LUNDI 23 JUIN
Spectacle coupé en quatre pièces (grande largeur) dont trois entièrement neuves , couleurs locales variées, articles pour familles, fillettes et garçonnets.
Un lot de livrets inédits provenant de jeunes auteurs dramatiques, dont un seul, M. Pierre Barbier, n'est pas tout à fait inconnu du public, en sa qualité de fils de son père (M. Jules Barbier, collaborateur de feu Michel Carré).
Partie Carrée partition cubique de M. Lavello, compositeur d'avenir qui n'a guère plus d'histoire que M. Auger Delassus, son librettiste, ne s'étant produit qu'au Casino de Forges-les-Bains et en Algérie, où il fît représenter, au grand ahurissement des Bédouins, un opéra en 5 actes, les Chevaliers de il/j//e., Propriété exclusive de la maison. Cependant, M. Cazeneuve, compositeur d'une autre Partie Carrée^ a fait défense à la direction , ce soir même, par commandement d*huissier, de faire usage du titre. La maison, désireuse de satisfaire sanombreuse clientèle, a passé outre.
Coupes, coupons et morceaux détachés de Partie Carrée^ duos, airs et couplets chantés par la charmante Mlle Dupuis, une coquette senora espagnole, par MM. Herbert et Maris.
Au Comptoir du « Portrait ». Rabaisde 3oà
40 0/0 sur toute la musique défraîchie.
Eri'CâS pour Casinos, article de bains de mer, entièrement cousu de fil blanc : le Baiser ^ facile à monter, même en voyage. Pouvant se nettoyer; orné de musique facile. Partition (pour enfants de 5 à 8 ans), par M. Aldophe Deslandres, organiste à Sainte-Marie des BatignoUes (Priez pour lui !), qui fit représenter une première œuvre, jadis, à l'Athénéc-Martinet. Passe pour excellent musicien quoique second Prix de Rome. Son collaborateur s'appelle Henri Gillet (vestes , vestons d'appartement , coins de feu , robes de chambre, etc.).
Un lot d'interprètes de M. Adolphe Deslandres. Valeur réelle : MM. Bertin, Labis, Mmes Molé-Truffier et Adèle Rémy. Rabais sérieux,
EncluniB de Georges Pfeiffer, compositeur apprécié pour son répertoire de musique de piano. Maestro encore jeune (quarante ans à peine) et assez fortuné (associé de la grande maison Pleyel, Wolff et Cie).
Article recommandé, superht basse profonde :
Belhomme. Organe unique , incomparable pour faire résonner YEnclume. Ecrase sans peine petites voix du ténor Mouliérat et de Mlle Vial. Distribution dépareillée donnée pour presque rien.
Occasion inespérée ! Le même spectacle coupé sera encore donné deux fois avant la clôture , fixée au 30 juin courant.
mus ALLONS DIVORCER. — ON CASSERA DU SUCRE
L'année théâtrale finit en queue de poisson. Après les avortements successifs des directions temporaires de la Renaissance et des Menus-Plaisirs , voilà qu'un nouvel imprésario, le quarante-quatrième delà saison d'été, vient de rouvrir le théâtre du boulevard de Strasbourg, récemment fermé pour cause de malheurs judiciaires.
M. Lemonnier n'est pas un inconnu pour le public des petites premières. Cet entrepreneur se présente de loin en loin, assisté d'une nombreuse famille où chacun, petits et grands, se rend utile, sinon agréable. Le père dirige, la mère joue, les enfants figurent à l'occasion , tandis que les oncles , les tantes , les cousins et cousines s'occupent tant bien que mal.
Le dernier venu , M. Stephen Lemonnier, vient de faire ses débuts comme auteur dramatique en fournissant le spectacle d'ouverture : cinq actes, dont quatre de comédie, et une petite Revue.
La comédie, Nous allons divorcer, a été embellie par le chef d*orchestre, M. Georges Rose, d'une musique d'entr*acte extraordinairement variée : les flonsflons s'y mêlent à la mélodie wagnérienne avec un art qui fait la joie du public. On a bissé une polka et acclamé une sorte de De profundis de l'Avenir. Le succès de cette partie musicale a beaucoup nui au dialogue , vu l'obstination des spectateurs à ne s'amuser que lorsque la toile était baissée.
En revanche, la revue-miniature, On cassera du sucre, a été plus gaiement accueillie grâce à l'appoint de petites femmes qui ont chanté faux , selon les règles de la bonne tradition. Cependant, la scène dans la salle a paru bien fade, après celle que le public avait faite lui-même pendant les entr'actes.
A signaler , comme élément gracieux , la réapparition de Désirée — Désirée des Variétés) — Ellemême : un peu boulotte , mais encore agréable à regarder, surtout auprès de cette brave dame qui, affublée à l'antique , est venue chanter un interminable rondeau politico-philosophico-littéraire qu'on a accueilli sans trop d'enthousiasme.
Il serait superflu de s'étendre plus longuement sur une réouverture de ce genre.
Souhaitons seulement à M. Alphonse Lemonnier que sa famille , qui peut déjà lui donner un personnel administratif, des artistes et des auteurs dramatiques, s'augmente encore de façon à lui fournir quelques spectateurs.
Et maintenant je crois bien qu'il n y aura plus de nouvelle première d*aucune espèce avant le renouveau de la saison théâtrale. D'ici peu de jours, avec la fermeture du Palais-Royal, la saison parisienne sera définitivement clôturée. Artistes et spectateurs vont essayer de se refaire , de reprendre des forces pour Thiver à venir. Les directions d'été elles-mêmes auront fini leurs essais. Il ne me reste qu'à dire < au revoir » à mes chers lecteurs et à afficher, comme les théâtres parisiens :
RELACHE jusqu'au I*' SEPTEMBRE.
TABLE