XII PREFACE
aucun ne pouvait, du vivant de Mortier, se vanter d'être son rival dansTopinion publique.
Le grand succès d'Arnold Mortier, qui Ta accompagné jusqu'à sa tombe sans que la moindre fatigue d'esprit fût jamais visible, ne repose pas seulement sur les facultés innées de son talent, mais encore sur le travail constant et toujours attentif de l'homme qui comprenait à merveille qu'il est plus difficile de se maintenir dans une situation acquise que de la conquérir; il avait la passion de son métier et un dévouement sans pareil pour son journal; il ne reculait devant aucun travail quand l'intérêt du Figaro l'exigeait. En douze années il n'a pas pris une heure de repos en dehors de ses vacances, et encore, quand la Soirée théâtrale chômait , au cœur de l'été , il ne cessait pas de travailler^ non seulement à ses pièces de théâtre, mais à des nouvelles ou des chroniques pour le Figaro , tant il lui semblait impossible de s'en détacher entièrement pendant plusieurs mois. A l'heure où la maladie le cloua définitivement sur le lit de douleur qu'il ne devait plus quitter que pour entrer dans son cercueil, il souffrait moins des maux incurables qui le déchiraient que de son élpignement forcé de son travail. Les moments lumineux dans ces longues tortures furent pour lui les entretiens avec les collaborateurs qui le suppléaient et à qui il donnait les conseils de son expérience avec le rayon^