‹ Les soirées d'Aix-les-BainsChapitre 3 sur 131 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

— Oh ! pour livrer aux nuits ma chanson enflammée, Je veux le chaud printemps et le ciel radieux, Il faut que le zéphir, sous la branche embaumée, Caresse comme un luth mon sein mélodieux;

Quand je donne un concert, je Yeux

Que la nature soit en fête ; Je veux que mes soupirs se mêlent avec ceux Qu'échangent les amants dans leur doux tête-à-tête. L'hiver me glace, et des bocages morts

La dernière feuille qui tombe

Emporte mes derniers accords ;

Je ne chante pas pour la tombe.

— Eh bien , reprit alors le grillon, laissez-moi Chanter pendant l'hiver, au milieu des familles. A moi l'âtre, à vous les charmilles, Chacun de nous suivra sa loi :

Le laboureur et sa femme et ses filles, L'aïeule et le petit garçon Avec plaisir écoutent ma chanson.

Ma voix stridente n'a qu'un son, Et ne peut déployer ni roulades, ni trilles ; Mais je fais souvenir des blés et des faucilles ; En m'écoutant chanter, on rêve la moisson.

C'est ainsi que parla le grillon; moi de même, Je vous dirai : Rêvez, sans trop nous regarder, Sans trop nous écouter. Ce spectacle est un thème Que votre fantaisie h son gré peut broder.

Semez sur lui les pierreries,

Les dentelles et les féeries,

Les fleurs et les étoiles d'or

Dont l'inépuisable trésor

Est au fond de vos rêveries,

Imaginez un splendide décor, Deux, trois, quatre, s'il faut; créez des eaux, des marbres, Des tapis de gazon, des jardins et des arbres,

Des palais, et que sais-je encor?

Rêvez que nos faussets ont des accents de cygne ;

Imaginez dans notre toux

Une douceur suave et digne D'être égalée aux accents les plus doux.

PR0L0G1 i.

• aise,

; Kêver qu'on est heur

• de trouver une chaise!

Si vous n'en trouvez point, si la place est mauvaise Si vous êtes debout aux environs «lu seuil, Tant de gens rêvent un fauteuil, Qu'on peut Lien rêver mu- i

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