TIGRE
Le tigre est une « beste très esveillée et forte merveilleusement. » Elle bondit avec la rapidité d'une flèche, « comme une saiette. » Son pelage est « tachié de taches noires. »
Il est très difficile de le capturer. Le chasseur qui le guette attend l'occasion , profite d'une absence et s'empare de ses petits. Le tigre revenu s'élance à la poursuite des ravisseurs, mais ceux-ci jettent en fuyant des miroirs sur la route. L'animal s'y arrête, contemple son image « la semblance de son corps, » croit y reconnaître ses petits, tourne autour de l'objet pour les saisir, et laisse ainsi à son ennemi le temps de fuir avec eux.
Au dire de Pline *, le premier tigre vivant que l'Europe ait vu fut donné en spectacle au peuple romain par Auguste, à l'occasion de la dédicace du théâtre de Marcellus, l'an 11 avant Jésus-Christ.
TRAGÉLAPHE.
Le tragélaphe * tient du bouc et du cerf. Il a de grandes oreilles velues, des cornes tortillées et une longue barbe au menton. Sa taille est celle du cerf.
On trouve dans Selon * un portrait du tragélaphe qui diffère un peu de cette description et s'appliquerait assez bien au mouflon :
Au bouc estain * est semblable en pelage Cest animal : de cornes au bélier.
Quant au museau, au front et au collier A un mouton ressemble et de corsage.
Buffon reconnaît, dans l'hippélaphe d'Aristote et le tragélaphe, l'axis, variété du cerf, qui est dite aussi biche de Sardaigne. Daubenton le nomme bœuf des Ardennes. Cuvier y vit d'abord le mouflon d'Afrique, puis un cerf du Bengale, à qui il donna le nom de cervus Arîstotelis.
^ Lib. VIII, cap. 25.
' TragelaphuSy hircocervvSy etc.
' Portraits d'oyseaux, etc., édit. de 1557, p. 104
* Au bouquetin.