‹ Les Soirées du Château de RamezayChapitre 25 sur 50 · LES GANTS · texte numérisé non relu

LES GANTS

Avant la messe, au village

Ostensiblement, elle mit ses gants devant moi, des gants lilliputiens, faits pour des mains de poupée, comme les siennes ; des gants or-blond — vierges de tout contact profanateur — dont la couleur mignarde se mariait aux tons chauds de sa peau éblouissante, dont la couleur charmeuse plaisait à la vue, de même que la ritournelle favorite, à l'entendement.

Je regardais et j'admirais la coquetterie qu'elle déployait pour emprisonner ses mains, blanches et petites, dans ses gants de chevreau.

Vivement elle me lança ces mots à travers un sourire :

— C'est fini ! . . . mais qu'avez-vous donc à rester là,

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tout chose ? . . . Ce n'est pas la première fois que je mets des gants devant vous ? On vous dirait en extase !

Et son sourire était vainqueur.

— Je le suis en effet, répondis-je, l'esprit encore frappé par la vision de ces mains de poupée s'eraprisonnant dans des gants lilliputiens or-blond.

E. Z. MASSICOTTE 199

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