‹ Les soirées d'Aix-les-BainsChapitre 55 sur 131 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

Vous connaissez la terre où les myrtes fleurissent, Et qu'un ardent soleil réchauffe avec amour. Où l'on entend, le soir, sous les cieux qui pâlissent, L'oiseau mystérieux, dont les chants retentissent Jusqu'aux premiers rayons du jour.

Italie! Italie! ô terre si féconde, Empire du soleil, du génie et des fleurs, Berceau sacré de Fart, reine antique du monde, Je te salue, ô toi, dont la chute profonde A dépassé tous les malheurs !

Rome sur l'univers imprima son génie, Et régna par le glaive et par la liberté ; Mais, quand le Hun vainqueur détrôna l'Italie, Le monde tout à coup, — catastrophe impunie, — Fut plongé dans l'obscurité...

Mais le jour s'est levé d'une gloire immortelle, Moisson que fit germer tant de sang répandu, Car elle resplendit et plus noble et plus belle ! L'imagination lui rend, Sion nouvelle, L'univers qu'elle avait perdu.

176 CORINNE

Les plus beaux dons du ciel, l'art et la poésie, Lui firent un royaume envié par les rois. En vain ses souverains poursuivent l'hérésie, Elle s'endort, cherchant, riche de fantaisie, Du beau les immuables lois.

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