprès du Frère Orateur et de la Sœur d'Eloquence.
Au milieu, à proximité de l'estrade, mais un peu du côté de l'Afrique, il y a une sorte de tour en bois, ayant la forme d'une spirale et haute d'un mètre environ : la plate-forme de cette tour est assez large pour qu'une personne puisse s'y tenir; cet objet est de construction solide. On y lit, en gros caractères, ces mots :« Tour de Babel, monument de l'orgueil des hommes.» Une planche, large d'un mètre, conduit à la plate-forme de la tour: cette planche est très longue; posée sur des tréteaux de hauteur graduée, elle forme une pente extrêmement douce, qui part du sol même de la salle.
Vers l'entrée, auprès de l'autel où se tiennent le Premier Surveillant et la Sœur Inspectrice, est un établi de
menuisier, sur lequel sont un maillet, un ciseau et une boîte; ce dernier objet mérite une description particulière. C'est une boîte carrée, en bois couleur de pierre. Sa forme est celle-ci: 21 centimètres de long, 9 de large, et 9 de haut. Son couvercle s'ouvre, au moyen de charnières, en deux parties égales ; il y a, aux quatre coins du couvercle, un clou doré, et, au milieu un cinquième clou, lequel, lorsqu'on le presse, fait jouer un ressort qui ouvre brusquement les deux parties du couvercle. Ce que contient cette boîte est une pièce anatomique en bois peint, de laquelle je ne puis donner ici aucune description ; les personnes qui devineront de quoi il s'agit comprendront et approuveront mon silence. Deux bougies allumées sont placées sur l'établi, des deux côtés de la boîte à surprise. L'endroit où se trouve cet établi avec ses accessoires est entouré de paravents et forme en quelque sorte un petit cabinet à part en entrant dans la Loge.
Le tableau de la Loge, grande toile peinte étalée entre les colonnes au milieu de la salle, représente:
i° Les quatre parties du monde, dont les noms servent à désigner les côtés du temple; figures allégoriques;
20 Dans le haut, un arc-en-ciel;
3° Du côté de l'Afrique, un bûcher enflammé consumant un agneau, ledit bûcher étant; placé sur un autel;
40 A l'opposite, Abraham sacrifiant son fils Isaac;
5° Un peu plus bas, du côté de l'Afrique, l'arche de Noé sur le mont Ararat, avec la colombe prête à y rentrer, rapportant dans son bec une branche d'olivier, et un corbeau au pied de la montagne;
6° A Topposite, la tour de Babel, et, à côté de cette tour, une auge, une truelle, une règle et un maillet:
70 Au milieu du tableau, on voit l'échelle mystérieuse de Jacob, où montent et descendent des anges, et Jacob sommeillant, étendu à terre au pied de l'échelle
8° Au bas, vers l'Afrique, est une ville embrasée par le feu du ciel, représentant Sodome; on distingue aussi, en cet endroit, la femme de Loth ayant la tête tournée vers la ville et changée en statue de sel ;
9° A l'opposite, est une citerne dans laquelle est représenté Joseph, ayant, au-dessus de lui, le soleil,. la lune et onze étoiles.
On a eu soin de placer à terre, aux deux côtés du Tableau de la Loge, des flambeaux garnis de bougies allumées, savoir: sept du côté de l'Afrique, et six du côté de l'Amérique.
En outre, trois flambeaux garnis de bougies allumées sont placés sur l'autel de l'estrade. Un autre flambeau est devant la Sœur Inspectrice, et un autre devant la Sceur Dépositaire. Deux terrines enflammées se trouvent au pied de l'estrade.
Le reste de la Loge est éclairé à volonté.
La récipiendaire, ayant été conduite dès son arrivée dans la Chambre des Réflexions, y reçoit la visite du Frère Orateur, accompagné de la Sœur d'Éloquence* qui remplit le rôle de préparatrice. On invite la récipiendaire à se décolleter, tout en lai tenant un discours sur la dignité du grade qu'elle va recevoir, et l'on pose ensuite un mouchoir sur ses épaules et sa gorge mises à nu; ce mouchoir, lui dit-on, est l'emblème de sa modestie. Après quoi, on lui bande les yeux.
Pendant ce temps, la séance est ouverte conformément au rituel, qui diffère peu de celui des deux grades précédents. Toutefois, à la question: « Quels sont les devoirs d'une Maçonne?)) on ne répond plus: « Obéir, écouter, travailler et se taire», mais :« Aimer ses Frères et ses Sœurs, les protéger et les secourir »
Au moment voulu, la récipiendaire est amenée à la porte du temple, sous la conduite du Frère Orateur et de la Sœur d'Éloquence.
Sœurs Maconn. h
La Sœur d'Eloquence, ayant frappé les cinq coups habituels, annonce « une Compagnonne Maçonne qui demande à être reçue Maîtresse. »
Les portes s'ouvrent, et la récipiendaire est introduite. La Grande Maîtresse lui demande quels sont les progrès qu'elle a fait dans la Maçonnerie.
Celle-ci, dûment stylée par le Frère de la Loge qui s'intéresse à elle, répond en conséquence.
La Grande Maîtresse lui demande encore les mots d'Apprentie et de Compagnonne.
Elle les donne.
Alors, la Grande Maîtresse ordonne que Ton fasse voyager la récipiendaire et qu'elle subisse l'épreuve de la confusion.
Le Maître des Cérémonies, donnant la main à la récipiendaire, lui fait effectuer le tour du temple. Arrivée l'Europe, il s'engage avec elle sur la planche en pente, et, comme la pente est très douce et que la postulante a les yeux bandés, elle arrive au sommet de la petite tour sans s'en apercevoir. Le Maître des Cérémonies, une fois qu'elle est là, lui recommande de ne pas bouger. Sans faire de bruit, on retire la planche et ses supports, de sorte que la récipiendaire se trouve isolée sur la plate-forme, à une hauteur d'un mètre environ.
La Grande Maîtresse. — Sœur Compagnonne, quel est le sujet qui vous amène en Loge?
La récipiendaire. — Le désir de monter au grade de Maîtresse.
La Grande Maîtresse, feignant un étonnement mêlé de quelque irritation, — Quoi! vous prétendez être reçue Maîtresse?... Sachez, ma Sœur, qu'on n'obtient des dignités parmi nous qu'à force de vertu, de travail et d'humilité. C'est pourquoi, nous ne pouvons, sans agir contre nos lois, vous conférer le grade auquel vous prétendez. Du reste, pour vous prouver que le refus
que je vous oppose est juste et mérité, nous allons vous rendre la lumière et vous faire connaître la témérité de votre démarche.. . . Allons, ma Sœur, ôtez votre bandeau, je vous l'ordonne, et soyez punie de votre présomption.
La récipiendaire obéit. Débarrassée de son bandeau, elle ne manque pas d'être surprise et même un peu penaude de se trouver en Pair, dans une position ridicule, d'autant plus que l'assistance, comme on pense bien, ne se prive pas de rire.
Après que la récipiendaire a été laissée une minute ou deux sur la plate-forme, en proie aux moqueries des Frères et des Sœurs, deux Experts placent un escabeau de chaque côté de la tour, y montent, et, soulevant la récipiendaire par le dessous des bras, la descendent sur le sol delà salle. On lui fait lire alors l'inscription: «Tour de Babel, monument de l'orgueil des hommes.»
La Grande Maîtresse, à la récipiendaire. — Vous voyez, ma chère Sœur, combien le flambeau de la sagesse et de la vérité nous est nécessaire, et dans quel excès d'erreur l'ignorance et l'aveuglement peuvent nous conduire. Il vous est facile de juger qu'étant montée, quoique innocemment, au plus haut degré de l'orgueil, nous ne pouvions vous recevoir dans notre temple. Vous apprendrez bientôt les mystères que renferme l'épreuve par laquelle vous venez de passer. Contentezvous, à présent, de vous soumettre à l'humilité qu'on doit pratiquer pour entrer dans le sanctuaire de la vertu.
La récipiendaire. — Oui, Grande Maîtresse.
La Grande Maîtresse, s'adressant au Maître des Cérémonies. — Vous, mon Frère, enseignez à la Sœur avec quel respect elle doit venir à l'autel pour y prêter son obligation.
Le Maître des Cérémonies invite l'aspirante à ôter ses souliers, et, quand elle a obéi, il lui fait faire, pieds
nus, cinq pas sur le Tableau de la Loge, de droite à gauche et de gauche à droite, alternativement, de telle façon qu'au cinquième pas elle se trouve au bas de l'estrade. Il lui en fait gravir les degrés. Là, agenouillée, devant l'autel, la main droite posée sur le Livre de la Sagesse, de Salomon, elle prononce son serment de Maîtresse, que lui dicte le Vénérable. — Remarque: en Loge de Maîtresse Maçonne, le Vénérable porte le titre de Très Respectable Grand Maître.
Serment de la Maîtresse. — En présence du Grand Architecte de l'Univers, qui est Dieu, et devant cette auguste assemblée, je jure, sur cet autel respectable, par les sacrifices de Noé et d'Abraham et par l'échelle de Jacob, de ne jamais révéler aucun des secrets des Maçons et de ne rien expliquer aux Gompagnonnes de ce qu'on m'apprendra sur les mystères de la Maîtrise, et je renouvelle la promesse, que j'ai faite dans mes précédentes obligations, d'aimer, protéger et secourir mes Frères et Sœurs, toutes les fois que j'en trouverai l'occasion. Si jamais j'étais capable de manquer à mes engagements, je consens à encourir la honte, le mépris et l'infamie que tout bon Maçon réserve au parjure ; mais, pour me garantir d'un tel malheur, j'invoque ici le Grand Architecte de l'Univers et je le prie de m'ctre en aide. Ainsi soit-il.
Pendant le serment, le Très Respectable Grand Maître à tenu son épée au-dessus de la tête de la récipiendaire; tous les assistants sont debout et à l'ordre.
La récipiendaire se relève, une fois son obligation prononcée, et on l'autorise à remettre ses souliers.
La Grande Maîtresse. — Très chers Frères et très chères Sœurs, prenez place.
Tout le monde s'assied, sauf la postulante et le Maître des Cérémonies.
La Grande Maîtresse, a. la récipiendaire, — Mu chère
Sœur, le grade auquel vous aspirez n'est dû qu'au travail et à la constance ; je ne puis donc pas encore vous en découvrir les mystères, attendu qu'il vous reste un devoir essentiel à remplir. Y consentez-vous?
La récipiendaire. — Oui, Grande Maîtresse.
La Grande Maîtresse. — C'est bien; je n'en attendais pas moins de votre docilité. On va vous conduire à l'Atelier des Maîtresses, où vous achèverez de nous convaincre, par le zèle et l'ardeur que vous montrerez, que vous méritez l'auguste rang, objet de vos sollicitations.
Le Maître des Cérémonies conduit la récipiendaire dans le petit cabinet où se trouve l'établi de menuisier.
Là, il lui indique l'emploi et le maniement du ciseau et du maillet.
— Je vais me retirer, lui dit-il ; vous prendrez ce ciseau de la main gauche et ce maillet de la main droite; vous frapperez cinq coups, un sur chacun des quatre clous dorés qui sont aux angles de cette pierre (il montre la boîte peinte couleur de pierre), et le cinquième sur le clou du milieu. Vous verrez alors ce que produira votre travail; vous apercevrez le symbole de la morale maçonnique.
Aussitôt dit, il se retire, et la récipiendaire, à la fois obéissante et curieuse, frappe les cinq coups sur la boîte couleur de pierre. Au cinquième coup frappé sur le clou du milieu, le couvercle s'ouvre, et la postulante aperçoit
Qu'aperçoit-elle?
S'il faut en croire les rituels imprimés, vendus dans les librairies maçonniques, «au fond de la boîte est un cœur en bois peint en rouge dans la forme d'un cœur naturel avec ses veines. »
Mais cette explication des manuels imprimés n'existe
que pour dérouter les Profanes, si, par impossible, un exemplaire de ces livres tombait entre leurs mains.
Il ne faut pas perdre de vue les dimensions de la boîte (21 centimètres de long, 9 de large et 9 de haut), qui n'ont aucun rapport avec la forme d'un cœur.
L'objet, renfermé dans la boîte à surprise, portera le nom de « cœur » en langage maçonnique ; mais s'il symbolise l'amour, c'est l'amour brutal et matériel, et non l'affection dans le sens sentimental. Suivant en cela la mode des poètes licencieux du xvjii0 siècle, la Maçonnerie emploie le mot «cœur», qui est un terme honnête, pour désigner un objet honteux, une chose obscène.
Le Maître des Cérémonies, l'oreille collée à la porte de l'Atelier des Maîtresses, attend que la récipiendaire ait frappé les cinq coups ; le cinquième étant frappé, il laisse s'écouler une ou deux minutes, entre ensuite brusquement, referme le couvercle de la boîte mystérieuse et dit à la postulante sans sourciller :
— Ma Sœur, le cœur que votre travail a produit est le symbole de la morale maçonnique ; ce symbole vous enseigne le grand mystère de la nature, objet d'horreur pour les âmes vicieuses, mystère sacré pour la vertu.
Après quoi, il prend la boîte à surprise, d'une main, et, de l'autre main, il entraîne la récipiendaire au milieu de la Loge.
Le Maître des Cérémonies. — Très Respectable Grande Maîtresse, la Sœur a travaillé.
La Grande Maîtresse. — Qu'a produit l'ouvrage?
Le Maître des Cérémonies. — Un cœur qui renferme vertu et silence.
La Grande Maîtresse. — Votre travail, ma très chère Sœur, vient de vous faire comprendre ce que notre respectable institution exige de vous pour v être définitive* ment adoptée: un cœur bon, droit, vertueux, sincère et discret. Voilà cette adoption expliquée par les cinq qua-
lités que vous ne devez jamais perdre du vue; ce but auquel tendent tous nos mystères, nous ne le dissimulons que pour donner plus d'envie aux gens de bien de se joindre à notre société et pour écarter, grâce à nos rigoureux examens, les personnes vicieuses que nous regardons comme seules vraiment profanes. Vous devez sentir maintenant, ma très chère Sœur, que nos secrets ont une trop belle fin pour craindre l'indiscrétion; et, quand même les serments les plus inviolables ne vous obligeraient pas au silence absolu, nous sommes bien persuadés, à présent, que nos mystères seront ineffaçables et immuables dans votre cœur et que c'est là qu'ils demeureront à jamais.
En d'autres termes, cette allocution, entre les lignes de laquelle il faut savoir lire, signifie:
— Ma très chère Sœur, on vient de vous faire voir quelque chose qui vous a clairement fixée sur le but de la Maçonnerie d'Adoption, si, par impossible, vous ne l'aviez pas encore deviné. On ne vous a pas fait cette révélation du premier coup ; car elle eût pu vous heurter, et nos Frères avaient d'abord besoin de savoir à quoi s'en tenir sur votre compte. Nous étudions nos recrues par l'Apprentissage ; la façon dont elles se tirent de l'épreuve du Paradis Terrestre, à leur réception au grade de Compagnonne, nous renseigne exactement sur leur savoir ou leur ignorance; et alors, laissant au second degré les ignorantes tant qu'elles n'arrivent pas à comprendre, nous faisons parvenir à la Maîtrise les femmes intelligentes qui ont compris notre but et savent se mettre au-dessus des préjugés du monde profane. Vous êtes de ces dernières, et, tous ici tant que nous sommes, Frères et Sœurs, nous en avons la certitude. De votre côté, vous êtes aussi sûre de nous que nous sommes sûres de vous ; car vous savez maintenant par quoi nous avons passé. Donc, nous ne redoutons pas votre indis-
crétion, et il est bien certain que vous ne redoutez pas la nôtre. Ce qui nous lie à présent, vous à nous, et nous à vous, est bien plus inviolable qu'un serment; c'est la nature même de nos mystères qui nous oblige, les unes et les autres, à un mutisme absolu. Le monde profane étant loin d'être mûr pour recevoir la lumière maçonnique, les initiés formant dans la société humaine une minorité infime et considérant comme la vraie vertu ce que les non-initiés, imbus de préjugés absurdes, considèrent comme le vice, il est clair que le secret nous est assuré par lui-même et que rien de ce qui se passe dans nos réunions androgynes ne peut transpirer au dehors.
Le Maître des Cérémonies remet à la Grande Maîtresse la boîte à surprise.
La Grande Maîtresse. — Très cher Frère Maître des Cérémonies, veuillez faire monter à la Sœur N.... les cinq degrés de l'échelle mystérieuse.
On couche sur le Tableau de la Loge l'échelle à cinq degrés. Le Maître des Cérémonies conduit la récipiendaire au bas de l'échelle, c'est-à-dire à l'extrémité proche de l'Europe; il lui fait mettre le pied gauche, puis le droit, parallèles, sur le premier échelon, ensuite sur les autres.
Le Maître des Cérémonies, quand la récipiendaire a les deux pieds posés sur le dernier échelon, extrémité proche de l'Asie. — Très Respectable Grande Maîtresse, la Sœur N.... est parvenue au sommet de la félicité.
La Grande Maîtresse, se levant. — Debout, très chers Frères et très chères Sœurs, et à Tordre!
On obéit.
La Grande Maîtresse, à la récipiendaire. — Vous, ma très chère Sœur, veuillez vous approcher.
La récipiendaire monte à l'estrade.
Le Grand Maître, appuyant son glaive sur la tête de la néophyte, tandis que la Grande Maîtresse enlève à
celle-ci le mouchoir qui recouvre ses épaules et sa gorge. — Au nom de la Grande Maîtresse, et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés par cette Respect table Loge, je vous reçois et constitue Maîtresse Maçonne, troisième degré de la Maçonnerie d'Adoption.
En disant cela, il frappe légèrement cinq coups de maillet sur le plat de son épée touchant la tête de la récipiendaire. Après quoi, la Grande Maîtresse replace sur les épaules et la gorge de la néophyte le mouchoir dont elle Ta débarrassée pendant la consécration,
La Grande Maîtresse, tendant obligeamment la main à la néophyte. — Très chère Sœur, en suivant les principes que nous donne la sagesse, nous trouvons que c'est trop peu d'accorder à la vertu l'estime que chacun lai doit.... (Lui enlevant son cordon de Compagnonne, et le remplaçant par le cordon de Maîtresse, auquel pend une petite truelle en or:) C'est pourquoi, je vous décore de ce bijou, comme étant la marque honorable du pur hommage que nous rendons à vos mérites. Cette truelle, parmi nous, est le signe distinctif de la Maîtrise, parce que, en ne raccordant qu'à la vraie vertu, nous en faisons l'emblème de l'âme courageuse et maîtresse d'ellemême Je vais aussi vous communiquer les moyens
de nous reconnaître dans ce haut degré.
Elle lui communique alors les secrets du grade, après l'avoir embrassée à cinq reprises, ainsi que le Grand Maître. Ce baiser en cinq points se donne sur les joues, sur les yeux et sur la bouche (Voir au chapitre X, le « Cantique Maçonnique », sur le Nombre cinq).
Ordre. — On se met à Tordre comme au grade d'Apprentie.
Signe de reconnaissance. — Il se fait en posant le petit doigt de la main droite sur l'œil droit.
Attouchement . — Il se donne en se posant mutuellement et ensemble l'index et le médius de la main droite
sur les deux doigts du Frère ou de la Sœur, en ayant soin de mettre chacun et en même temps le pouce dessus et entre les jointures de ces mêmes doigts, près des ongles.
Batterie et Acclamation. — Comme au grade d'Apprentie.
Mot de Passe. — BABEL.
Mot Sacré. — HAVOTH-JAIR. On l'interprète ainsi : « L'éclatante lumière de la vérité a dessillé mes yeux. »
La Grande Maîtresse, après la communication des secrets du grade. — Allez maintenant, très chère Sœur, rendre aux Sœurs Officières les signes et paroles que je viens de vous donner.
Le Maître des Cérémonies veille, comme dans les autres réceptions, à l'exécution de ces formalités, et la Sœur Inspectrice, après le dernier tuilage, annonce que la nouvelle Maîtresse a rendu exactement les signes et paroles.
La Grande Maîtresse proclame la néophyte définitivement Maîtresse Maçonne et fait applaudir à son heureuse initiation.
La nouvelle Maîtresse, ayant remercié, est placée à la droite du Grand Maître, qui donne la parole au Frère Orateur.
Le discours de l'Orateur est, en grande partie, l'explication, à la mode maçonnique, des épisodes de la Bible dont la représentation figure sur le Tableau de la Loge. Tout cela est interprété à contre-sens et d'une manière impie, mais avec cette habileté diabolique qui est le propre de la secte.
L'Orateur explique encore aux Frères et aux Sœurs qui l'écoutcnt le sens des objets symboliques et des appellations emblématiques de la Franc-Maçonnerie. A raison du caractère particulièrement scabreux de cet
enseignement, la mission de le donner en Loge n'est confiée qu'à un Frère ayant fait ses preuves et possédant la confiance de l'autorité suprême : il s'agit, en effet, pour l'Orateur , de délayer , dans une phraséologie hypocritement vertueuse, une instruction de la dernière obscénité; le discours de l'Orateur, est-il dit dans le rituel du F.*. Guillemain de Saint- Victor, doit être « aussi respectueux qu'instructif. » Etant donné le sujet traité, le Frère Orateur est donc obligé d'accomplir un vrai tour de force. Aussi, lorsqu'une Loge, par un vote peu conforme aux vues du Grand Orient ou du Suprême Conseil, a élu aux fonctions d'Orateur un Frère non pourvu des hauts grades et n'ayant pas, en conséquence, communication des instructions secrètes de l'autorité dogmatique, le discours de la réception au grade de Maîtresse Maçonne roule forcément sur des banalités; et c'est là ce qui explique que tous les Maçons du 3e degré ne connaissent pas, — à leur honneur, je me hâte de le dire, — le sens infâme des symboles et emblèmes de leur Ordre abominable.
Il m'est absolument impossible, je dois le déclarer, de donner en français le texte secret qu'un Orateur hautgradé a mission de paraphraser devant les Frères et les Sœurs, sous prétexte d'adresser une harangue instructive à la nouvelle Maîtresse ; je me vois donc obligé d'interrompre ici mes révélations et de laisser une lacune dans la divulgation des infamies qui caractérisent la réception au 3e degré de la Maçonnerie d'Adoption.
Toutefois, comme il ne faut pas que la secte puisse, par le fait de ma réserve, se prétendre calomniée sous forme de réticences, dire qu'il n'existe aucune instruction secrète inavouable, je publierai — en latin, bien entendu, — à la fin de ce volume, la Clef des Symboles Secrets de la Franc-Maçonnerie , document qui résume ce que l'Eglise de Satan appelle son « Dogme », et j'ac-
compagnerai ce document de la citation complète de ses sources, de façon à en établir la parfaite et indiscutable authenticité. Ainsi présentée, ainsi rendue incompréhensible aux personnes qui n'ont pas déjà fait des études spéciales, cette publication répondra au but que je me suis proposé : démasquer la Maçonnerie jusque dans ses plus honteuses turpitudes, sans faire néanmoins une divulgation de nature à scandaliser les personnes qui doivent rester dans l'ignorance.
Ma tâche est particulièrement ardue, délicate et pénible, on le reconnaîtra. Les abominations maçonniques sont telles que, si l'on ne déchire pas une bonne fois leurs voiles hypocrites, on fait le jeu des sectaires, protégés dans leur secret infâme par le caractère même de son ignominie, et que, si on les révèle, ces abominations, on risque de troubler des âmes innocentes, quelle que soit la prudence dont on se sera prémuni.
Cela dit, je me bornerai à faire connaître ici la partie du discours du Frère Orateur qui a trait à la prétendue explication de certains épisodes bibliques, représentés sur le Tableau de la Loge.
Abraham, se rendant sur la montagne pour sacrifier Isaac, n'est qu'un nigaud, obéissant trop complaisamment au cruel Adonaï ; cette légende prouve la bonne nature du patriarche, mais, au dire de l'Orateur, ce n'est pas le Grand Architecte qui aurait demandé un tel sacrifice à un père.
Noé, aussi, est une bonne nature ; mais il se trompe étrangement en s'imaginant que c'est Adonaï qui a veillé sur l'arche. Adonaï, abhorrant l'espèce humaine, ne demandait qu'à la noyer ; heureusement, le Bon Principe (n'oublions pas que, selon la secte, la divinité est double et qif Adonaï est le Principe du Mail s'est fait le défenseur du genre humain. Du reste, un peu avant le déluge, la femme de Cham avait connu un descendant de
Caïn et elle porte dans ses flancs un fils qui perpétuera la race aimée du Bon Principe. Ce n'est donc pas avec Adonaï que Noé a fait alliance, comme on le donne à entendre. Quant à l'arche, elle a un sens emblématique qui ne peut être indiqué qu'en latin.
L'épisode de la tour de Babel fournit aussi une ample matière à diatribe contre Adonaï ; il est bien le Dieu de la Discorde, lui qui a jeté la division dans l'humanité en créant la confusion des langues. Si nos pères, à cette époque, avaient adoré le Grand Architecte, un tel malheur ne serait pas arrivé ; mais ils étaient dans l'aveuglement et livrés au despotisme de Nemrod, qui personnifie la tyrannie politique.
A propos de Sodome, nouvelle divagation immorale ; si l'Orateur flétrit le crime des Sodomites, ce n'est que pour se lancer à corps perdu dans un éloge du dogme maçonnique de la génération. Multiplions partout et toujours, telle est la thèse ; tout est permis, même hors et contre le mariage, du moment qu'il s'agit de multiplier.
Enfin, Joseph, — qui le croirait? — est un ancêtre de la Franc-Maçonnerie. On sait que la secte prétend tirer ses mystères de ceux de l'ancienne Egypte. Or, Joseph, victime d'une famille chérie d'Adonaï, est devenu un haut personnage égyptien; il a donc été lui-même un adorateur d'Osiris et d'ïsis. Ce n'est pas plus malin que cela.
Nous laissons de côté l'échelle de Jacob. C'est là une simple figure, dont l'explication est donnée par le Catéchisme de Maîtresse.
La récitation du Catéchisme suit le discours de l'Orateur ; elle a lieu entre le Très Respectable Grand Maître et la Très Aimable Sœur Inspectrice.
Le Grand Maître. — Très Aimable Sœur Inspectrice, êtes-vous Apprentie ?
La Sœur Inspectrice. — Je le crois, Très Respectable Grand Maître.
Le Grand Maître. — Etes-vous Compagnonne?
La Sœur Inspectrice. — Donnez-moi une pomme, et vous en jugerez. [On répond aussi : Je connais le fruit défendu.)
Le Grand Maître. — Etes-vous Maîtresse ? La Sœur Inspectrice. — J'ai monté l'échelle mystérieuse.
Le Grand Maître. — Que représentent les deux montants de cette échelle?
La Sœur Inspectrice. — L'amour de Dieu et l'amour du prochain?
Le Grand Maître. — Que représente le premier échelon ?
La Sœur Inspectrice. — La candeur, vertu propre à une belle âme, susceptible de prendre toutes les bonnes intentions des Maçons. (C'est à raison de cette vertu que le premier baiser de Maîtresse, donné sur la joue droite, est appelé « baiser de candeur ».)
Le Grand Maître. — Que représente le second échelon? La Sœur Inspectrice. — La douceur ou clémence, que je pratiquerai envers tous les hommes, surtout à Fégard de mes Frères et Sœurs. (C'est à raison de cette vertu que le second baiser de Maîtresse, donné sur la joue gauche, est appelé « baiser de clémence ».)
Le Grand Maître. — Que représente le troisième échelon ?
La Sœur Inspectrice. — La vérité qui doit être sacrée parmi nous, comme étant un des rayons du Grand Soleil de l'Univers, qui est Dieu. (C'est à raison de cette vertu que le troisième baiser de Maîtresse, donné sur l'œil droit, est appelé « baiser de vérité ».)
Le Grand Maître. — Que représente le quatrième échelon ?
La Sœur Inspectrice. — La tempérance, qui nous apprend à mettre un frein à nos passions, en fuyant tout excès déréglé. (C'est à raison de cette vertu que le quatrième baiser de Maîtresse, donné sur l'œil gauche, est appelé « baiser de tempérance ».)
Le Grand Maître. — Que représente le cinquième échelon ?
La Sœur Inspectrice. — La discrétion, que nous devons observer sur tous les mystères de la Maçonnerie. (C'est à raison de cette vertu que le cinquième baiser de Maîtresse, donné sur la bouche, est appelé « baiser de discrétion ».)
Le Grand Maître. — Y a-t-il d'autres échelons à l'échelle mystérieuse ?
La Sœur Inspectrice. — Oui, Très Respectable Grand Maître ; mais je ne les connais pas.
Le Grand Maître. — A qui est-il réservé de les connaître ?
La Sœur Inspectrice. — A tous bons Maçons et Maçonnes qui, sachant monter le premier échelon, auront mis leurs vertus en pratique pour parvenir à la perfection.
Le Grand Maître. — Où est posée la base de cette échelle ?
La Sœur Inspectrice. — Sur la terre, marchepied du Seigneur.
Le Grand Maître. — - Où atteint le sommet?
La Sœur Inspectrice. — Au trône du créateur, séjour de la félicité.
Le Grand Maître. — Comment les Frères et Sœurs parviennent-ils à la perfection et en même temps à la félicité ?
La Sœur Inspectice. — En unissant leurs vertus.
Le Grand Maître. — Quel est le premier Maçon qui connut Féchelle mystérieuse ?
La Sœur Inspectrice. — Le patriarche Jacob, dans un songe merveilleux.
Le Grand Maître. — Que représente le sommeil de Jacob ?
La Sœur Inspectrice. — La paix et la tranquillité qui doivent régner en Loge.
Le Grand Maître. — Qui vous a fait Maîtresse Maçonne ?
. La Sœur Inspectrice. — L'humilité, le travail et la discrétion.
Le Grand Maître. — Comment avez-vous été humiliée ?
La Sœur Inspectrice. — En subissant l'épreuve de la confusion : conduite par mon aveuglement au sommet de la tour de Babel, j'en fus précipitée.
Le Grand Maître. — Où avez-vous travaillé ?
La Sœur Inspectrice. — Dans l'Atelier des Maîtresses.
Le Grand Maître. — Comment avez-vous travaillé ?
La Sœur Inspectrice. — Avec zèle et en gardant le silence.
Le Grand Maître. — Qu'a produit votre travail ?
La Sœur Inspectrice.— Un cœur vertueux et discret.
Le Grand Maître. — Quelle a été votre récompense ?
La Sœur Inspectrice. — La truelle de l'Ordre.
Le Grand Maître. — A quoi vous sert-elle ?
La Sœur Inspectrice. — A fixer la sagesse dans mon cœur.
Le Grand Maître. — Oli avez-vous été reçue Maîtresse ?
La Sœur Inspectrice. — Auprès du sacrifice de Noé.
Le Grand Maître. — Que représente le Tableau de la Loge ?
La Sœur Inspectrice. — L'arc-en-ciel, le sacrifice de Noé, celui d'Abraham, l'arche de Noé sur le mont Ararat en Arménie, la tour de Babel, l'échelle mystérieuse
de Jacob, l'embrasement de Sodome, Joseph dans la citerne, ayant au-dessus de lui le soleil, la lune et onze étoiles, et enfin les quatre parties du monde.
Le Grand Maître. — Que signifie l'arc-en-ciel ?
La Sœur Inspectrice. — L'harmonie des sentiments d'amour fraternel qui unissent les Maçons et les Maçonnes, symbolisée par l'éclatant mélange de couleurs qui forme l'arc-en-ciel.
Le Grand Maître. — Que signifie le sacrifice de Noé?
La Sœur Inspectrice. — Le sacrifice étant une marque de reconnaissance et de gratitude, celui de Noé nous apprend qu'un vrai Maçon doit profiter de l'expérience qu'il tire des dangers courus et remercier le Grand Architecte d'avoir préservé ses jours.
Le Grand Maître. — Que signifie le sacrifice d'Abraham ?
La Sœur Inspectrice. — Obéissance et résignation.
Le Grand Maître. — Que représente l'arche arrêtée sur le mont Ararat?
La Sœur Inspectrice. — Le salut de ceux qui pratiquent la vertu.
Le Grand Maître. — Qui fut le fondateur de l'arche?
La Sœur Inspectrice. — Noé, procréateur du genre humain.
Le Grand Maître. — Pourquoi la fit-il?
La Sœur Inspectrice. — Pour préserver de la destruc- , tion totale l'humanité engloutie et noyée dans les eaux du déluge.
Le Grand Maître.— Combien mit-il de temps pour la construire ?
La Sœur Inspectrice. -— Cent ans.
Le Grand Maître. — De quel bois était-elle ?
La Sœur Inspectrice. — De cèdre.
Le Grand Maître. — Combien avait-elle d'étages?
La Sœur Inspectrice. — Trois.
Le Grand Maître. — Comment était-elle éclairée?
La Sœur Inspectrice. — Par une seule fenêtre ménagée dans le comble, pour nous enseigner que toutes les actions des Maçons doivent être éclairées par la raison seule.
Le Grand Maître. — Quelle longueur avait-elle?
La Sœur Inspectrice. — Trois cents coudées.
Le Grand Maître. — De quoi fut-elle enduite?
La Sœur Inspectrice. — De bitume en dehors et de ciment en dedans.
Le Grand Maître. — Que signifie le bitume ?
La Sœur Inspectrice. — Le bitume, mis au dehors de l'arche pour lui permettre de résister aux eaux soulevées contre l'humanité, symbolise le don que le genre humain a reçu de la Nature pour se perpétuer.
Le Grand Maître. — Que signifie le ciment?
La Sœur Inspectrice. — Il est l'emblème de l'union affermie par l'amitié.
Le GrandMaître. — Sur quelle montagne s'arrêta l'arche après le déluge ?
La Sœur Inspectrice. — Sur le mont Ararat, en Arménie ; ce qui montre que les Maçons doivent chercher des lieux à l'abri des Profanes.
Le Grand Maître. — Quel oiseau sortit le premier de l'arche?
La Sœur Inspectrice. — Le corbeau qui ne revint point, et qui est le symbole des faux-frères.
Le Grand Maître. — Quel oiseau sortit le second ?
La Sœur Inspectrice. — La colombe, qui rapporta à son bec une branche d'olivier, et qui est le svmbole des bonnes Maçonnes, avides de venir en Loge et d'y apporter le charme, la soumission et la paix.
Le Grand Maître. — Puisque vous parlez de l'arche. au moins la connaissez-vous ?
La Sœur Inspectrice. — Oui, je suis Maçonne, je travaille dans l'arche, j'en connais les propriétés, et je viens en Loge pour apprendre à pratiquer la vertu.
Le Grand Maître. — Que signifie la tour de Babel ?
La Sœur Inspectrice. — L'orgueil et la faiblesse des enfants de la terre, dont on ne peut se garantir qu'en leur opposant un cœur discret, apanage des vrais Maçons.
Le Grand Maître. — Qui forma le projet d'élever cette tour ?
La Sœur Inspectrice. — Le cruel Nemrod, père et tyran des hommes.
Le Grand Maître. — Sur quelle base cette tour fut-elle construite ?
La Sœur Inspectrice. — Sur la folie.
Le Grand Maître, — Quelles en furent les pierres ?
La Sœur Inspectrice. — Les passions déréglées des hommes.
Le Grand Maître. — Quel en fut le ciment?
La Sœur Inspectrice. — Le poison de la discorde.
Le Grand Maître. — Que nous apprend sa destruction ?
La Sœur Inspectrice. — Que, sans l'union, l'harmonie de la société ne peut subsister.
Le Grand Maître. — Que représente Jacob endormi au pied de l'échelle qui conduit au séjour de la fé* licite ?
La Sœur Inspectrice.— La paix et la tranquillité que goûte une âme vertueuse.
Le Grand Maître. — Que nous enseigne l'embrasement de Sodome ?
La Sœur Inspectrice. — Que nous devons avoir en horreur le crime qui attira à cette ville son châtiment. Les deux terrines enflammées sont l'effrayante image de cette punition. ^- .
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Le Grand Maître. — Que signifie la femme de Loth changée en statue de sel ?
La Sœur Inspectrice. — Que notre curiosité ne doit pas chercher à pénétrer ce qui nous est tenu caché.
Le Grand Maître. — Pourquoi, dans le Tableau de Maîtresse, rappelle-t-on l'épisode biblique de Joseph trahi par ses Frères ?
La Sœur Inspectrice. — Pour^ nous enseigner que l'on peut être trahi par ceux qui vous touchent de plus près. La représentation de cet épisode, telle qu'elle figure sur le Tableau de la Loge nous enseigne aussi que, si la vertu est parfois trahie, elle ne tarde pas à triompher avec éclat; les onze étoiles, placées au-dessus de la citerne, rappellent les onze frères de Joseph, qui, voulant se défaire de lui, ne réussirent qu'à lui procurer son bonheur et son élévation; le soleil et la lune symbolisent la gloire de la vertu récompensée par le Grand Architecte de l'Univers.
Le Grand Maître. — De toutes les clartés que dispensent ces astres, laquelle préférez-vous ?
La Sœur Inspectrice. — La lumière morale et philosophique, qui survit à toutes les autres dans les cœurs purs et chez les nations éclairées.
Le Grand Maître. — Que représentent les quatre parties du monde?
La Sœur Inspectrice. — Que nous devons secourir nos Frères et Sœurs dans quelque endroit qu'ils soient.
Le Grand Maître. — Que faut-il pour rétablir entre votre sexe et le nôtre les droits respectifs et sacrés de la société ?
La Sœur Inspectrice. — L'équité et l'indulgence.
Le Grand Maître. — Pourquoi l'équité?
La Sœur Inspectrice. — Parce qu'elle est la base de la société humaine et la loi naturelle qui nous dit: a Fais
à autrui ce que tu voudrais qu'il te fît ; ne fais à pei> sonne que ce que tu veux qu'il te soit fait. »
Le Grand Maître. — Pourquoi l'indulgence?
La Sœur Inspectrice. — Parce que la perfection morale à laquelle nous travaillons, ne pouvant jamais être complète, l'indulgence est indispensable pour se pardonner mutuellement quelques faiblesses inséparables de l'humanité.
Le Grand Maître. — Quel est le signe de Maîtresse Maçonne ?
La Sœur Inspectrice. — Le voici. (Elle le fait.)
Le Grand Maître. — Que signifie-t-il ?
La Sœur Inspectrice. — Il signifie que tout ce qui frappe nos yeux doit nous faire admirer la grandeur du Grand Architecte de l'Univers.
Le Grand Maître. — Veuillez donner l'attouchement au Vénérable Frère Inspecteur (Premier Surveillant).
La Sœur Inspectrice donne l'attouchement au Frère Inspecteur, qui est auprès d'elle.
Le Grand Maître. — Mon Frère, l'attouchement est-il juste ?
Le Premier Surveillant. — Oui, Très Respectable Grand Maître.
Le Grand Maître. — Très Aimable Sœur Inspectrice, donnez-moi le Mot de Passe.
La Sœur Inspectrice, — Babel.
Le Grand Maître. — Donnez-moi le Mot Sacré.
La Sœur Inspectrice. — Havoth-Jaïr.
Le Grand Maître. — Quel est le sens de ce mot ?
La Sœur Inspectrice. — L'éclatante lumière de la vérité a dessillé mes yeux.
Le Grand Maître. — Quels sont les devoirs des Maçons et des Maçonnes ?
La Sœur Inspectrice. — De s'aimer mutuellement, de se protéger et secourir les uns les autres.
Le Grand Maître. — Aimons-nous mutuellement, protégeons-nous et secourons-nous les uns les autres, suivant nos promesses.
La séance se ferme avec le même cérémonial qu^ux grades précédents, — et les Frères et Sœurs vont mettre en pratique leurs vertus dans les cabinets particuliers des restaurants voisins de la Loge.