‹ Les soins de toilette: le savoir-vivreChapitre 81 sur 168 · COQ · texte numérisé non relu

COQ

Le coq vit avec l'homme, « et par sa voix monstre les eures du jour et de la nuict. » Son chant est haut et fier le soir, plus doux et plus clair au matin, aussi est-ce le chante-çler du Roman de renard. Avant de chanter, il bat des ailes trois fois. Le coq est donc l'image du bon pasteur qui veille sur Içs fidèles, qui leur prêche l'activité et la vigilance *.

Le coq est une bête courageuse, toujours prête à combattre pour ses poules, auxquelles il témoigne une grande affection. « Quand il trouve à manger, il les appelle par sa voix et

' C'est de là qu'est venue la coutume de placer un coq au sommet des clochers.

se substraict de manger pour leur donner.

Quand il a trouvé grain, il appelle ses gélines. Au soir, il met la plus grasse, grosse et tendre plus près de soy coucher, et celle qu'il ayme le mieulx. »

Devenu vieux, il pond des œufs petits el ronds, et si le hasard veut qu'ils soient couvés par une bête venimeuse, il en naît des basilics. Ceci est affirmé par Barthélémy l'Anglais, mais Albert de Bollstadt n'y croit guère, « ego non puto esse verum, » écrit-il.

Un beau coq, dit Grescenzi, doit être grand, large de poitrine, avoir la voix forte, la crête rouge, le bec court et pointu, les yeux noirs et hardis, les cuisses courtes et velues, les ongles longs, le col doré et de couleurs variées.

La geline a de ses poussins un soin extrême, «c Elle les nourrit souz ses aesles et les deffend contre l'escouffle ' . Elle est malade de la douleur qu'elle a d'eulx. Elle paist mieulx ses poulcins que* soy, et quand elle trouve à manger, elle les appelle et les assemble. Pour les deffendre, elle s'oppose à plus fort que soy, et assault bien un homme pour les gar-

^ Le milan.

der. » Si Ton veut avoir de beaux poussins, il faut confier à la géline des œufs par nombre impair, et Tincubation doit commencer du neuvième au quinzième jour de la lune.

La chair de la poule est plus tendre que celle du coq, et pourtant, Tor fond au contact de ses membres, « ita quod membra gallinae venenum auri videantur. »

Tous les voyageurs s'accordent à dire qu'en Chine les poules sont grandes comme nos oies et que les coqs atteignent la taille de l'autruche. Mandeville, Odoric et Marco Polo affirment aussi qu'en ce pays les gélines n'ont pas de plumes, « mais ont laine comme moutons. »

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