‹ Les soirées parisiennes de [1874-] 1884 (volume 3)Chapitre 6 sur 114 · PREFACE XI · texte numérisé non relu

PREFACE XI

important et le sérieux d'un savant qui chercherait la (juadrature du cercle. De tous les rédacteurs du Figaro^ celui-ci faisait rire le plus, et c'est à peine si, de loin en loin, on le voyait sourire lui-même.

Aux premières représentations, Arnold Mortier fut toujours un sujet d'étonnement pour ceux qui ne le connaissaient pas. Ds se figuraient bien à tort que l'auteur de ces étourdissantes Soirées théâtrales était un de ces journalistes parisiens, souvent décrits par les romanciers , qui se pâment dans l'ivresse de leur succès et autour de qui, dans les salles de spectacle, on fait cercle pour écouter le débordement de leur esprit : ils apercevaient alors , non sans déception , un homme de quarante ans, accroupi dans sa stalle sur son chapeau qui lui servait de bureau et prenant des notes comme un simple employé penché sur le bilan. Rarement on voyait Arnold Mortier au foyer, dans les groupes où il est de bon ton d'avoir plus d'esprit que son voisin; il demeurait le plus souvent, dans les entr'actes, grave et pensif, cherchant un trait piquant de plus à ajouter à son article après le spectacle. Quand on venait lui conter le dernier mot spirituel , fraîchement éclos dans les couloirs, Arnold Mortier souriait et remerciait le généreux donateur, mais jamais il ne se servait de l'esprit des autres, sûr qu'il était de le retrouver le lendemain dans les Soirées théâtrales de ses imitateurs, très nombreux, mais dont

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