HERMANN. - MARGUERITE
MARGUERITE
Que désirez-vous de moi, mon père ?
HERMANN
Ecoute, j'ai été violent tout à l'heure... Je t'en ai demandé pardon, et me voilà redevenu l'homme tranquille et modeste que tu connais. Mais cependant cette scène d'aujourd'hui n'aura pas été inutile... Il faut être franche avec ton père... me le promets-tu?
MARGUERITE
Je vous le promets, mon père.
HERMANN
Tu n'es plus une enfant, et j'ai dû être surpris de t'entendre refuser le comte Siaismond.
MARGUERITE
Mon père ! . . .
HERMANN
Laisse-moi parler! J'ai du penser que, situ refusais un parti si brillant, c'est que probablement tu avais disposé de ton cœur en faveur de quelque autre.
MARGUERITE
Mon père! qui peut vous faire supposer?...
HERMANN
Je ne suis pasaveugle... Et puis je dois être franc aussi... moi... Eh bien ! j'ai presque promis ta main.
marguerite (avec éclat).
Vous avez promis ma main?
HERMANN
Oui... et, ma foi... comme le pauvre garçon qui t'aime n'est pas très-hardi auprès des femmes, j'avais résolu de te faire part de ses intentions et des miennes, et de te demander ton avis?
MARGUERITE
Je ne me marierai jamais.
HERMANN
Allons bon! autre chanson!.,. Tu ne te marieras jamais!... Mais c'est à devenir fou ! . . . Moi qui croyais deviner pourquoi tu refusais le comte.
MARGUERITE
Mais que pensiez- vous donc enfin ?
HERMANN, Je croyais que l'habitude de vivre ensemble avait pu
faire naître dans ton cœur un tendre sentiment pour mon apprenti Frantz.
MARGUERITE
Lui!,.. Oh! jamais... Je le déteste... Est-ce qu'il aurait eu l'audace?...
HERMANN
Oh! le pauvre garçon n'est guère audacieux; mais voyons : que comptes-tu faire?... Tu ne peux pas rester fille toute ta vie.
MARGUERITE
Eh! mon père, laissez-moi vivre seule... Près de vous je suis contente... Je n'ai rien à désirer... Vous êtes donc bien pressé de perdre votre enfant?
HERMANN
Que dis-tu là?... Moite perdre! Jamais, au grand jamais, mon enfant... Ne pleure pas... Marie-toi... ou ne. te marie pas... Tu es libre... Tu es ta maîtresse,.. Fais ce que tu voudras; moi je serai toujours ton père.