‹ Les soins de toilette: le savoir-vivreChapitre 112 sur 168 · BASILIC · texte numérisé non relu

BASILIC

C'est le roi des serpents, dit Hugues de Saint-Victor. En signe de souveraineté , il porte une couronne autour de la crête blanche qui surmonte sa tête. D'où son nom de Bacye- Xi'axoç, petit roi^. Il a neuf pieds de long, et il est si rempli de venin que son corps « en reluit. » Les serpents même le fuient. « Toutes choses vives meurent quand elles le voyent. » Il corrompt l'air partout où il passe ; il envenime les végétaux d'un fluide subtil et lumineux; l'odeur des arbres qu'il a regardés va tuer les oiseaux dans les airs. Un seul animal le fait trembler, la petite belette à ventre blanc. Encore est-elle empoisonnée par l'abominable odeur de son ennemi, si avant de l'attaquer elle n'a eu soin de manger beaucoup de rue.

Alexandre le Grand, conquérant des Indes, voulut contempler de près un basilic. Il dut faire construire de vastes cloches de verre, d'où le glorieux soldat pouvait voir le terrible

' Ducan{»e donne aussi regulus et sibilus.

reptile et lui décocher des flèches, sans être atteint par son venin. Ceci, bien que difficile à expliquer, n'en est pas moins vrai. Barthélémy l'Anglais et Brunetto Latini l'affirment. Albert de BoUstadt paraît sur ce point un peu sceptique; il n'admet même pas que le basilic naisse d'un œuf de coq ou d'ibis, fait avancé par quelques savants zoologistes de l'antiquité.

Le basilic a bien dégénéré. C'est aujourd'hui un honnête saurien, qui se nourrit de graines et d'insectes. De sa royauté passée, il a conservé seulement sur la tête une crête épineuse en forme de couronne.

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