‹ Les soirées d'Aix-les-BainsChapitre 102 sur 131 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

marie, entre pensive , une lettre à la main. Cette lettre! elle me brûle! aurais-je du la recevoir? N'est-ce pas outrager mon mari que de m'arrêtera ces sou-

r/x LES SUITES D'UN MÉNAGE DE GARÇON

venirs d'un passé si loin déjà, mais si charmant encore! Oh ! non, ce n'est pas une faute que de contempler une dernière fois les ruines du bonheur détruit et perdu pour jamais! C'est un regret, ce n'est déjà plus un désir! Le devoir a pris la place des rêves de ma jeunesse; mais que veut Jules?... me reprocher sans doute son amour oublié, ma main donnée à un autre.... qui sait? réclamer peut-être

d'anciens droits sur mon cœur? Oh! il est noble,

généreux; il comprendra ma position, et loin de cherchera me faire oublier mon époux.... Pourtant, si tel était son projet, il faudrait bien qu'il y renonçât ; il faut qu'il sache que tous ses efforts seront infructueux; ma résolution est inébranlable, il faut qu'il en soit averti. Qu'il renonce à des projets coupables, à de folles espérances, et nous pourrons nous revoir comme de vieux amis... mais, écrire? c'est toujours une imprudence! non! non! point de démarche inconsidérée. Il faut que je lui parle : quelques paroles suffiront pour faire envoler ses chimères; oui, c'est cela, qu'il vienne, et tout sera fini.

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