‹ Les soirées parisiennes de [1874-] 1884 (volume 3)Chapitre 53 sur 114 · I .1111 III. I · texte numérisé non relu

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efficace, et le mieux est de traiter avec eux — dans l'intérêt des fameux droits réservés.

C'est pour cela sans doute que Téditeur, le sage éditeur du Roman de ce soir a cru devoir prendre une précaution dont il n'aura qu'à se louer si l' Opéra- Populaire doit jouer cinq ou six cents fois l'œuvre de M. Anthiome.

Ce dernier est , comme beaucoup de compositeurs encore méconnus, un artiste de valeur très apprécié des musiciens en général.

On discute beaucoup, dans les couloirs, sur la question de savoir s'il a eu ou n'a pas eu le Prix de Rome. Les uns affirment que oui ; les autres soutiennent que non. Il peut l'avoir eu. Ce serait, en tout cas, il y a vingt ou vingt-cinq ans.

Car M. Anthiome est arrivé , soit comme Prix de Rome , soit autrement , aux environs de la cinquantaine. Jusqu'à présent, il est surtout connu comme professeur. On sait qu'il fait un cours de solfège au Consei*vatoire.

Les deux librettistes n'ont pas d'histoire. L'un, M. Michel Masson fils, n'est pourtant pas un jeune homme, puisqu'il est à peu près contemporain de son compositeur. Mais, tant que M. Michel Masson père a vécu, son fils n'a témoigné aucune vocation dramatique. Son talent est une sorte d'héritage.

Reste le second collaborateur,

Tout le monde connaît « Laffrique ». Les Stanley, les Brazza ont publié sur son intérieur des travaux très estimés. Un petit voyage d'explorations personnelles m'a appris en outre que Laffrique est un jeune avocat qui aime tant le théâtre qu'il a accepté les fonctions de secrétaire à Déjazet.

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Le jeune ténor Sujol fils — un premier Prix du Conservatoire s'il vous plaît! — semble enchanté d'avoir quitté la Renaissance et l'opérette pour un genre parfois plus sérieux. Il porte un costume clair et de grosses bottes d'égoutier — des bottes populaires.

Bien que l'action se passe à Marly, elle n'est pas dénuée d'une certaine couleur locale auvergnate. C'est ainsi qu'au second tableau on danse une bourrée, parce que les dames de la cour portent des chapeaux de charbonniers au finale de l'acte précédent.

Peut-être l'auvergnat faisait-il fureur sous la Régence.

Et maintenant, recommandons aux typographes de l'afficheur Morris d'éviter une coquille facile à -commettre :

Le Roman d'un Four,

GAYARnÈ DANS « l PURÏTANI »

8 mars.

Il n'y a rien de changé dans / T^uritani, il n'y a qu'un ténor de plus. J'ai dit, tout récemment, quand on a repris l'œuvre de Bellini, tout ce que j'avais à en dire. Mais à ce moment le rôle d'Arturo n'était pas chanté par Gayarré ; .tandis que ce soir il l'est. Voilà toute la différence. Elle est immense. Sans Gayarré, cette reprise d'/ ^uritani nous avait paru triste, peu

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intéressante et privée d'éclat ; avec Gayarré, elle prend tout de suite les proportions d'un événement.

Le jeune ténor est actuellement le chanteur à la mode, l'artiste aimé , que tout Paris fête et acclame. Il suffit à galvaniser ce vieux répertoire du théâtre Italien, et son nom sur l'affiche assure les grosses recettes. Mais le chroniqueur n'a plus rien à raconter sur son compte. Il a épuisé le stock d'anecdotes dont le grand chanteur est le héros, et il ne pourrait entrer dans des détails sur la représentation de ce soir, qu'en risquant de se répéter.

Une question seulement :

Qui donc a conseillé à M. Gayarré de faire son second début dans / Turltani ?

Le 'choix n'est pas heureux.

II y a de tout dans l'opéra de Bellini , excepté des effets pour le ténor.

Au premier acte, le ténor ne paraît pas.

Il se montre à peine au second, dont les deux principaux morceaux sont l'air du voile que vocalise la prima-dona et le finale qui se chante sans lui.

Au troisième acte, il est constamment question d'Arturo, mais Arturo reste invisible.

Enfin on le retrouve au quatrième , et le public en profite 'pour lui faire sa petite ovation. Seulement il est tard ; il y a déjà beaucoup de vides dans la salle, et le dernier duo se chante devant des gens pressés d'aller prendre leur voiture.

A la prochaine représentation, on fera peut-être bien de commencer / 'Puritani par la fin.

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