CE QUE JE PENSE DE LABICHE
M. Eugène Labiche n'est pas dépourvu de finesse. ,11 a le dialogue assez alerte et l'observation parfois exacte. Doué d'une gaieté empreinte de bonhomie et qui rappelle un peu l'humour des grands comiques anglais, il s'adonne de préférence aux tableaux de mœurs bourgeoises. Ses admirateurs français prétendent qu'il y excelle; mais il ne s'attache pourtant qu'à la surface des choses, et ses études, pour agréables
qu'elles soient, manquent généralement de profondeur. Rendons lui cependant cette justicequ'ilfit œuvre de philosophe et de penseur lorsqu'il donna, à la Comédie-Française, l'adorable comédie intitulée Moi. Moi je lui reprocherai pourtant de n'avoir pas traité cette œuvre — sa meilleure — avec la verve étincelante et la sûreté de traits qui ont fait le succès de ma pièce : Vieilles têtes et jeunes cœurs (Old heads and young hearts)^ jouée plusieurs milliers de fois.