LES GANTS
Avant la messe, au village
Ostensiblement, elle mit ses gants devant moi, des gants lilliputiens, faits pour des mains de poupée, comme les siennes ; des gants or-blond — vierges de tout contact profanateur — dont la couleur mignarde se mariait aux tons chauds de sa peau éblouissante, dont la couleur charmeuse plaisait à la vue, de même que la ritournelle favorite, à l'entendement.
Je regardais et j'admirais la coquetterie qu'elle déployait pour emprisonner ses mains, blanches et petites, dans ses gants de chevreau.
Vivement elle me lança ces mots à travers un sourire :
— C'est fini ! . . . mais qu'avez-vous donc à rester là,
198 SOIRÉES DU CHATEAU DE RAifEZAY
tout chose ? . . . Ce n'est pas la première fois que je mets des gants devant vous ? On vous dirait en extase !
Et son sourire était vainqueur.
— Je le suis en effet, répondis-je, l'esprit encore frappé par la vision de ces mains de poupée s'eraprisonnant dans des gants lilliputiens or-blond.
E. Z. MASSICOTTE 199
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