ÉBRI]ÎT
chaque jour ordinaire, et soixante au moins à certains jours de fête où l'ivresse était comme une prescription réglementaire.
Et quand je dis vingt pour cent, je ne crois pas exagérer, parce que, si je suppose qu'il y avait toujours plus d'un homme sur cinq pris d'eau-de-vie ou troublé par le genièvre, je suppose aussi qu'un peu de la force des ébriants revenait au travail de la manœuvre.
Au reste , ce n'était pas seulement les matelots qui avaient la dégradante habitude de la boisson ; les officiers abusaient aussi des vins de France et d'Espagne; et leurs plus doux passe-temps, quand ils n'étaient pas de service, consistait à deviser autour de la table du carré en vidant des flacons remplis aux coteaux de Médoc, dans les clos du Cap, ou aux distilleries célèbres des colonies; et cela jusqu'à ce que leur raison fût subjuguée par les liqueurs et le sommeil. Dans les rades où stationnaient leurs vaisseaux, soit en Europe, soit aux mers étrangères, chaque soir revenaient , couchés au fond des embarcations, et ramenés par des camarades seulement gris, des officiers que les hommes de l'équipage un peu plus sains remontaient à bord et livraient à leurs domestiques qui les couchaient. Les capitaines donnaient l'exemple à tous leurs inférieurs, et il y avait une