DISCUSSION SUR LE SYLLABUS
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LE PRESIDENT
E vois avec plaisir, chers camarades, que vous ^T^êtes venus en grand nombre à cette réunion spé- ,-^ciale convoquée pour une discussion des plus im- $Q]$ portantes.
Depuis longtemps, nous entendons faire des critiques, nous lisons des écrits pleins d'erreurs sur l'acte le plus important du glorieux Pontificat de notre grand Pape Pie IX, le célèbre Syllabus} si peu compris même par les catholiques.
Que les hérétiques et les libres-penseurs l'attaquent avec une fureur égale à leur profonde ignorance, cela se conçoit facilement ; mais, que des cathoiques, aimant la sainte Église leur Mère, se permettent de censurer ce solennel enseignement descendu de la Chaire de Pierre, qu'ils osent le regretter comme un acte inopportun et
imprudent, — c'est ce que je ne puis m'expliquer,etce que l'on ne saurait trop déplorer.
Nous avons donc pensé qu'il convenait de nous réunir, de temps en temps, pour étudier ensemble cet enseignement si salutaire du Vicaire de Jésus-Christ.
Puisque nous ne pouvons plus défendre sa personne sacrée, et ses droits inaliénables, les armes à la main, ayons au moins la consolation de défendre sa doctrine par la parole et par la plume, autant que les circonstances peuvent nous le permettre.
Notre excellent camarade le caporal Pierre, qui connaît la sténographie, a bien voulu se charger de noter tout ce qui sera dit dans le cours de ces réunions, afin d'en enrichir nos archives.
J'espère que cette discussion amicale aura d'heureux résultats pour les Zouaves, et peut-être aussi pour beaucoup d'autres en dehors du Casino.
Au reste, n'eût-elle d'autre résultat que de témoigner publiquement de notre inaltérable dévouement envers le Saint-Siège, et de notre soumission filiale à tous ses enseignements, ce serait déjà un motif suffisant. De plus, j'aime à croire que ce sera une consolation pour le Saint- Père d'apprendre qne ses Zouzous du Canada lui sont restés aussi fidèles qu'aux jours heureux où ils montaient la garde au Vatican et dans la Ville Sainte, et qu'ils se réunissent souvent pour étudier, con amore, les salutaires instructions qu'il a données à l'Univers Chrétien.
Mais, comme un bon nombre de nos amis, disséminés dans toute l'étendue de la Puissance, ne peuvent pas
PREMIERE SOIREE
assister à nos réunions, nous avons pensé qu'il leur serait agréable et utile d'être au courant de la discussion qui va s'engager sur un sujet si intéressant. C'est pourquoi le caporal Pierre a l'intention de rédiger ses notes après chaque séance, et d'en faire un compte-rendu qui sera publié dans notre Bulletin mensuel. Par ce moyen, tous nos chers camarades, et leurs nombreux amis, pourront lire avec plaisir et profit le résultat de notre étude.
Je saisis cette occasion pour vons recommander le Bulletin de V Union- Allet. Je ne saurais trop insister sur la convenance, pour ne pas dire la nécessité, de soutenir et de développer cet écho de nos vœux, de nos désirs, de nos peusées en faveur de la cause sacrée de N. T. S. P. le Pape. Aujourd'hui, plus que jamais, nous devons encourager la presse catholique. Car, suis parler de la presse au service de l'hérésie, combien de feuilles périodiques, de revues mensuelles et hebdomadaires ne sontelles pas devenues les véhicules de la libre-pensée et de toutes les erreurs ? On ne saurait se le dissimuler, l'opinion publique est formée principalement par le moyen de la presse.
La presse catholique est donc devenus une arme indispensable pour la défense de l'Eglise et des principes conservateurs. Il doit nous suffire de savoir que Pie IX a toujours encouragé et béni les écrivains qui se dévouent à la défense de la saine doctrine. Hélas ! si les enfants de l'Eglise employaient à soutenir la presse catholique l'argent qu'ils dépensent à se procurer une littérature qui
fourmille d'erreurs, et dont la moralité est suspecte, quel secours efficace ce serait pour la bonne presse !
C'est tout ce que je puis dire, en passant, en faveur de notre Bulletin, pour ne pas trop m'écarter du sujet principal qui sera l'objet de nos réunions pendant quelque temps. Il me reste à ajouter que chacun de vous peut manifester, en toute liberté, ce qu'il croira devoir dire pour ou contre le Syllabus pendant la discussion qui va s'ouvrir. Pour parler plus exactement, je devrais dire pendant l'entretien que nous allons avoir ensemble. A proprement parler, ce ne sera pas une discussion, mai» plutôt une conversazionc, comme on dit à Rome.