LK FILS DU DIABLE
14 septembre.
— Je l'ai maudit ! — Oh ! ma mère! — Ma fille l — Mon enfant ! ^— Enfer et damnation f — Il Taime I — * Sauvés 1 Merrrci, mon Dieu! — A nous deux, mon* sieur le comte ! — Nous nous reverrons 1 — Demain, à minuit, dans le parc du château! —Sauvés I Merrrci, mon Dieul — C'était son père! — Misérable! — Eh bien, non! tu ne la tueras pas!— Malheureux! qu'astu fait? — Je me vengerai ! — Il l'a assssassssinnnét — Juste ciel! — Il était temps! — Grâce! — Pitié! — Sauvés ! Merrrci, mon Dieu !
Ces phrases incohérentes indiquent suffisamment à mes lecteurs que, ce soîr, 14 septembre, à huit heures moins le quart pour sept heures et demie, a eu lieu la réouverture du théâtre de l'Ambigu.
M. Campo-Casso, directeur sans salle du théâtre Lyrique, aurait, avant le commencement de la représentation, fait faire des offres à M. Roques, Il était décidé à donner soixante mille francs pour le bail du théâtre. M, Roques aurait refusé.
La nouvelle direction a voulu débuter par un coup d'éclat. Elle a repris un vieux mélodrame de MM. Paul Féval et Saint- Yves : le Fils du Diable.
Mais elle a fait tout ce qu'il était humainement poS' sible de faire pour le rajeunir :
Elle a engagé madame Doche !
Malgré la chaleur excessive^ la salle est assez bien composée. Les femmes y sont en majorité. Partout où l'on pleure on est toujours sûr de voir beaucoup de femmes. Ce soir encore, à l'Ambigu, toutes les situations extra-dramatiques étaient soulignées par des exclamations féminines.
Il est vrai que les situations comiques aussi ne manquaient pas leur effet. Les scènes de carnaval du troisième acte, par exemple, ont tant fait rire mademoiselle Angèle de la Gaîté, qu'une partie de la salle a fini par oublier ce qui se passait sur la scène et ne s'occupait plus que de la jolie pensionnaire de M. Vizentini.
Si les reporters étaient plus assidus aux premières, il y aurait bien certainement, dans les journaux d'aujourd'hui, un fait-divers intitulé ainsi : Angèle^ ou le scandale de r Ambigu.
Il est bon d'ajouter, comme circonstance atténuante, que rien n'est plus divertissant que le rondeau classique chanté par un Cupidon en délire :
Ohé, les chicards !
Ohé, les flambards!
Après ce rondeau, M. Campo-Casso aurait fait offrir quarante mille francs à M . Roques de sa salle. M. Roques aurait refusé.
Il y a, dans le prologue du Fils du Diable^ une nourrice qu'on égorge au bout de quelques minutes. Ce rôle a été joué, au théâtre de Liège, par Zulma Bouffar, alors âgée de quatorze ans.
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Quatorze ans et déjà nourrice ?
C'est un des souvenirs les plus gais de la charmante artiste.
Dans Pavant-scène de gauche, grave et résigné, je remarque M. Laurier.
M . Laurier lui-même l
Que venait-il faire à TAmbigu ?
Maintenant surtout qu'il a cessé d'être un « frère et ami. »
Une réplique admirable que je demande la permission de citer textuellement.
Il s'agit d'une provocation entre deux gentilshommes.
— Au bois de Boulogne, dans l'allée de Madrid ! dit l'un.
— Je la trouverai ! répond l'autre.
Après cette réplique, M. Campo-Casso — m'affirmet-on — fait offrir dix mille francs à M. Roques pour sa salle. M. Roques refuse.
Paul Deshayes est excellent. Alors que les acteurs de drame deviennent tous les jours plus rares, il faut rendre justice à celui-rlà, un des seuls artistes consciencieux qui nous restent.
Par exemple, l'employé qui est chargé de distribuer les contre-marques au nouvel Ambigu est absolument féroce.
A un de mes amis qui s'en va après le troisième
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