PERDRIX
Les chasseurs lui font une guerre acharnée, parce que sa chair est exquise, aussi emploiet-elle une foule de moyens pour leur échapper. Tantôt elle se couche sur le dos, après avoir pris entre ses pattes une motte de terre qui la cache aux yeux les plus clairvoyants. Tantôt son amour pour ses petits lui inspire l'idée de se sauver en boitant comme si elle avait été blessée : au péril de sa vie, elle entraîne ainsi l'oiseleur loin du nid où repose sa couvée.
C'est une voleuse d'œufs, elle ajoute aux siens tous ceux qu'elle peut dérober. Mais cela ne lui profite guère, car les petits une fois éclos savent bien reconnaître leurs vrais parents, et ils abandonnent la fausse mère pour la véritable :
Gelé lessent qui les norri,
A leur dreite mère s'en vienent.
La faulse mère remaint sole ^
Si un danger menace ses petits, la perdrix dé*
1 Demeure seule.
LES ANIMAUX. n5
ploie « de l'adresse et du courage pour en éloigner leurs ennemis. » (Milne-Edwards.)