‹ Les Soirées du Château de RamezayChapitre 24 sur 50 · INSTANTANÉ CHAMPÊTRE · texte numérisé non relu

INSTANTANÉ CHAMPÊTRE

C'est par un jour ensoleillé. La brise est douce et parfumée. L'immense forêt balance mollement sa chevelure verdâtre et touffue. Les oiseaux chantent à peine. Les fleurs des bois, candides et naïves, se font chastement belles. Ici, près de la sente escarpée qui conduit à la grande chute sur la Batiscan qui bouillonne à cent pieds plus bas, est un coin d'ombre fraîche.

C'est dans ce cadre poétique que je la vis : cheveux noirs, yeux bleus, blanche et rose, et que mon cœur bondissant m'apprit qu'elle ne s'était pas montrée en vain. Rieuse, elle se moqua de moi, et je la remerciai. Follette, elle me fit faire des bêtises, et je l'admirai. Fourbe, elle me pria de l'attendre ... et je ne la revis plus.

Pourtant, je suis toujours là, dans la forêt immense . . . Eeviendra-t-elle ?

E. Z. MASSICOTTE 197

Page 1