‹ Les Soirées du Château de RamezayChapitre 7 sur 50 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

STELLA, seule, entrant et allant écouter près de la porte du fond.

Est-ce vous, Teresa V . . . Teresa ! . . . Tout repose . . . J'avais bien cru pourtant entendre quelque chose. C'est éti'ange, parfois, comme un semblant de bruit Peut éveiller d'échos sinistres dans la nuit. . . C'est bien lugubre aussi, ce farouche silence . . . Il me prend des accès subits de défaillance . . . J'ai peur . . .

(Elle regarde à la pendule.)

Voici bientôt une heure du matin. . .

(Elle dépose le flambeau sur une table.)

Et je suis seule ici dans l'ombre et l'incertain,

Frissonnante, et croyant, au moindre vent qui passe

Ouïr des inconnus qui parlent à voix basse. . .

Et Teresa sortie, et qui ne revient pas ! . . .

Quel piège aurait donc pu se tendre sous ses pas ?

Elle, au poste pourtant toujours si ponctuelle.

Que faire ?. . . O Lorenzo. quelle attente cruelle !. . .

J'ai le cœur tourmenté d'affreux pressentiments...

Je ne sais quel émoi m'affole par moments.

Non, non, si Teresa n'est pas bientôt rentrée,

Ni Lorenzo non plus, c'est parele jurée,

LOUIS FIîECHETTE 5

Je ne passerai point la nuit sous ce toit-ci : l'n souffle de malheur semble flotter ici î

(On entend un bruit de pas.) Ou vient... Un bruit de clé !... C'est Teresa peut-être !...

(Avec un cri de joie.) Non, c'est par le couloir, dérobé. . ., C'est le maître !. . .

(Elle court à !a porte secrète-)

C'est Lorenzo, c'est lui !.. .

(La porte s'ouvre ; le duc de San Giuliano paraît, et Stella se précipite dans ses bras.)

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