DU DEUXIÈME ENTRETIEN
celle puissance de l'ame où réside le mal , et sans remettre tn liberté celle qui est le séjour et l'organe de la vertu.)
Toutes ces idées se rencontrent en effet dans lo Phèdre de Platon. jOpp., loin. X, /;. 286 et 3U.) Ce dialogue singulier ressemble beaucoup à l'homme. Les vérités les plus respectables y sont fort mal accompagnées ; et Typhon s'y montre trop àcôlé à'Osiris,
(Page 87. Tout le genre humain vient d'un couple. On a nié cette vérité comme toutes les autres. Eh ! qu'est-ce que cela fzîl?)
Newton , qui peut être appelé à juste titre , pour me servir d'une expression du Dante , mastro di color ciie sanxo , a décidé qu'il n'est pas permis en philosophie d'admettro le plus lorsque le moins suffit à l'explication des phénomènes, et qu'ainsi un couple suffisant pour expliquer la population de l'univers, on n'a pas droit d'en supposer plusieurs. Linnée , qui n'a point d'égaux dans la science qu'il a cultivée, regarde de même comme un axiome : que tout être vivant ayant un sexe , vient d'un couple créé de Dieu dans l'origine des choses; et le chevalier W. Jones, qui avait tant médité sur les langues et sur le différentes familles humaines, déclare embrasser celte doctrine sans balancer. (Asint. Research, in-4», tom.III,j>a<7e 480.) Voltaire, fondé sur sa misérable raison de la diversité des espèces, a soutenu chaudement l'opinion contraire , et il serait excusable ( n'était la mauvaise intention) „ vu qu'il parlait de ce qu'il n'entendait pas. Mais que dire d'un physiologiste cilé plus haut (p. Cl-, note VI), lequel, après avoir reconnu expressément la toute-puissance du principe intérieur, dans l'économie animale , et son action altérante lorsqu'il esllui-mêmo vicié de quelque manière , n'adople pas moins le raisonnement grossier de Voltaire, et s'appuio de la stature d'un Patagon, de la laine d'un Nègre , du nez d'un Cosaque , etc. , pour nous dire gravement que, suivant l'opinion la plus vraisemblable , la nature (qu'estce donc que cette femme?) a été déterminée par des lois primordiales dont les causes sont inconnues , A ckékr diverses races d'hommes.
Voilà comment un homme, d'ailleurs très habile, peut se trouver enfin conduit par le fanatisme anti-mosaïque de son siècle à ignorer ce «ju'il Bail et à nier ce qu'il affirme.
1G0 KOTES
fi.
(Page 89. Ecoutez la sage antiquité sur le compte des premiers hommes : elle vous dira que ce furent des hommes merveilleux, et que des êtres d'un ordre supérieur daignaient les favoriser des plu» précieuses communications.)
Antiquitas proximè accedii ad deos (Cicero, de Leg. II, 11 .) Non tamen negaverim fuisse primos homines alli spiritûs viros, et, ut ita dicam , a dus récentes : neque enim dubium est quin meliora mundus nondum effalus ediderit. (Sen. Epist. XC.) Origène disait très-sensément à Celse : «Le monde ayant été créé par la Providence, il faut « nécessairement que le genre humain ait été mis, dans les commen- « céments, sous la tutelle de certains êtres supérieurs", et qu'alors « Dieu déjà se soit manifesté aux hommes. C'est aussi ce que l'Ecriture « sainte atteste, etc. (Gen. XVIII), et il convenait en effet que, dans « l'enfance du monde, l'espèce humaine reçût des secours extraordi- « naires, jusqu'à ce que l'invention des arts l'eût mise en état de se « défendre elle-même et de n'avoir plus besoin de l'intervention dite vine, etc.» Origène appelle à lui la poésie profane comme une alliée de la raison et de la révélation ; il cite Hésiode dont le passage très connu est fort bien paraphrasé par Milton. (Par. lost. IX, 2, etc.) Voy. Orig. contra Cels. IV, cap. 28. Opp.Edit. Rucei, tom. l,pag. 562, 199.
(Page 91. Pylhagore voyageant en Egypte, six siècles avant notre ère, y apprit la cause de tous les phénomènes de Vénus.)
Veneris stellce naturam Pythagoras deprehendit. Olyrapiad. XLII. qui fuit annus urbis CXL1I. Plin. Hist. nal., lib. H, cap. 8, tom. ï , pag. 150. Edit. Hard. in-4<\ Macrob. Salurn. 1. XII. — Maurice'» Hislory of Indoslan, in-4* tom. 1, pag. 167.
DU DEUXIÈME I^TBETIKN. 161
(Page 91. Los Egyptiens connaissaient, à ce que je soupçonne, la irritable forme dos orbilcs planétaires. )
Eïtoc où ciïixç , x. t. >. Sept. Sap. cnn*t>. Bdit. Steph. in-fol. , tora. II , pag. 1 W. Amyol a traduit : o Les Egyptiens disent que m les aslrcs , en faisant leurs révolutions ordinaires , sont une fois haut • cl puis une fois bas , et , selon leur hauteur et leur bassesse , devien- « nontpirei ou meilleurs, qu'ils n'étaient, etc. » {Banq, des sept sage$, r XI.)
( Page 92. Julien , dans l'un de ses fades discours (je ne sais plus lequel) , appelle le soleil , le Dieu aux sept rayont. )
C'est dans le Ve discours qu'il emploie cette expression remarquable ; et il en fait honneur en effet aux Chaldéeus. Il est vrai que Pélau , à la marge de son édition ( in-4-o , pag. 323 ) , cite un manuscrit qui porte liiixnvx âiov , au lieu de inTsixrtvx ; mais la première leçon est évidemment l'ouvrage d'un copiste qui , ne comprenant rien a ces sept rayons , dut s'applaudir beaucoup d'avoir imaginé celte correction. Elle prouve seulement combien il faut se garder de corriger le* uianuscrits sans pouvoir s'appuyer d'une autre autorité écrite.
(Page 92. On lit dans les livres sacres des Indiens , que sept jeunes vierges /étant rasse ubléef pour célébrer la» venue de Crischna , qui est l'Apollon indien, le dieu apparut tout a coup au milieu d'elles, et leur proposa de danser; mais que ces vierges s'élant excusées sur ce qu'elles manquaient de danseurs , le dieu y pourvut en se divisant lui-même , de manière que chaque filie eut son Crischna. )
Ce n'est pa* précisément cela. La fable indienne ne dit point que ces vierges fussent au nombre de sept , mais dans le monument qui représente la fable, et dont on a envoyé une copie en Europe, on voit en
!. il
i G 1 NOTES
effet sept jeunes filles ( Maurice s hist. of Ind. , tjm. I , pag. 108. ) j ce qui semble néanmoins revenir au même , d'autant plus que les brahines soutiennent expressément que le soleil a sept rayons primitifs. ( Sir William Jones works , sttpplem. in-4° , tom. II , pag. 116. )
(Note de l'éditeur.)
Pindarea dit ( Olymp. VII , 13 — 135. Edit. Heinii. Goltîng. , 1798, in-8°, tom. I, pag. 98. ) « qu'après que les dieux se furent di- « visé la terre , et rue le soleil , oublié dans le partage , eut retenu « pour lui l'île de Rhodes qui venait de sortir du sein de la mer , il «t eut de la nymphe qui donna son nom à l'île sept fils d'un esprit mer- « veilleux; » et l'on peut voir de plus dans le grand ouvrage du P. de Montf&ucon , que toutes les figures qui représentent Apollon ou le Soleil ont la tète ornée de sept rayons lumineux ou d'un diadème à sept pointes , ce qui revient encore au même. D'une manière ou d'une autre, on voit constamment le nombre $ept attaché au Soleil, et ceci m'a loujours paru remarquable. (Antiq. expl. Paris, 1 722, in-fol. , tom. III, chap. VI , pag. 119 et suiv. )
(Page 92. Ajoutez que le véritable système du monde fut parfaitement connu dans la plus haute antiquité. )
On peut voir sur ce point les nombreux témoignages de l'antiquité recueillis dans la belle préface que Copernic à placée à la tète de son fameux livre De Orb. ceel. Rcvol. , dédié au pape Paul III , grand protecteur des sciences et surtout de l'aslronomie. On peut observer , a propos de ce livre , que les souverains Pontifes ont puissamment favorisé la découverte du véritable système du monde par la protection qu'ils accordèrent , à différentes époques , aux défenseurs de ce système. Il est devenu tout-à-fait inutile de parler de l'aventure de Galilée, dont les torts ne sont plus ignores que de l'ignorance. ( Yoy. les Mém. lus à Facad. de Mantouc , par l'abU» Tirabosehi. Storia délia letterat. liai., Vene/ia , 1790 , in-8o , toi*. S , pag. 313. et seg. )
(Page 94. Permis à des gens qui croient tout, excepté la Bible , do nous citer les observations chinoises faites il y a quatre ou cinq milU
7>i; i)!:: KIKME E3TRETIEX. 1 6,
nus sur iiii^ leiro qui n '« \ I ~ 1 1 i t j>a-, par un peuple â qui les je apprirent à faire des almtnachs à la fin do XV(
Sénéqaea dil : PhiUuoptà credula gins. (Quant, nat. V, 20.) Eh ! comment ne seraient-Aï pal crédules , ceux qui croient ce qu'ils veulent • Lei exemples ne manquent pas. Ceoi-d sont remarquable*.
Ne les arona-nouf pas vus, pendant plus d'un demi-fiécle, nous démontrer l'im jm>ssi I »i l - rô physique <lu déluge f»ar lu défaut d'eau nécessaire à la grande submersion ! Mais du moment que, pour former les UKUltlfflUI par voie de précipitation , il leur a fallu plus d'eab que n'en ipp e 1 I déluge, ils n'ont pas hésité d'en couvrir le globe jusqu'tu-dessus «les Gordiliéres. Lriles que les blocs gigantesques qui forment certains monuments du Pérou pourraient bien être des pierres factices, vous Ire iverez sur-le-champ un de ces messieurs, qui vous dira : Je ne vois rien là que de très probable. (Lettres améric, tom. I, lettre M, pag. 93 ; note du traducteur.) Montrez-leur la pierre de Sibérie, qui est à l'académie des sciences de Saint-Pétersbourg, et qui pèse 2,000. C'est un aérolithe, diront-ils; elle est tombée des nues et s'est formée en un clin d'ail. Mais s'agit-il des couches terrestres, c'est autre chose. Un Péruvien pont fort bien faire du granit impromptu , comme il s'en forme en l'air très souvent ; mais, pour la roche calcaire, Dieu ne s'en tirera pas en moins de soixante mille ans; il faut lIu'il en passe par-là.
(Page 04. Tout cela ne mérite plus de discussion : laissons-les dire.
Bailli avait démontré que les fameuses tables de Trivalore remontaient à l'époque si célèbre dans l'Inde du Cali-Yng , c'est-à-dire à deux mille ans au moins avant notre ère. Mais ne voiià-t-il pas que ces tables se sont trouvées écrites^ et même par bonheur datées vers la fin du XIIIe siècle ! ( De l'antiquité du Surya-Sidhanta, par M. Bentleij , dans les Rech. asiate in-i°, tom. VI, pag. 538.) Quel malheur pour la science, si les Français avaient dominé dans l'Inde pendant la fièvre irréligieuse qui a travaillé ce grand peuple, et qui ne parait encoie affaiblie que parce qu'elle a affaibli le malade ! Ces détestables lettré* du dernier siècle se seraient coalisés avec les brahmes pour étouffer la vérité, et l'on ne sait plus deviner comment elle se serait fait jour.
]\)i NOTES
L'Europe doit des actions de grâce à la société anglaise de Calcutta , dont les honorables travaux ont brisé cette arme dans les mains des malintentionnés.
(Pag. 96. Cependant quoiqu'elle (la science de l'antiquité) n'ait jamais rien demaudé à personne, et qu'on ne lui connaisse aucun appui humain, il n'est pas moins prouvé qu'elle a possédé les plus rares connaissances.)
L'ouvrage célèbre de M. Bryant, A new System , or an Analysis 0} ancient mytholoyy, etc. London, 1776, in-4% 5 vol., peut être considéré comme un savant commentaire de cette proposition. Un livre de ce genre contient nécessairement une partie hypothétique ; mais l'ensemble de l'ouvrage, et le IIIe volume surtout, me semblent présenter une véritable démonstration de la science primitive , et même des puissants moyens physiques qui furent mis à la disposition des premiers hommes, puisque leurs ouvrages matériels passent les forces humaines, qualia nunc hominum producit corpora tellus. Caylus a défié l'Europe entière avec toute sa mécanique de construire une pyramide d'Egypte. (Rech. d'antiq., etc. in-4°, tom. V, préf.)
(Page 99. Voltaire même n'a-t-il pas dit que la devise de toutes le3 nations fut toujours : L'âge d'or le premier se montra sur la terre ?)
Il l'a dit en effet sur l'Essai sur les mœurs, etc., aurca prima sala est œtas. Chap. IV. OEuvr. de Volt., in-8°, 1785, tom. XVI, p. 289.) — Il est bien remarquable que les mêmes traditions se sont retrouvées en Amérique. Le règne de Queizalcoatl était Yûge d'or des peuples d'Anahnac : alors tous les animaux , les hommes mêmes vivaient en paix; la terre produisait sojîs culture ses plus riches moissons.... Mais ce règne... et le bonlœur du monde ne furent pas de longue durée f etc., (Vues des Cordilières et raonum. de l'Amérique, par M. deHumboUt, tom. I, iu-8°. Planche VII, p. ô.^
DU DJiUXlÈ:»lh EXTllETIEIf. 103
(Page 108. Je ne suis pas moins frappe* do nom de Cosmos *onné au monde.)
Voy. Emtalhe sur le v. 10e du I" livre de l'Iliade. Au reste, sans prétendre contester l'observation générale , qu'il se trouve dans les langues anciennes, aux époques d'une barbarie plus ou moins profonde* des mois qui supposent des connaissances étrangères à cette époque „ j'avoue cependant que le mol de cosmos ne me semble pas cité heureu- >ent à l'appui de cette proposition, puisqu'il est évidemment nouveau dans le sens de monde. Homère ne l'emploie jamais que dans acception primitive A' ordre , de décence, d'ornement, elc. Iliade, 11,214; V, 759; VIII, 12; X, 472; XI, 18; XII, 40; X XIV , 622 , etc. Odyss, VIII , 179 , 36* , 489 , 492 ; XIV , 363 ; etc. Hésiode ne fait presque pas d'usage de ce mot (même dans la ■*• ns d'ornement) ni d'aucun de ses dérivés si nombreux et si élégants. Ce qui est fort singulier , on trouve une seule fois cosmos dans la Théogonie, V, 588, et cosmeo, ibid. V , 572. Findare emploie presque toujours ce mot de cosmos dans le sens à! ornement , quelquefois dans celui de convenance , jamais dans celui de monde. Euripide do même ne s'en sert jamais dans ce dernier sens , ce qui doit paraître très surprenant. On le trouve à la vérité selon ce même sens dans les hymnes attribués à Orphée. ( À la Terre , Y , 4 ; au Soleil , V , 16 , etc.) Mais ce n'est qu'une preuve de plus que ces hymnes ont été IV fcriqués ou interpoles à une époque très postérieure à celle qu'on lcar attribue.
(Page 108. Comment ces anciens Latins, lorsqu'ils ne connaissaient encore que la guerre et le labourage , imaginèrent-ils d'expr»ïier par le même mot l'idée de la prière et celle du supplice?)
Salluste , qui aimait les archaïsmes, a dit : Itaqve Senatus , ob en' féliciter acta,diisimmortalibussvpvLic\xdercrr>rre. De bello Jugurt. , 1. V..) Et près d'un siècle plus lard , Apulée , sin ' «ni ee incarne goût, lisait encore : Plcna <irc;iM/<f ef suppi.iciis. (Mélam. XI.) D'ailleurs
«applicatin , supplicari , etc. , etc., viennent de ce mot , et la même analogie a lieu dans notr^ langue , où l'on trouve suppliée et supplication, supplier et supplicier»
(Page 109. Qui leur enseigna d'appeler la fièvre la purificatrice et l ' expiatrice ? )
Il ne paraît pas en effet qu'il y ait le moindre doute sur l'élymologie de fibris , qui appartient évidemment à l'ancien met februare. De là Februarius , le mois des expiations.
Au rang de ces mots singuliers , je place celui de Iihumo , qui appartient depuis longtemps à plusieurs langues maritimes de l'Europe. Hhumbds en grec signifiant en général la rotation , et rhumbon une circonvolution en spirale, ne pourrait-on pas , sans être on }I<>:7tanasius , voir dans ce mot de rhumb une connaissance ancienne de la loxodromie ?
(Page 109. Homère.... nous parle de certains hommes et de certaines choses que les dieux appellent d'une manière et les hommes d'une autre. )
On peut observer , à propos de cette expression , qu'elle ne se rencontre jamais dans l'Odyssée; et eette observation pourrait être jointe à celles qui permettraient de conjecturer que les deux poèmes de l'Iliade et de l'Odyssée ne sont pas de la même main ; car l'auteur de l'Iliade est très constant sur let noms , les surnoms , les épithètes , les tournures, etc.
(Page 110. Platon a fait observer ce talent des peuples dans leur enfance. )
Il dit en effet que tout homme intelligent doit de grandes louanges à l'antiquité pour le grand nombre de mole heureux et naturels qu'elle a imposés aux choses : 'Qs eu xxl xxxà ywatv xei/*eva , De Leg. Vil Opp. tom. VIII , page 379.
DU DEUXIÈME BîlTRETlElf. 167
Sén^que admire de môme ce talent <ie l'antiquité pour daigner ta objets efficacissimis notit. (Scn. Episl. mor. LXXXI. ) Lui-même est admirable dans celle expression qui est luut à fait efficace pour noui faire comprendre ce qu'il veut dire.
Platon ne s'en tient pas à reconnaître ce talent de l'antiquité , il en tire l'incontestable conséquence : Pour 7710», dit-il , je regarde comme une vérité évidente que le* mots n'ont pu Ure imposés primitivement aux choses que par une puissance au-dessus de l'homme; et db la VIENT QU'ILS SONT SI JUSTES. — Oï/J.xi piv £yw tov àietféîTSCTOV ).é',ov •nipi toutûjv etvac/iîtÇw riva àùvxuiv eîvai r\ ccv6pwiizia.v ??,? Siuivr,j rà irpûr* riovi/xara xolç icpAyftxsiv0 'QSTE ANArKAIONEINAl AÏTA OPeQS EXIEN. Plat, in Crat. Opp. , lom. II. Edit Bip. , pag. 343.
(Page 112. Voyez comment ils ( les Français ) opérèrent jadis sur 1rs deux mots latins dco et ire , dont ils firent duibe , aller deux ensemble, et par une extension naturelle, mener, conduire.)
Charron a dil encore : Celui que je veux duirb et instruire à la sagesse , etc. ( De la sagesse , liv. II , chap. V . n° 13. ) Ce mot naquit à une époque de noire langue où le sens de ces deux mots duo et ire était gënéralement connu. Lorrquc l'idée de la simultanéité s'effaça des esprits, l'action onomaturge y joignit la particule destinée en français à exprimer celle idée , c'est-à-dire le cum des Latins , et l'on dit conduire. Quand nous disons aujourd'hui en style familier : Cela ne me duit pat , le sens primitif subsiste toujours ; car c'est comme si nous disions : Cela ne peut aller avec moi; m' accompagner t subsister à côté de moi , et c'est encore dans un sens tout semblable que nous disons : Cela ne vous va pas.
( Page 112. D« pronom personnel sb , de l'adverbe relatif de lieu hors , ei d'une terminaison verbale tir , ils ( les Français ) ont fait s-or-tir, c'est-à-dire , se-hors-tir , ou mettre fa propre personns hors de l'endroit où elh était. )