‹ Les soirées du gaillard d'arrière (volume 2)Chapitre 11 sur 11 · NOTE3S · texte numérisé non relu

NOTE3S

— Ah! sénéchal , j'ai perdu ma mère... ( P. 296. ) Voir , dans l'histoire de saint Louis, par Joinville , le récit de cette entrevue.

— Àppareillemotre navire . (P. 297. ) Préparer vos navires. « Les galies i estoient toutes appareillées. » ( Joinville.)

Ses nefs faist tost appareiller ( vers loSg).

Benoît, Chroniques de Normandie.

Touz appareillés de combattre...

Guillaume Guiart.

La navie le port esloigne...

Le méine^

« Après ces choses atirerent ( préparèrent ) les frères au Roy leur navie et les autres riches homes qui estoient en Acre. » (Joinville. )

— Chievetains. (P. 298. ) Chefs.

— Mais de porter la grève ainsi que font les femmes. (P. 298. ) « Quant nous fumes à Poytiersje vi un chevalier qui avoit nom monseigneur Gyeffroy de Rançon ; que pour un grant outrage que le comte de la Marche li avoit fait, si comme l'on disoit, et avoit juré sur sains que il ne seroit jamez roingnez en guise de chevalier ( qu'il ne porterait jamais les cheveux courts comme les chevaliers), mes porteroit grève, aussi comme les

femmes fesoient, jusques à tant qu'il se verroit vengié du comte de la Marche. » Les cheveux en grève étaient ceux que les femmes portaient dans toute leur grandeur et épaisseur. Grève est un emprunt fait à l'anglais: tôgrow, croître, dont le participe est grew. Le saxon^qui Si\ a.\\. gracf, signifiant forêt épaisse, pousse dé bdis, donna à l'anglais grave , tVoii grow ci gre^v. Le bas latin fit de l'anglô-saxon grove : grevas , signifiant épais. Voir du Cange.

— Marié des VeYtus. (P. 299. ) « Madame Marie de Vertus, moiilt bone dame et moult sainte femme, me vint dire que la Royne menoit monlt grant deulz, et me pria quej'alasse vers Il polir la reconforter. « ( Joinville. )

— La femme que vous haïssiez la plus. ( P. 299. ) « Car ce estoit la femme que vous plus haïes, et vous en menez tel deul. « (Joinville. )

— Elle ne souffrait guère que son fils restât en votre compagnie. ( P. 3oo. ) « Les durtés que la Roynè Blanche fist à la Royne Marguerite furent tiex ( telles), que la Roynè Blanche ne vbuloit soufrir à son pooir que son filz fcut en la compaihgnie sa femme , ne mèz que le soir quant il alloit coucher avec li... , etc. » ( Joinville. )

— M' inspirer "beaucoup d! amour pour la reine. (P. 3oi. ) four tout ce paragraphe et celui qui précède, voir Joinville, que j'ai suivi pas à pas, autant que je l'ai pu.

— Celte petite estoire. (P. 3o5.)Estoire, dans le français du xiu« siècle signifiait: Flotte. Voir index Ae VArch. nav.

— La nef débarrassée de tout l'attirail qui avait transformé sa cale en écurie. (P. 3o6. ) Pour les dispositions de l'écurie des nefs du xiii" siècle, et notamment de celles qui , en 1270 , portèrent les hommes d'armes, les chevaux que saint Louis emmenait, avec lui en Afrique, yoir Jrck. nav., Mémoire n"* 7, 2« vol., p. 4^4 5 un plan que j'ai dressé de la cale d'une des nefs louées par Guido de Corrigia, au nom de la commune de Gènes, aux envoyés du roi de France.

— Nécessaires à huit cents personnes. {P. 3 06.) La iief du roi portait en eiffel huit cents passagers. Joinville l'affirme : « car il avoit bien huit cens persones en la nef que touz feussent

saillis es gailies, etc. » La Monnaie , bien qu'elle fût grande n'était point encore des plus grands navires de son temps ; les Statuts de Marseille (xiii« siècle) parlent en effet de vaisseaux portant mille passagers et plus. Voir Arcli. nitv., Mémoire no '^j 2* vol., p. 40:7.

Deux inspecteurs du passage. (P. 3o8.) Le chap. 34, liv. !«'" des Stntuta MassUiœ ^ intitulé: De observatorihus passagii in singulis passagiis eligeiidis, ordonnait que, pour chaque voyage, trois hommes probes, experts aux choses de la mer, connaissant les lois, et prudents, devaient être choisis pour veiller à tout ce qui regardait le passage, c'est-à-dire l'observation des conventions entre les patrons des nefs et les passagers. Ce qui était de la place occupée par les pèlerins et les chevaux les regardait, comme aussi l'inspection des vivres qu'embarquaient les taverniers.

— La chambre du roi , placée dans l'étage supérieur du clidteau d'arrière... (P. 3o8.) Pour tout ce qui est des dispositions de la nef du roi , je renvoie à la restitution que j'ai faite d'une nef du xiii^ siècle dans le Mémoire n" "j de \ Arch. nav. — Lorsqu'on novembre iSS^, M. le marquis de Villeneuve- Trans préparait l'intéressante Histoire de saint Louis qu'il a publiée depuis , il me demanda communication du Mémoire sur les navires de saint Louis et de la marine du xiii*^ siècle, que l'Académie des inscriptions avait honorée d'une médaille d'or, au concours des antiquités nationales; je me hâtai de satisfaire le savant écrivain, et de lui envoyer à Nancy le manuscrit que je possédais. Avant qu'il ne quittât Paris, je lus à M. de Villeneuve la partie du récit que j'annote, qui est relative à la nef du roi, pour lui faire connaître les dispositions intérieures des navires contemporains de saint Louis , et particulièrement de celui où la cour prit passage avec plus de •joo personnes. M. Villeneuve-Trans a fait à mon travail l'honneur de l'estimer assez pour en citer les principaux résultats, p. 536- 5^6, t. 2, de son Histoire. Mon écriture, très fine et très mauvaise, devait tromper plus d'une fois M. de Villeneuve; aussi quelques fautes assez giaves se sont-elles glissées dans les citations de mon Mémoire. Maintenant que ma dissertation sur U

marine du xiii« siècle esl publiée, je souhaite que les lecteurs de l'histoire de saint Louis veuillent bien rectifier ces erreurs. Je suis fort reconnaissant à M. de Villeneuve d'avoir donné une place à mes recherches sur les navires de saint Louis dans un ouvrage où mon nom a la bonne fortune de se trouver après ceux des écrivains éminents dont il invoque l'autorité, à l'appui de ses récils pleins d'émotion et de charme. Je m'estime bien heureux qu'un Mémoire qui avait trouvé des juges indulgents à l'Institut, ait pu inspirer à un érudit comme M. de Villeneuve ces lignes bienveillantes , qu'il m'adressait de Nancy le 26 décembre iSS-j : « Vous avez procédé si rationnellement, toujours armé de preuves, ne vous lançant point dans le vague, que je regarde votre ouvrage comme un modèle en ce genre... Aussi peut-on affirmer que vous avez fait une œuvre curieuse, neuve, savante, pleine d'intérêt, et vous avez raison de dire que vous avez fait une découverte et résolu une question d'antiquité, d'une grande difficulté , sans doute , puisque personne n'avait encore osé l'aborder en face et le compas à la main. »

— La diapclle où le légat... (P. 3o8.) « Icel glorieus trésor dou cors Nostre Seigneur fit mettre ou plus haut, et ou plus convenable de sa nef, et fit par dessus faire un tabernacle couvert de dras de saye batus à or. Par devant le tabernacle fu un autel dréciés, qui aornez fu de riches aournemens, olx li Rois fit dire tous les jours le service de la messe entière, fors le canon et ce qui appartient au sacrement » ( consécration ), « et toutes les heures canoniaus ; et estoient revestu li ministre de l'autel si comme il appartenait à la journée » (Nangis). Mêmes détails dans le latin de Geoffroy de Beaulieu,

— Ce jiit au-dessus de la seconde hajiiie. (P. 3o8. ) Les bannes étaient les étages et logements du château d'arrière. Les nefs un peu grandes du xiii*' siècle en avaient deux , l'une au-dessus de l'autre , et toutes deux supérieures à une grande chambre placée au-dessus de la seconde couverte , à la hauteur du corridor, chambre qu'on appelait le paradis. Voir Arch. nav.. Mémoire n° 7.

— Le général de l'ordre des ânes. (P. 3ii.) L'ordre des Malhurins était appeléTordre des ânes, parce que les religieux

de cette observance, par humilité, ne montaient jamais sur des chevaux, mais seulementsur des ânes. Le général de l'ordre dont il s'agit ici était Nicolas, qui mourut en 1256.

— Et des comités. (P. 3i3. ) Les comités étaient les chefs des galères, après les gentilshommes^ qui en avaient le commandement militaire. C'était les' hommes pratiques, les directeurs de la manœuvre. Le nom de comité, qui est resté encore dans les bagnes, où les chefs des gardes chiourmes sont appelés : corne et sous-come ; ce nom vient, selon moi, non pas de comis , signifiant : doux, épithète qu'on aurait appliquée aux chefs des galères par antiphrase et parce qu'ils étaient souvent très durs, mais de cornes, comte. On voit en effet dans les annales de Gênes, à la date du xiii^ siècle, le titre de cornes galeœ donné à plusieurs personnages importants qui commandaient les galères.

—Le roi..., pleurant à chaudes larmes... (P. 3 16.) PleuriEr n'était pas chez les hommes du moyen âge une preuve de fai blesse. Les histoires de cette époque nous montrent les preux les plus forts, les chevaliers qui se jetaient le plus hai-diment dans les périls , pleurant à chdudes larmes quand ils avaient quelque sujet d'affliction. Aucun chevalier ne croyait alors qu'il fût honteux de paraître sensible, et ne laissait aux femmeâ l' éloquence des larmes. Nous voyons Charlemagne pletirer trois jours durant, le pape Léon qu'il he fconnaissait paâ; nous voyons Joiriville,» moult fortement plorer,» en demandant uhe grâce au roi ; nous voyons le duc de Bourgogne *« geter sa cote a armes de ses yex tout en plorant, w pour ne pas voir JérUsaleih aUx mâirts des ennemis de Dieu; nous voyons Bon de Châtéau-RaoUl « plorer moult durement , » en se félicitant avec Joinville du départ du roi et des chevaliers j qui s'éloignaient de la terre-sainte. Je pourrais multiplier les exemples. Aujourd'hui les homiîles rougiraient de pleurer; sont- ils donc plus éhergiquement trempés que ces rudes chevaliers j chez qui les pleurs étaient si faciles?

— Les galères 'avaient été repeinte^ . (P Sijg..) Voir aîi sujet de ce luxe des galères , la peihtùié cJUe Jbîhville fait de la galie

ciii comté fie Jaffe, son parent , et le Mémoire n"* 4 d»"' \'Arcli. nav,^ p. 480, i*"^ vol.

—"A leurs pennes et a leurs carreaux. (P. Sao.) Les antennes étaient composées de deux pièces* l'une, et c'était la plus longue, s'appelait la penne j l'autre, plus courte, s'appelait le car, carreau, ou carrau. Voir Arch. lïav,, t. a®, p. 388. Il n'est pas inutile de faire remarquer que les navires de saint Louis étaient, en général, voilés à la latine comme les galères. Voir V Arch., t. a. Mémoire n" 7.

— Et des béguines qui servaient Marguerite. (P. 3'2o.) « Une des béguines la royne quant elle ot la royne chaucée , si ne se prist garde, etc. » (Joinville.)

— Le gloricus trésor du cor nostre Seigneur. (P. 32 1.) (Nangis.)

— L'aiguille aimantée qui, flottante dans un fétu, sur l'eau d'un vase... (P. 322.) Voir sur l'étal de la boussole au xiu* siècle le Mémoire n" 3 de V Arch. nnc, p. îoS, i*»" vol.

— Les /;;c»;f;e?,s-. (P. 3 22.) Nom des matelots d'un certain rang, dont la place pendant la navigation était à la proue. Ils étaient chargés, outre le service du màt de l'avant, de tout ce qui était relatif aux ancres, aux gomèhes ou câbles, allx louées, etc.

— A Faide des barges de can'tier. (P. 32 2.) Les barges ou barques de caritier étaient dé grandes embarcations, faisant auprès des nefs d'une certaine importance l'office qlie font les chaloupes auprès de nos navires. Les barges de cantier restaieiit ordinairement à la traîne del'rière les nefs, qui ne pouvaient pas les embarquer , parce qu'elles étaient trop longues. Les petites nefs n'avaient pas de barques de caritier. Voir à ce su]elV Arcli. nav.. Mémoire n" -j, p. 4o4j t. 2.

— Là chose est-elle hiciï arrée ? (P. 324.) Arrée , arrangée. Le verbe dr¥er& donné à là mal'iile agréer et agrès. Voir 1'///dex de YArch. riciv. et Joinville, décrivant l'appareillage des h'efâ de Maiséille.

— L'enseigne Saint-Ûenis. (P. 324.) L'oriflamme. Voir le récit que fait Joinville de l'arrivée du roi à Damiette.

— ' Les poulies des joncs. ( P. 325. ) Les joncs étaient les

palans des amans, les drisses des itagues. Yoir yéir/i. nno., Mémoire n** 7, p. "igG, 2* vol.

— ^ifrc sa sparciiie. (P. 826. ) Voir plus haut, p. 291.

— Chantez donc de par Dieu. (P. j^G.) (Joinville.)

— Desharnacher les voiles. (P. 826. ) Déployer les voiles, ôter les rabans qui les retiennent serrés contre les antennes ^ oter les harnois des voiles.

Dune veissez ancres lever, Estroins traire , liobens fermer , Mariners sailler par ces nefs, Delierneschier veilles et trefs.

Wace , Roman de Brut.

Voir Arch. nav. , !*■■ vol.. Mémoire n" 3, p. i']5.

— Le terzarol , dont l'antenal est long comme la colombe du navire. (P. 328.) L'antenne du terzarol était grande, en effet, comme la quille ou colombe de la nef. L'antennal était le côté de la voile attaché à l'antenne, l'hypothénuse du vaste triangle rectangle dont le sommet de l'angle droit était le point d'écoute de la voile. Voir Arch. nav. , Mémoire n" 7, p. ^33 2* vol,

— Etabli le dolon , voile bien plus petite que le terzarol. ( P. 328. ) Le dolon était une voile inférieure au terzarol ( la seconde des voiles qui se hissaient au mât de l'avant) et à la majeure que portait le mât du milieu. Le Cavitulare nauticuni de Venise (i255) ordonnait, chap. 18, que toute nef, buse ou buse-nef de 3oo à 600 milliers, eût à la proue les voiles .lUivantes : un artimon {(irtimonuni pour artemonuni) un terzarol, un dolon {dolocium pour dolonum ou doloneni) de futaine ou de bombasie, et un papillon {parpaglonem) de canevas; au mal du milieu une grande voile (majorem), un dolon de bombasie ou de baracan, et un papillon de canevas. Le canevas, le baracan , la bombasie et la futaine étaient des espèces de toiles, les unes en fil de chanvre, les autres en coton. Les noms de ces toiles , venus jusqu'à nous , s'appliquent à des étoffes qui n'ont aucun rapport avec celles qu'ils désignaient autrefois. Voir ArcJi. nav,, Mémoires n"' G et 7, 2« vol.

— La mer cxt souvent félnncssc. (P. 328. ) « Pour la mer qui est plus felonnesce cri yver que en esté. (Joinville.) Voir Index de X Arcli. nav . sur ce mot, qui veut dire : méchante , traîtresse , perfide.

— Que les jeux de déz... (P. 329.) « Et prit les dez et les tables et les geta en la mer, et se courouça moult fort à son frère de ce que il s'estoit sitôt pris à jouer aux deiz. » (Joinville.)

— Inventions de V ennemi. (P. 029.) Le diable, que les hommes pieux avaient horreur d'appeler par son nom, et qu'ils nommaient seulement l'ennemi.

— On s endort en effet le soir... (P. 33o.) « Car l'on se dort le soir là où en ne scet se l'on se trouverra ou foons de la mer. » (Joinville.)

— Jusqu'aux noyaux d'or de leurs robes... (P. 33o.] Les boutons d'habit étaient alors appelés noyaux, peut-être à cause de leur forme. « Et vesti les robes que le soudanc li avoit fait bailler et tailler, qui estoit de samet noir, forré de vair et de griz, et y avoit grant foison de noiaus touz d'or. » (Joinville.) Ces boutons d'argent ou d'or avaient une valeur qui , au besoin servait à ceux qui les portaient; c'est peut-être depuis cette époque qu'on a dit proverbialement d'un homme riche : » Il a des noyaux ! »

■ — Ornements qui appartiendront à la journée. (P. 33o.) Voir ci dessus p. 377 : La chapelle, etc.

— Et moi-même je halerai sur les cordes... (P. 33i.)((Vouil insuper, quôd nautœ prœdicti singuli confiterentur sacerdotibus ad hoc electis : et ad hoc ipsemet oresuo exhortalionem fecit eisdem valde salutarem et efficacem , persuadens ipsis et exprimens quàm fréquenter essent in mortis periculo, propter maris discrimina repentine. Intercœtera autem dixiteis verbuin notabile et memoi ia dignum , videlicet , quod si intérim clum unum nautarum confitcretur peccata sus navis officio suo forsi tan indigcrct: ego, inquitRex, libenter manum meam apponam sive ad cordant trahendani , siée ad aliquid aliud faciendum. » (Geoffroy de Beaulieu.)

— La procession autour des deux mats. (P. 33i .) « Samedi estoit j nous feismes la première possession entour les deux

â^a LE RETOUR DU ROI.

mats de la uel » dit Joinville raconlaut qu'après son départ de. Marseille on vil devant le vaisseau une montagne toute ronde, qui paraissait et disparaissait, et que les mariniers prirent pour la terre de Barbarie. Cette montagne de brouillards était sans doute une de ces apparitions fantastiques que les Anglais nommèrent, je crois, ie cajj Farcivcll (le cap adieu, le cap qui s'en va), avant d'avoir donné ce nom à des caps véritables. Les anciens HoU^ipdais appelaient : montagne de beurre ou inontagne fondante , ces masses biujiipiuses qu'op prend quelquefois 4e loin pour des terres, et qui se dissipent quand on en approche,

— Achevai sur l'cxtréniitc de la penne, i^. 333.) Les boipmes qui faisaient la guett^ allaient dans les gabiçs, ou ppur découvrir de plus loin , au bout de la penne des antennes. Les Italiens du xvi^ siècle appelaient cela : jar l'Iiuomo alla penna. Les Vénitiens disaient : far cicogna , parce que le guetteur, qui élçiit attaché à la penne, tendait le cou pour mieux voir au loin. ( Pantero-Panlera, Vocaholario naiitico à la suite de X Arniata navale.)

— Le sommet du Mont de la Croix. (P. 333.) Joinville dit : « Le samedy veimes l'ille de Cypre, et une montaigne qui est en Çypre que on appelé la montaigne de la Croiz. » Geoffroy de Beaulieu n'est pas d'accord sur le temps de la traversée avec le sénéchal de Champagne; il dit : « Tertia nocte postquam h porta Achon cum eo recessimus aliquantuluni ante diem , duin prope Cyprum essemus, navis subito impegit in rupem sive in lingulam lerrœ, vel areniE, induratam quasi in lapiden. Rupes illa, sive lingula procul prolendebalur in mari... » Je ne puis douter que Geoffroy de Beaulieu n'ait raison contre Joinville; il y a, en effet, environ 70 lieues d'Acre au cap de Gatte, et pour un navire ordinaire qui n'est pas contrarié, deux jours sont communément nécessaires à cette traversée, qu'un bon navire de guerre, très favorisé par ie vent, peut seul faire en vingt-quatre heures. En admettant que la nef du Roi marchât très bien et qu'elle eût constamment un vent favorable , on verra que deux fois vingt-ijuatre heures doivent être le minimum du temps de la route d' Achon à Chypre, d'autant plus que la Monnaie n'était pas seule, que le Roi pe

voulut pas s'éloigner de son convoi, el que, clans les douze navires, il y en avait ceitainement qui n'avaient pas les qualités de la nef de saint Louis. Cette raison suffirait pour faire rejeter la version de Joinville; mais il en est une autre tout-à-fait décisive. M. de Villeneuve-Trans dit, p. 444 ? '^^ ^o'« 4^ son Histoire de saint Louis , que « dans la nuit du vendredi au samedi (du 25 au 26 avril), un coi^p de vent poussa la nef royale vers les côtes du Monl-Carmel; » que Louis y descendit au point du jojLir pour entendre la messe; enfin qu'il se rembarqua avec quatre moines, qu'il avait pris au couvent, et qui firent sans doute leurs adieux à leurs frères pendant qnclcRoi visitait la grotte habitée par EJie qjuand il fuyait les persécutions d'Achab et de Jozabel. Ce fut là un grand retard, six ou buit heures à peu près. Le départ du Roi ne doit être compté que de son appareillage de la côte du Carmel , et en donnant à sa navigation seulement les quarante-huit heures que mettent à faire ce trajet les navires modernes, on voit qu'il dut arriver devant Chypre: tcrtia noctc , aliqiKtntulam nnte dieni , comme le dit Geofiroy de Beauiieu. De cet examen d'un fait que la critique des historiens n'avait puéclaircir, il résulte pour moi deux choses, i" que le copiste du premier manuscrit de /oinville aura lu ; samedy, wx probablement il y avait : luuedy; 2" que les nefs du xiii« siècle avaient une marche qui ne les faisait pas différer beaucoup des navires modernes. Il y avait ipême de ces nefs qui marchaient très bien , car celle de Joinville fit cinquante lj,eues en moins de quinze heures à son départ de la terre sainte , si l'on en croit le bon chroniqueur. A la vérité les pioyens qu'employaient les mariniers pour estimer laroute faite étaient peu fidèles ; mais en admettant un chemin de quajrapte lieues , au lieu de celui qu'annonce Joinville, on arrivera à cette conviction que les nefs du xui« siècle étaient d'assez bonnes marcheuses. M. de Villeneuve dit que saint Louis ayant regagné la côte du Mont-Carmel « et s'étant remis en mer, arriva le soir même en vue de l'ile de Chypre et de la montagne de la Croix. » Cela ne ferait que douze heures de navigation , ce qui q'est admissible ni d'après la veision de Joinville, ni sur-

tout d'après celle de Geoffroy de Beaulieu, qui est !a seule vraisemblable.

— La Monnoie ressentit une terrible secousse. (P. 334.) Joinville dit: ■< Dont il avint que nostre nef hurta à une queue lie sablon qui estoit en la mer. » Le confesseur de la reine Marguerite s'expi'ime ainsi à propos de cet événement : « Une nuit un pou devant le jour, la nef en laquelle li benoiez Rois et la B-oine sa femme et ses enfansestoient... cele nefempeint et hurta en une dure gravele, et fist adonques ladite nef un grant saut, et quant cil qui esloienten la nef sentirent ce, ils dolerent moût que la nef ne fust rompue. Et comme aucuns d'eus criassent pour la poor du péril , li benoiez Rois ala tantost qui de riens ne fu cspoenté , devant le lieu ou le vrai cors Jhesu-Christ estoit mis, par le congié du légat de Romme l'evesques Tusculan, et ilecques se mist li benoiez Rois enclin à terre à coûtez et a genouz, et fu ilecques un pou de tenis en oroison. « (Fol. 3o'y, édit. royalede 1761, à la suite de l'histoire de Joinville.)

— Le garbiii qui soufflait assez gaillard. (P. 334- ) « Par un vent qui a non guerbin , qui n'est mie des quatre mestres venz , » dit Joinville au commencement de son histoire. Le garbino est en effet le vent intermédiaire entre le sud et l'ouest, celui que nos marins appelent le suroit. Le garbino est le même que le libcccio. Autour delà rose des vents qui est gravée sur les dalles de la place Saint-Pierre à Rome, on lit les noms suivants : tramontane qui est le Nord, tramontane-greco ['^ ~ N. 'E.),greco (N. E.), grcco-lcvante (E. N. E.), levante (E.), levantc-scirocco (E. S. E. ), scirocco (S. E.),ostro-scirocco ( S. S. E. ), ostro{S. ), ostro-libeccio ( S. S. O. ), libeccio (S. O.),

ponente-libeccio (O. S. O.), ponentc [O.), ponente-maestro ( O. N. O. ) , maestro ( le maistral des Provençaux ) ( N. O. ), trnmnutane-maestro (N. N. O.).

— E t tous frappaient dans leurs mains. (P, 335,) « Et les mariniers et les autres batoieut leurs paumes. » Joinville.

— S'arrachaient la barbe, déchiraient leursrobcs. (P. 335. ) (1 Si desperez que il dessiroient leurs robes et leurs barbes. >; Joinville. Voir aussi Geoffroy de Beaulieu et Guill. de Nangis.

Li: iitiotiR i)t iioi 385

— Ctjp des Gdttcs. (P, 3^7.) Je pense que c'est sur le banc (Jout le cap dcllc Gattc fait la tète, que la Monnaie dut toucliei- ; il me semble que pour les personnes (|ul liront attentivement le récit de Joinville , en cherchant, sur une bonne carte des côtes de l'île de Chypre, « la queue de sablon » et « les roches qui estoient couvertes, a où la nef « eiist élé toute esmiée, » il ne restera aucun doute sur la probabilité de mon hj-pothùse.

— La baie de Limeson. (P. 337.) A son arrivée en Palestine, « le Roy ancra au bout d'une terre que l'on appelle la pointe de Limeson, et touz les autres vessiaux entour ii. » Ce lut sans doute dans la baie fermée d'un côté par cette pointe que les nefs qui suivaient saint Louis le 20 avril 1 264 , allèrent se mouiller pendant l'échouement de la Mu/inoie, L'Atlas catalan de 1370 (Manuscrit appartenant à la Bibliothèque royale) nomme Limi.s.so ce cap, qu'on voit appelé Nirncssun dans ces vers de Guillaume Guiart qui se rapportent à la croisade de 1248:

La navie le port esloinguc.

Par la grant mer, aveuc les nue»

S'en vont les voiles estcndues , Tant qu'ils sont , ce dit la leçon, En Cliypie au port de Niineçon.

Sur l'Atlas catalan, près de Liniisso se trouve Gai'alo, qui est peut-èhe le cap appelé délie Gatte par les Vénilienï.

— Elocliês. (P. 339.) « Car il ne veoient pas coiument la nef pcList souffrir les cops des ondes, pour ce que les clous de (juoy les planches de la nef estoient attachiez estoient tous cslochez. » (Joinville,) Eluchc veut dire hors de sa place: é loco.

— Sept mille lii'res et plus. ( P. 34o. ) Ce détail diffère par le chiffre de celui qu'on trouve dans le récit de Joinville; voici sur quoi je fonde ma rectification. Le registre J. 456 des Archives du royaume , manuscrit précieux qui contient les marchés de saint Louis avec les Génois pour la croisade de 1270, nous fait connaître (pièces n° i et 2) que des nefs, inférieures en capacité à la Monnaie , coûtèrent de construction t. 000 livres tournois, ou 119,000 francs, selon l'estimation de M. le

38û î-K r.r.TouR nu Ror.

maïquis de Vil'.eiieuvc-Trans , qui porte la valeur de la livre tournois à I7 francs. ( t. I", p. 90, Ili.st. de saint Louis.) 1 1 9,000 iV. me paraît un prix aussi raisonnable que 68,000 fr. ou 4>ooo livres tournois me le semblent peu , quand je vois Pierre d'Oria demander 3,ooo livres touinois , ou 5i,ooo fr. pour la seule location de la nef le Paradis , qui porta saint Louis à Tunis ( Marchés de saint Louis , pièce n° 3); quand je vois surtout Henri d'Oria et Jean de Momardino s'obliger à faire construire et à louer pour un certain temps une sélandre, navire plus petit que les nefs des pièces i et 2 , moyennant la somme de in, 000 livres tournois, ou 289,000 fr. Je suppose que quatre mille ^ qu'on trouve dans la meilleure édition de Joinville, est une faute qu'on doit attribuer aux copistes du premier manuscrit. Probablement le cleic qui avait écrit la chronique sous la dictée du bon sénéchal de Champagne, avait tracé les caractères suivants: VIP'; un premier copiste aura désuni les jambages du V, 017,000 seront devenus IIIP'. M. de Villeneuve.Trans (p. 449> ^- II de son Hist. de saint Louis) a adopté le chiffre (juatre mille. Je lui soumets mon objection, sans me dissimuler cependant qu'il est fort de l'opinion de Du Cange, mais en le priant de remarquer que le savant éditeur de Joinville ne connut pas les marchés que j'ai eu le bonheur de trouver aux Archives du royaume.

— Les maîtres d'hache, (P. 342. ) Les charpentiers. Ital. : mastrodasia.

— Olii'ier de Termes. ( P. 343. ) « Et n'osa demourer avec nous de poour de uaier. » ( Joinville. )

— A brisé son soc, ( P. 343.) Les plongeurs déclarèrent que dans le heurt contre le sablon , la nef du Roi avait perdu environ « quatre toises d« tyson , sur quoy elle estoit fondée. » t)ans un autre endroit, Joinville dit « trois toises. » Cette circonstance de la perte de 18 à 20 pieds de la quille du navire, avait pu effrayer beaucoup les passagers , et la terreur d'Olivier de Termes est concevable jusqu'à un certain point.

— La Monnaie é/ait si fort cnhuclice... ( P. 347. ) Si élevée, ^nhiiehée, du breton u'ch, signifiant: élevé. Voir la resti-

T,!' RPTOUU DU ROf, 087

tution d'une nef du xiii^ siècle, j). 379, 2«vol. de V Arch . run* .

— Pendant qu'on culvvc les parois de la cliamhvc de Sa Majesté. ; P. 348. ) « Les parois de la chambre le Pvoy convint abattre, ne, il n'avoilnuUi léans qui y osast deinourer, pour ce que le vent ne les emportast en la mer, » ( Joinvilie. )

— Une nef d'argent de cinq marcs. ( P. 34iJ. ) J'i' voulu savoir si quelque souvenir de cette nef est resté à Saint-Nicolas de Varangeville, et je me suis adressé à M. le préfet du département de la Haute-5larne, qui m'a fait l'honiieur de me répondre qu'à Saint-Nicn!as-du-Port , village situé non loin de Varangeville, (jui jouit d'une grande célébrité dans le xi^ siècle et les su'vants, comme lieu de pèlerinage très fréquenté par les populations de la Lorraine et de la Champagne, la tradition de la nef vouée par Marguerite de Provence à saint Nicolas est complètement effacée. Les archives de la Haute-Marne n'ont rien qui se rapporte à cet ex-voto, qui, dans les guerres, ne dut pas être respecté par le vainqueur. La matière dont était faite la nef, autant que la pensée de déplaire profondément aux habitants de la contrée, qui avaient probablement un respect sincère pour une relicjiie commémorative d'un miracle , décida sans doute l'étranger qui fit irruption en Champagne à s'emparer du navire dont je regrette beaucoup de n'avoir pu connaître la forme. Toute grossière qu'elle pouvait être, cette tief faite par un orfèvre de Paris , ignorant les principes de la construction navale, m'aurait pourtant donné quelques détails d'ornements, précieux en l'aljsence de tout document certain sur la décoration extérieure des nefs du xiii<^ siècle.

— Le Roi est contraire à mes désirs... ( P. 349. ) Joinvilie s'exprime ainsi : « Mes le Roy est si divers que si il savoit que j'eusse promis sanz li, il ne mi léroit jamez aler, » Ce n'est pas le seul passage où le sénéchal de Champagne fait remarquer qu'un certain froid existait entre la reine et son époux. En parlant de l'arrivée de Marguerite à Sayette, après son accouchement de la princesse Blanche, Joinvilie fait remarquer que le Roi lui demanda si la Reine et ses enfants étaient bien portants, et il ajouta : « Ces choses vous ramentois-je, pour ce que j'avois jà esté cinq ans en tout li , que encore ne m'avoit- il parlé de la

LE RETOUR DU ROr.

rnyne ne des enfants, que je oisse, ne à autrui; et ce n'estolt pas bas bone manière, si corne il me semble, d'estre étrange de sa femme et de ses enfans. »

— La bourrasque était passée... ( P. '349- ) Le confesseur de la reine raconte en ces termes une circonstance de cette scène : « La Ptoins Marguerite dist aucune foiz à plusieurs personnes et à saint Patur son confesseur, c'est à savoir, que quant li benoiez Rois, et ele et les enfanz desus diz estoient en cel péril, les nourrices des enfanz viendrent à li et li dirent: » — « Madame^ que ferons nos des enfanz? les esveillerons nos et » leveron ? u Et la dame desesperanz de la vie corporelle des enfans, et de la sienne, respondi : « — Vos ne les esveillerez pas , ne les lèverez, mes les lèrez aler à Dieu dormanz. u Et ele le dit, comme celé qui graut esperanze avoit que ils deussent vivre perdurablement en paradis. — »

— Frère Jehan Caym de S aintc-?,Ienehoult , ( P. 355.) • Je avois retenu Caym de Saint -Manchot, qui moult bien me servi deux ans , miex que home que j'eusse oncques entour mov. » ( Joinville. )

— La grosse taglie de la drisse au vent. { P. 355. ) La grosse poulie de l'aman ou drisse de l'antenne.

— Quant aux Jllles jeunes qui entrent dans son moustier, (P. .356. ) J'ai cru pouvoir hasarder dans ce sermon une imitation d'un passage Z>r/ legimento e dé costumi dclle donne .^ ouvrage très curieux de messire Francesco Barberino, poêle florentin de la fin du xiii' siècle, et auteur des Docunicnti damore. V^olci quelques uns des vers que j'ai traduit librement:

» E se l'avvien , clie là giovaiie ci entra , Costci conviens al tutto via lasciare Of;ni lavare , c liscio , et ornamento; Ch'c laida cosa vedere alcuna d'esse Portar di fuori la pelle d'agnella E sotto quella del diavol la faccia.

Che ponian pnr che voglia parer bella' , Assai più place anco sicondo il mondo , S'ella non paja , che di cio si cnri. Constei couvien lassare ogni parlare Audare , c star di vauità iiel mondo ,

Usar le cliiese, o pater nostri in mauo

E l'orazion soventc à suo potere.

Qiiando co' fratri parla in pcuitenza

O qnando è lor davanti al predicare

O per sue altre monizioue iidire ,

Non gli tenti co},'li oclij , o col parlare.

Non curi a ver tra lor divoti, salvo

Cbe negli antidii l'anima rifidi...

E non si lascino ingannare à certi

Che vengon sotto specie d'ammonite ;

Poi nel parlar riscono a volere

Tentarle di parole et an' di fatti...

Lassar convengono il lor veli, e drappi ,

Tuta leggiadria , e vana vista al moudo.

E loro usanza colle veechie sia...

Cbe la mi par se non ben vccchie sono

Grande follia per lo pericol grande ;

Ch'egli è a tener la paglia a piè del fuoco :

Che raeglio val sanza vota servare

Che piacc a dio, clie far voto , e peccare. »

( Parte VIII, )

— Le Roi s'était signé la bouche. (P. 358. ) « Le Roy. ,, si seigna sa bouche et nous dit ainsi... Car madame ma mère me dit que toute fois que je voudroie dire aucune chose que je appelasse l'aide du saint Esprit et que je seignasse ma bouche. '^ ( Joinville. )

— L'ile de Lampadouse, ( P. 35g.) Joinville l'appelle Lempiouse, et l'atlas catalan de iS^S la nomme Laxpossa.

— Laisse trois sacs de biscuits. (P. 359.) Tout ceci est emprunté à Joinville qui dit : « Lessa treiz sacz de bicuiz sur la rive, »

— Qu'on les mette dans la berge de cantier. ( P. Sfia. ) Voir Joinville et le "i.^ vol. de VArcli. nav,, p. 406.

— A la nourrice du plus jeune des princes le tribut de son expérience. ''P. 565. ) Les conseils que j'ai cru pouvoir mettre dans la bouche de la Reine , je les ai empruntés à la partie xiii Del regimento e de' costumi délie donne, dont j'ai cité lout-àl'heure quelques vers. Il serait trop long de rapporter ici le passage que j'ai traduit en partie; je renvoie au livre de Barbe-

SqO I.V. RF.TOUR 1311 Ror.

rino qui n'est pas très raro, l'édition étant seulelnent de iSi5 ( Rome ).

— U/ie inontas^ne ronde apparut. ( P. 368.) Bien que celte circonstance singulière appartienne au voyage de Joinville partant pour la Terre Sainte, et non à cette navigation de saint Louis revenant en France, j'ai pensé que je pouvais me permettre de l'encadrer dans le récit du voyage du Roi; cest un détail qui n'est pas sans iutéiél pour la connaissance de ce ((u'aujourd'hui l'on appellerait les superstitions de l'époque. Voir ci-des us, p. 38 1 la note : La procession ^ etc.

— Même les malades qui s'y firent porter. (P. Sjo. ) « Je meismes ra'i fit porter par les braz, pourceque je estoie grief malade. « ( Joinville. )

— Sur le helnt... ( P. 37'2. ) La barre du gouvernail. Voir JrcJi. nav,. Mémoire n» 3, t. II, p. 171 et 181.

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