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CORBEAU

Le corbeau {corvuSj corbel, corbiau, etc.) est un voleur : il « est plein de larrecin et de tricherie, car il emble tout ce qu'il trouve, et le muce* tellement qu'on ne le peult retrouver, et par espécial l'or et l'argent. »

Ses petits naissent presque blancs, et les parents ne s'occupent d'eux que quand ils tournent au noir ; jusque-là, ils sont nourris

' Le cache.

de la rosée du ciel. Mais ils n'oublient et ne pardonnent cette indifférence, et pour s'en venger, ils dévorent leurs parents dès que ceux-ci, affaiblis par la vieillesse, ne peuvent plus se défendre.

Le corbeau est ami du renard. Il déteste Tâne, qu'il s'efforce d'aveugler à coups de bec. Il recherche toutes choses sales et venimeuses.

C'est l'oiseau qui ne revint pas à l'arche de Noé, « ou parce que il trova grans charoignes, ou parce que il mourut es aiguës parfondes * . »

On prétend que la rencontre du corbeau constitue un mauvais présage, mais c'est là un préjugé que Mandeville ne partageait pas.

Il écrit : ^ On dist d'ung corbeau que c'est maulvaise encontre, c'est folie de croire en telles choses. «

Ce vilain animal au sombre costume est l'image du méchant, qui se couvre pour son malheur des plumes noires du péché. Suivant Hugues de Fouilloy, le croassement du corbeau, ses cris cras, cras^ demain, demain!

menacent le pécheur qui, pour faire pénitence, remet toujours au lendemain : «... non

1 En eaux profondes*

quœris dilâtionem in voce corvina, cras, cras ingeminente , sed contritionem in gemitu columbino. »

Les larcins du corbeau ne sont pas du tout imaginaires. Il est très vrai aussi qu'il sent les cadavres d'une lieue. Ses petits ne naissent pas noirs, « mais couverts d'un duvet gris-blanc. » (Daubenton.)

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