LE ROMAN D'UN JOUH
7 mars.
Tout devient remarquable dans cette solennité lyrique et populaire ! Hier, je faisais remarquer la cocasserie des billets de service et voilà qu'aujourd'hui, sur la partition que me fait parvenir l'obligeant éditeur du Roman d'un jour , je remarque encore que l'avis habituel réservant « tous les droits » de cet industriel artistique est adressé non seulement à « MM. les directeurs ou artistes en Société », mais encore aux « théâtres forains ou ambulants ».
L'éditeur du Roman d'un jour pousse assurément la prévoyance un peu loin, s'il a prévu le cas où les auteurs et le maestro chercheraient à se' faire chanter sur les tréteaux de Neuilly, de Saint-Cloud et de la Foire au Pain-d'Epices.
Je sais bien que M. Anthiome a beaucoup attendu cette représentation. Cependant, si désireux qu'il soit de rattraper le temps perdu , il ne doit rêver ni les honneurs de la baraque Cocherie, ni l'interprétation des chiens savants du cirque Corvi.
Cet avis bizarre peut d'ailleurs s'expliquer aussi par une foi robuste dans la popularité future de l'œuvre.
Lorsqu'un opéra-comique, une simple opérette même obtient le succès retentissant de la Dame Blanche, du Domino noir^ des Cloches de Corneville et de la Fille de Madame Angot, les principaux directeurs forains s'emparent de l'œuvre en vogue et la promènent triomphalement sur tous les champs de fête de province. Impossible de leur opposer une interdiction