LE ZOUAVE ADOLPHE
L'Anglais appelle cela : lo hit the nail on the head. Vive le Syllabus !
LE PRÉSIDENT
Et moi, j'ajoute, en levant la séance, notre glorieux cri de Rome : Ecviva Pio Nono!
siES^TiisnvriE: sjox:o:e;:e„
LE PRÉSIDENT
^*'EST avec un sensible plaisir que j'ouvre cette [jgtl séance, en voyant l'empressement que vous mon- ^yg/trez à suivre cette intéressante discussion sur le ÇjjgSjSyllabus. Au reste, vous n'êtes pas les seuls, mes chers amis, à montrer le vif intérêt que vous prenez à cette étude. De différents côtés, je rerois chaque jour des félicitations, des encouragements, et même des remerciments. Tous nos amis se réjouissent de voir l'excellent emploi que les Zouaves savent faire de leurs soirées, avec profit pour d'autres en même temps que pour eux- mêmes.
Continuons donc à nous instruire, et prions le Père des lumières d'éclairer et de soutenir notre ami, le Sergent Charles, dans le travail sérieux qu'il s'est imposé, et qui nous est si profitable.
LE SERGENT CHAULES.
Avant d'aller plus avant dans notre étude, il me parait utile de récapituler, en peu de mots, ce que nous avons déjà appris sur le Syîlabus. A vrai dire, nous ne le connaissions guère que de nom, avant ces réunions aussi agréables qu'utiles. Ne craignons pas d'avouer que ce nom nous inspirait je ne sais quelle répulsion, tant était grande notre ignorance ! Les préjugés enfantés par mille attaques venues de différents cotés à la fois, les cri-
64 t'Es SOIRÉES DU casino.
tiques insidieuses de L'école Libérale, L'irritation des ennemis de liEglise, bref bien de3 raisons plus ou inoins plausibles, furent cause qu'il nous semblait avoir rempli toute justice en gardant un silence respectueux sur leSylla-
bus. comme faisaient Les Jansénistes sur la Bulle Unige-
nitus.
Aujourd'hui, Dieu en soit béni, nous savons à iruoi nous en tenir au sujet de Ce fantôme créé par là fantaisie, l'ignorance et la malice.
Nous savons donc que Le Syllàbus esl bien L'oeuvre de Pie IX, longtemps mûri dans sa pensée, comme un moyen suprême d'écraser l'hydre des monstrueuses erreurs qui agitent et égarent le monde moderne, et menacent de le replonger dans la barbarie d'où l'Eglise l'a arraché à l'époque de la chute et de l'Empire romain. Et à ce propos, je vous dirai que la préparation du Syllàbus fut un des actes le plus sérieux de ce grand Pontificat qui illustrera l'Eglise pendant des siècles.
Dès son exil à Portici, en 18i0, Pie IX méditait de frapper un grand coup contre les doctrines révolutionnaires. Il priait lui-même avec larmes, et il Taisait prier dans cette intention, implorant la lumière et la force d'en-liaut pour l'accomplissement de ce grand dessein.
Après la proclamation du dogme de i'Imraaculée-Coneeption, en 1854, il nomma une congrégation composée de Cardinaux et d'éminents théologiens, chargée d'étudier et de préparer les matériaux du Syllàbus. Dix années entières s'écoulèrent dans ces travaux importants. Enfin, le 8 Décembre 18Gi, le Pape se décida à porter ce coup
qu'il méditait depuis près de quinze ans. L'Encyclique Quanta Cura et le Syllabus parurent simultanément.
Qui oserait dire qu'un acte, préparé avec tant de soin, n'a abouti qu'à une mesure inefficace, telle que serait une simple nomenclature ou table des matières ?
Nous savons, en second lieu, que Pie IX en joignant le Syllabus à l'Encyclique et en l'envoyant aux Evèques, l'offre au monde entier comme un préservatif contre les principales erreurs de notre époque, lesquelles il condamne comme Docteur de l'Eglise.
Nous savons, en troisième lieu, que refuser de s'y soumettre, sous quelque prétexte que ce soit, c'est se rendre coupable de révolte contre le Vicaire de Jésus-Christ, c'est-à-dire contre la Vérité éternelle dont il est l'organe infaillible.
Nous savons, en quatrième lieu, que le Saint- Père a rendu, par le Syllabus, un service éminent à la société chrétienne, en lui rendant beaucoup plus facile la connaissance des doctrines dangereuses qui séduisent nonseulement quelques individus, mais des nations entières. Et cependant, loin de lui en savoir gré, les catholiqueslibéraux sont précisément ceux qui ont crié le plus fort, et qui ont le plus contribué à jeter l'épouvante parmi les catholiques. Qui ne se rappelle, avec tristesse, cette véhémente sortie du chef laïque de l'école libérale contre Y idole du Vatican? (1)
Nous savons, enfin, que le Syllabus condamne directement certaines erreurs, et que c'est pour cette raison que
(I) Montalembert, quelques jours avant sa mort.
le Pape voulut qu'il fût joint à l'Encyclique. En effet, l'Encyclique Quanta Cure n'a condamnéque seize erreurs principales, taudis que le Syllabus eu condamne quatrevingts. Or, les unes et les autres sont également proscrites^ dit Pie IX, par l'Encyclique et par le Syllabus.
LE CAPORAL THÉOUOliE.
J'avoue, Sergent, que je suis incapable de rien objecter à ce que je viens d'entendre. Au moins pour le moment, je n'ai rien à dire. Peut-être le pourrai-je plus tard. En attendant, je me bornerai à vous demander quelques i implications sur certaines difficultés qui m'arrêtent encore.
LE ZOUAVE GEORGE
Attention ! Sergenl ; ces belles façons de l'avocat du diable pourraient bien n'être qu'une ruse de guerre. Les avocats sont malins et trompeurs, mais l'avocat du diable !
le caporal.
Mon camarade est déliant, mais il se trompe. J'ai pari '• franchement et sans arrière-pensée.
Je demande que le Sergenl veuille bien nous expliquer Pimmense sensation, et je rie sais quelle appréhension, répandues partout, même parmi les ennemis do l'Eglise, à l'époque de l'apparition du Syllabus. C'est un fait in contestable que jamais aucun document, émané du Saint- Siège, n'a causé dans tout l'Univers civilisé nue si profonde sensation et une si grande inquiétude. J'avoue que j'attends, avec impatience, une explication satisfai-
santé de ce fait étrange. Selon moi, c'est un phénomène que quelques paroles du Pape aient eu la puissance d'ébranler ainsi le inonde entier.
LE ZOUAVE GEORGE
Quel air de sainte-n' y-touche le Caporal sait prendre quand cela lui convient î Quoiqu'il en soit, je suis ravi de l'entendre faire cette question qui me trotte par la tète depuis longtemps. Mais, j'étais incapable de l'exprimer si clairement. J'ai hâte de savoir ce que notre digne Sergent va nous répondre, et tous nos camarades aussi, si j'en juge par l'attention avec laquelle ils écoutent. Virgile ne dit-il pas quelque part, quand Didon racontait ses aventures : ora iiitentique tencbranl ? c'est ainsi que nous écoutons tous, bouche béante.
LE ZOUAVE HECTOR
Qui aurait pu soupçonner que le petit George avait retenu un vers de Virgile ? vrai, George; je t'admire.
LE ZOUAVE JOSÉ
Et moi donc ! n'ai-je pas retenu ce vers de Boileau : Un sol trouve toujours un plus sol qui l'admire.
LE PRÉSIDENT
A 1 ordre, camarades.
LE SERGENT
La réponse à cette question est facile, mes bons amis ; et si vous n'avez pas de demandes plus embarrassantes à
me Caire, tout ira sorties roulettes. Oui, c'est un fait bien connu que Le Syîlabus a étonné les uns, effrayé les autres, et singulièrement mécontenté tous ceux qui ne sont pas catholiques avant tout.
Il y a donc lieu, ici, de l'aire un trillage, et de distinr ces différentes catégories d'hommes surpris, épouvantés, irrités par ce coup de tonnerre parti du Vatican ; coup d'autant plus surprenant qu'on croyait le Pape tout tremblant devant les menaces du " monde moderne " et la diplomatie de ces trois grands comédiens : Napoléon, Cavour, Bismark, sans parler d'une douzaine d'autres de moindre importance.
En vérité, la destinée de ce grand acte est singulièrement étrange. Le monde officiel s'est jeté dessus avec fureur ; le inonde littéraire l'a attaqué de cent manières différentes, et avec une infatigable obstination ; les coteries de salons, religieuses et politiques, se sont coalisées pour le honnir et le faire disparaître de toute société soi-* disant libérale, et cependant le Syîlabus est resté debout, . bravant toutes ces attaques et confiant dans sa victoire finale. Disons d'abord un mot d'une catégorie d'hommes dont nous n'avons pas, du reste, à nous occuper. Ceux-là ne sont pas des nôtres ; car il y a longtemps qu'ils ont imité ces premiers disciples du Sauveur, qui le quittèrent en disant: dui-us est hic senno?
Or, il n'est pas surprenant que ce groupe d'hommes soit si inquiet et redoute si fort le Syîlabus. Ces hommes égarés sentent instinctivement qu'il est destiné à ruiner, avec le temps, les " immortels principes" de 89, et à dé-
molir de fond en comble la citadelle révolutionnaire qu'ils ont élevée avec tant de peine. De là cette explosion de haine, ces colères chauffées à blanc, contre le Syllabus et son auguste auteur. Ces gens-là, dit Veuillot, " ne savent rien de l'Eglise, et pas grand'chose du reste, en dehors des aventures politiques du moment, où personne n'a le mot de Dieu. Ils ne savent 'pas que le Pape, Chef et Roi de la famille humaine, peut prendre, doit prendre, a pris et prendra la dictature intellectuelle dans cette famille qui ne saurait se sauver ni vivre sans lui." (1) Ne peut-on pas appliquer à cette tourbe turbulente et glapissante, ces vers du Dante : (2)
0 sovra tulle, mal creala plcbc,
Chc slai ncl loco onde parlar è dv.ro !
Mais, laissons-là ces aveugles qui conduisent d'autres aveugles.
La seconde catégorie est multiple. Il serait beaucoup trop long d'en suivre les nombreuses ramifications. Elle est composée de nos frères dans la foi, qui tous sont coupables, quoiqu'à des degrés différents. Tous sont coupables, car tous manquent au respect et à l'obéissance qu'ils doivent au Saint Siège. Mais, tous ne sont pas également coupables, et l'on peut croire que le plus grand nombre ne pèche que par ignorance ou par un entraînement irréfléchi Et, chose étrange ! tous sont inquiets, beaucoup ont peur. Pourquoi ? ils n'en savent
(t) Rome pendant le Concile..
(2) La divine Comédie, chant 32m*.
rien. Ces pauvres gens ne ressemblent pas mal à ces enfants qui criant et pleurent en voyant leur grand frère pleurer el se lamenter. Demandez-leur pourquoi ils pleurent; ils n'eu savent rien, si ce n'est qu'ils sont effrayés de voir leur grand frère se plaindre et gémir. A leurs y eux, ce grand frère est un homme. Si donc il pleure, c'est sans doute que quelque danger les menace tous. Ils ont donc peur, eux aussi, et ils pleurent.
Ainsi en est il de la seconde catégorie qui ont peur du Syllabus. Leur grand frère, le Rédacteur en chef d'un grand journal est mécontent du Syllabus; — un autre est un écrivain qui passe pour un maltre-homme aux yeux de la multitude ; or, il dénonce le Syllabus comme dangereux à la société ; — un troisième, discoureur de son métier, donne des lectures contre le Syllabus; — un quatrième pérore dans les clubs, les cercles littéraires, les meeting*, les salons, et y jette l'épouvante.
Louis Veuillot a caractérisé d'un mot ce grand frère qui sème ainsi l'épouvante par son bourdonnement : redoutable moustique ! Cependant, en voilà plus qu'il n'en faut pour donner la chair de poule à des milliers de pauvres innocents qui se prennent tous à douter 'de la sagesse et des droits du Pape, pendant qu'ils croient follement aux lumières et à la belle indépendance de leur grand frère qui ne pense pas comme le Pape, et lui reproche avec aigreur son imprudent Syllabus. .Que voulezvous? -il y a plusieurs milliers d'années que l'Esprit-Saint a dit : le nombre des sots est infini. (1) Plaignons-les.
(t) Eccl. !.
La troisième catégorie comprend tous les catholiques (jui, par des motifs divers, et à des degrés différents, com flattent le Syllabus.
Ce sont les sages et les prudents du " inonde moderne." Les uns sont contre l'opportunité, les autres contre la forme, d'autres contre le fond et la forme, d'autres contre le droit du Pape. Les plaintes des plus modérés peuvent: se résumer ainsi : — Quelle aberration d'attaquer de la sorte les aspirations et les idées modernes ! Certes, nous sommes de bons catholiques, mais nous voulons être de notre siècle, et ne pas rétrograder à la servitude du moyen âge ! Le Pape veut-il donc faire de nous des parias ? prétend-il nous forcer à renoncer à la vie politique, aux emplois du gouvernement, aux fonctions sociales ? Non, le Pape ne eonnait pas, ne comprend pas le monde moderne. Qu'il sache que jamais il n'acceptera les chaînes du Syllabus. Et nous catholiques, nous ne pouvons pas consentir, en l'acceptant, à nous mettre en hostilité ouverte avec nos concitoyens, nos gouvernements, nos lois, etc.
LE ZOUAVE HENRI
C'est bien cela, Sergent ; vous avez mis le doigt sur ia plaie. Que de fois j'ai entendu faire des réflexions de ce genre, même par des gens qui passent pour être de sincères catholiques. J'espère qu'ils sont encore rares parmi
nous.
LE ZOUAVE VICTOR
Dieu le veuille ! ma, chi lo sa ?
72 LES SOIRÉES m CASINO.
LE SERGENT
Les actes des A.pôtres rapportent, qu'après avoir entendu.Pierre, la multitude composée de vingt peuples divers, s'écria : " que faut-il donc faire " ? c'est encore la même demande que font ceux qui sont disposés à obéir à Pierre quand il parle par la 1 touche de Pie IX.
Malheureusement, un grand nombre d'autres veulent, auparavant, des preuves que Pierre a dit la vérité. Ils veulent savoir le pourquoi et le comment de son enseignement. Vous venez d'entendre les principaux obstacles qui les retiennent sur le chemin de l'obéissance au Syllabus. " Hommes de peu de foi, disait Notre Seigneur, "pourquoi doutes-voùs " ? Et moi, je leur demande : où et quand le Pape a-t-il exigé que les catholiques cessassent d'user de leurs droits de citoyens ? où et quand leur a-t-il défendu d'accepter ou d'exercer des charges, des emplois, des fonctions licites sous n'importe quel gouvernement ? où et quand les catholiques ont-ils été forcés de se démettre de leurs dignités pour obéir au Syllabus ? Tout cela n'est-il pas un vain fantôme créé à plaisir par une imagination malade ? Le libéralisme a comme enchainc cette nombreuse catégorie de catholiques qui rêvent une Eglise modernisée : C'est Pierre qui doit briser ces chaînes— sohe calenas — par le Syllabus.
LE CAPORAL
Soit ; mais alors, comment expliquer cette crainte qui s'est emparé d'une foule d'esprits ?
LE SERGENT
Elle vient uniquement de l'ignorance de la vraie doctrine du Syllabus : ignorance qui engendre une confusion d'idées. Ces gens ne comprennent pas une distinction importante à faire entre la loi faite par le législateur, et les motifs qui l'ont porté à la faire. Une loi peut être bonne ou tolérable, et les motifs, allégués en sa faveur, être faux et dangereux pour la foi et les mœurs. Par exemple, la liberté de la presse et des cultes, autorisée par les circonstances, peut être bonne outolérable ; mais, cette liberté est souvent établie en vertu d'un principe faux et anti-chrétien, à savoir: le droit inhérent à tout homme d'écrire à, sa guise, et de soutenir le faux comme le vrai ; ou le droit de tout culte, vrai ou faux, de se produire librement au grand jour. Or, renseignement doctrinal du Syllabus se borne à frapper l'erreur du principe faux, sans interdire l'usage de cette liberté que l'on tolère à cause des circonstances. (1)
Il y a ici une distinction importante à faire entre la thèse et l'hypothèse.
Le Syllabus condamne la Ihcse, c'est-à-dire la prétention moderne d'ériger dogmatiquement certaines libertés religieuses ou politiques en droits naturels des individus et des peuples, et de nier ou d'ignorer les droits imprescriptibles de l'Eglise de Dieu, chargée d'enseigner les peuples et les individus.
Mais, le Syllabus ne condamne point V hypothèse, c'est-à-
(1) Voir à ce sujet le Bulletin, Avril 187G, p. 85. La Thèse, etc.
dire l'action dos gouvernements ou dos Législateurs obligés de céder, plus ou moins, aux circonstances, aux situations acquises, à l'opinion publique, à certaines nécessités pressantes. Ce qu'il condamne, et ce qu'il ne peut pas ne pas condamner, c'est l'oubli systématique du droit et du devoir qui incombent aux uns et aux autres de reconnaître, de défendre, et de protéger autant que possible les droits divins de la Vérité enseignée par l'Eglise de ■Tésus- Christ.
C'est d'enseigner qu'il vaut mieux accorder des droits égaux à l'erreur et à la vérité, au mal et au bien. C'est de laisser pratiquement toute liberté à l'erreur, et de tolérer à peine la vérité. C'est d'opprimer celle-ci, et de favoriser celle-là.
Mais nous examinerons plus à fond cette question, en étudiant la doctrine du Syllabus, après avoir terminé la réfutation des objections dont nous nous occupons actuellement.
Quant à ceux qui craignent que le monde catholique n'abandonne l'Eglise, plutôt que d'admettre le Syllabus, qu'ils se tranquillisent. L'antagonisme moderne contre la Papauté n'est pas plus grand et plus puissant que celui du monde païen à l'époque où Pierre commença à remplir la mission que le Sauveur lui a confiée pour l'exercer jusqu'au dernier jour. Le Syllabus de ce temps-là, c'était la croix, c'était l'Evangile, objets d'horreur pour le monde. Et cependant, qui a remporté la victoire? Et puis, ce " monde moderne" qu'on vante si fort et qu'on affecte tant de redouter, croyez-vous donc qu'il durera
toujours ? Après la publication du Syllabus, il s'est fâché, et il s'est industrie à faire disparaître le Syllabus. Eli bien, je vous le demande, où se trouve aujourd'hui le monde officiel qui a le plus travaillé à cette besogne, en se heurtant sur le roc de Pierre? où est-il avec son César, ses Ministres complaisants, son sénat et ses chambres serviles, ses journaux officiels et officieux, sa politique astucieuse et perfide, son gouvernement si fermement assis sur les plébiscites et les " immortels principes" de 89 ? où est ce gouvernement superbe qui disait au Pape : vos Encycliques, votre Syllabus, votre Infaillibilité répugnent au monde moderne, au progrès des idées dont je suis Ië défenseur ; je n'en veux pas, et gare à vous !
L'ouragan de la colère divine n'a-t-il pas tout emporté en un clin d'œil ? Intonuit de cœlo !
Et le Syllabus, ne fait-il pas son chemin, éclairant, instruisant, sauvant ceux qui croient? Ceux dont Notre- Seigneur a dit : revclasti ea parvulis. Car, dit excellemment le R. P. Damas : — " On avait prétendu que le '; temps lui ôterait beaucoup de son importance : le temps '• a passé, et il exerce une influence plus grande que " jamais. On croyait qu'il serait peu-à-peu oublié, et " il préoccupe de plus en plus les esprits, il attire à lui ': les cœurs droits et généreux. C'est que l'œuvre de Dieu ': n'est pas l'œuvre de l'homme. Celle-ci passe, celle-là - demeure toujours. Laissons aller à l'abîme ce qui a passe, et attachons-nous à ce qui est immortel." (I)
(1) Eludes religieuses.
LE ZOUAVE GEORGE
Ce bon père Damas est un Jésuite, n'est-ce pas? Eli. bien3 foi fle Zouave, j'en suis Lion aise.
Ou a beau qrier contre les Jésuites, ils soûl toujours sur la brèche, et le Pape n'a pas de plus courageux et habiles défenseurs. Et puis, j'ai toujours eu un faible pour l'Ordre, parce qu'il fut fondé par un brave soldat. C'est donc un ordre militant, qui combat : Sicut bonus miles Christ i.