‹ Les soirées d'Aix-les-BainsChapitre 40 sur 131 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

CORINNE {assise, à droite du spectateur , sur un sofa), LE PRINCE, CORINNE.

Bonjour, prince!

le prince [hri baisant la main).

Voyez! au rendez- vous fidèle !

CORINNE

Du dévouement, ami, vous êtes le modèle.

le prince.

Votre billet pressait. Sans lui, c'est très-certain, Je ne me serais pas éveillé si matin .

CORINNE

Il est dix heures!

136 CORINNE

LE PRINCE

Non. Dix heures et demie.

Paresseux !

LE PRINCE

Vous roulez réemployer, chère amie?

Mes moments, vous savez, je vous les offre tous.

CORINNE

Quelle nuit j'ai passée ! Ah ! prince ! . . .

LE PRINCE

Souffrez-vous Davantage?

CORINNE

Oh! cela ne serait rien encore!

Je souffre, et ce n'est pas mon mal qui me dévore : Un grand événement nous arrive aujourd'hui; Il est ici.

LE PRINCE

Qui donc ?

CORINNE

Vous ne savez rien?. . . Lui!

LE TRINCE.

Qui, lui?

CORINNE

Mauvais ami, faut-il qu on vous le nomme? Qswald .... Il est chez moi . . .

LE 1MUNCE.

Lord Nelwil !

COEINNE.

En personne

LE PRINCE

C'est impossible ! Il vient insulter au malheur. . . Ou le remords . . .

CORINNE

Eh bien ! vous changez de couleur. . .

LE PRINCE

Ce n'est rien. . . ce n'est rien, non ! mais cette nouvelle.. \

Me l'annoncer ainsi! Que vous êtes cruelle!

Quand on ne s'attend pas . . . Moi qui vous aime tant !

CORINNE

Pardon, ami.

LE PRINCE

Je sais, hélas! ce qui m'attend ; Comme à tous nos seigneurs les princes de Florence, Dès longtemps vous m'avez fermé toute espérance". . . Mais on est ainsi fait ; nature suit son cours : Bien que l'on désespère, on espère toujours. — Depuis cinq ans déjà qu'il quitta l'Italie, Je ne le connais plus, cet homme, je l'oublie; C'est le rival sans corps d'un beau rêve entrevu, Et son retour jamais je ne l'avais prévu, Moi ! . . . Ne venez donc point, par un trait de malice, Souffler, charmant lutin, sur mon frêle édifice !

CORINNE

Je ne ris pas, vous dis-je.

LE PRINCE

Il est veuf ! . . . ô bonheur !

138 CORINNE

CORINNE

Non ! Il est arrivé, mais avec sa... ma sœur.

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