CE QUE JE PENSE D ALEXANDRE DUMAS
On ne peut lui contester Tesprit, ni une certaine audace dans la conception et dans la forme. Son amour du paradoxe, qu'on peut à la rigueur prendre pour de l'originalité, est la note dominante de son œuvre. Ce que j'aime le mieux dans son théâtre, c'est la façon pittoresquement exacte dont iL a su peindre les mœurs et les vices du grand monde. Ses grandes dames sont bien telles qu'on les rencontre dans les salons parisiens. Leurs façons de parler et d'agir, de rêver, d'aimer, de s'amuser, sont prises sur le vif. Les préfaces qu'il a mises en tête de ses comédies sont aussi des morceaux d'une grande valeur que, pour ma part, je préfère aux comédies elles-mêmes. L'auteur de la Femme de Claude adore développer les thèses au théâtre. C'est un conférencier plutôt qu'un dramaturge. Malheureusement, les causes qu'il a plaidées n'intéressent qu'une classe restreinte de la société française et il ne s'est jamais fait, comme moi dans le Demi-Quarteron {The Octoroon), Tavocat de centaines de mille hommes.