MATRI DEUM ET ATTIDI SEXTUS AGES1LAUS ^EDISIUS
TAUROBOLIO
CRIOBOLIOQUE IH STERNUM
RENATUS ARAM SACRAVIT.
( Ant. f^an Dale , Dissert, de orac. ethnicorum. Amst. , i683-, in-8.°, p. 225. )
Rien n'est plus frappant dans toute la loi de Moïse que l'affectation constante de contredire les cérémonies païennes , et de séparer le peuple hébreu de tous les autres par des rites particuliers ; mais sur l'article des sacrifices il abandonne son système général; il se conforme au rite fondamental des nations ; et non-seulement il s'y conforme , mais il le renforce au risque de donner au caractère national une dureté dont il n'avait nul besoin. Il n'y a pas une des cérémonies prescrites par ce fameux législateur , et surtout il n'y a pas une purification , même physique , qui n'exige du sang.
La racine d'une croyance aussi extraordinaire et aussi générale doit être bien profonde. Si elle n'avait rien de réel ni de mystérieux , pourquoi Dieu lui-même l'aurait-il conservée dans la loi mosaïque ? où les anciens auraientils pris cette idée d'une renaissance spirituelle par le sang ? et pourquoi aurait-on choisi , toujours et partout , pour honorer la Divinité , pour obtenir ses faveurs , pour détourner sa colère , une cérémonie que la raison n'indique nullement, et que le sentiment repousse? 11 faut nécessairement recourir à quelque cause secrète , et cette cause était bien puissante.