‹ Les soirées parisiennes de [1874-] 1884 (volume 5)Chapitre 52 sur 126 · MAI. I · texte numérisé non relu

MAI. I

26 mai.

Le jour de la centième d' Orphée, Offenbach était retenu chez lui par la goutte. Aussi la fête n'avait-elle pu être célébrée avec tout l'éclat désirable. Il avait fallu, comme à l'ordinaire, se contenter d'une recette magnifique et c'était tout. Mais les artistes de la Gaîté n'y auront rien perdu. Aujourd'hui, le maestro est complètement rétabli, et en attendant le souper qui aura lieu samedi, il a voulu conduire l'orchestre en personne et remercier ainsi tous ceux qui, depuis plus de trois mois, sans un seul jour de repos, ont travaillé à la prospérité de son théâtre. %

Salle comble, il est inutile de le dire. En cela, rien de changé. Mais comme les affiches ont annoncé qu'Offenbach serait au pupitre du chef d'orchestre, la Gaîté est pleine d'un public spécial. D'abord, dans une avant-scène, la famille Offenbach au grand complet, puis, à Porchestre, dans les loges, les amis du maestro et des journalistes : une vraie salle de première. Enfin, les gens qui n'ont jamais aperçu l'auteur de la Belle Hélène et qui viennent tout exprès pour le voir.

Après le premier entr'acte, on frappe les trois coups et Offenbach paraît. Il est accueilli par des acclamations enthousiastes. A plusieurs reprises il est obligé de saluer le public. Le calme rétabli, l'ouverture commence. Le maestro conduit debout, dominant son orchestre, le maîtrisant et l'entraînant tour à tour, ayant l'œil sur chaque musicien, mimant pour ainsi dire

toute la partition, tantôt se laissant caresser doucement par les plaintives mélodies du hautbois, puis, tout à coup, se redressant sur un appel de trompette et se démenant avec une chaleur irrésistible. Tout le second acte a été ainsi enlevé d'une façon étonnante et le final s'est terminé au milieu des applaudissements de tous les spectateurs.

Pendant qu'Offenbach prenait sa place, que croyezvous que faisait le chef d'orchestre, M . Vizentini? Qu'il se reposait ? — Point. Il s'était modestement installé au pupitre du premier violon. Voilà de la conscience ou je ne m'y connais pas.

Les Variétés annoncent les dernières de la Périchoie. Aussi la salle est-elle absolument pleine. Pas un strapontin vacant. On se figure généralement que le public de ces représentations de la fin est un public de billets donnés. C'est une grosse erreur. Il a payé bel et bien sa place, et voici pourquoi :

Dès qu'une pièce se pose en succès dans un théâtre, tous les amis de la maison accourent demander une petite place pour un de ces soirs. On leur répond invariablement :

— Impossible en ce moment, nous faisons trop d'argent. Attendez les dernières.

Ils attendent avec une impatience facile à comprendre. Enfin, au bout de deux ou trois mois, l'affiche porte ces mots magiques : Pour les dernières

représentations... Vite ils retournent au théâtre, et rappellent la promesse faite.

— Mon Dieu, leur dit-on alors, nous sommes vraiment désolés, mais l'annonce des dernières a fait monter les recettes d'une manière inespérée. Nous atteignons le maximum.

Que faire alors quand on a attendu si longtemps ? Il faut bien se décider à payer sa place. Les décors ne sont plus frais, les costumes sont fripés, les acteurs fatigués. Seul, le prix est le même, et il était si simple de louer son fauteuil pour les premières représentations !

Il m'a fallu finir ma soirée à POpéra-Comique où avaient lieu les débuts d'un nouveau ténor dans Mignon.

M. Heugel proclamait à la ronde que M. Anthelme. était un chanteur étonnant.

Mais vous savez que M. Heugel ne mesure pas son enthousiasme quand il s'agit d'une œuvre du directeur du Conservatoire et, ce soir encore, je me demandais lequel des deux avait le plus fait pour le succès de Mignon, de Heugel ou d'Ambroise Thomas.

Ce que le public semble surtout apprécier en ce moment, ce sont les entractes. La chaleur commence à devenir insupportable dans l'intérieur des théâtres et,

aussitôt le rideau baissé, on se précipite dans la rue.

Et pourtant — par un hasard singulier — plusieurs spectacles du jour se recommandent par leurs parties rafraîchissantes.

Les Huguenots par exemple ont, au deuxième acte, le ballet et le chœur des baigneuses;

Le troisième acte du Sphinx se passe au clair de lune dans le parc touffu de M. de Savigny;

Tout le deuxième acte de la Jeunesse de Louis XIV se joue sous bois, et, par un surcroît d'attention, une pluie torrentielle y tombe vers la fin. Cette pluie est, il est vrai, en gaze lamée, mais, avec un peu d'imagination, elle rafraîchit tout de même ;

A TOpéra-Cornique, le Cerisier nous transporte à Nanterre. En vingt minutes, on peut être à Bougival;

Les Ganaches ont leur scène du balcon, avec la campagne couverte de neige. On attend avec impatience le moment où Marguerite ouvre sa fenêtre;

Orphée aux en/ers a nécessité,' on le sait, beaucoup de frais;

Le nom seul du Château-d'Eau suffit pour attirer du monde, et pourtant ce théâtre annonce sa fermeture prochaine ;

Enfin, l'Amant de la Lune est une pièce qui se passe, en grande partie, la nuit. Le gaz reste presque constamment baissé, et la température de la salle est naturellement plus modérée que partout ailleurs. Du reste, il faut rendre cette justice au théâtre de M. Billion : par cela même qu'on y a très-froid l'hiver, on n'y a pas trop chaud l'été. C'est une compensation.

Il faut croire pourtant que tout le monde ne se laisse pas tenter par ce côté réfrigérant de la mise en scène, car les recettes des théâtres baissent et les Champs- Elysées se peuplent.

Les vendredis du concert Besselièvre commencent à être assez suivis. On y vient déjà passer une heure en revenant du Bois. Ce soir, j'y ai trouvé beaucoup de beau monde et quelques charmantes toilettes.

Mais il est vraiment dommage que ce jardin des Champs-Elysées — le seul où l'on puisse aller entendre un peu de musique passable — soit si mal tracé. Le public se voit forcé d'y tourner perpétuellement en rond comme dans un manège. On a beau changer de direction de dix minutes en dix minutes; quand on a fait cinquante et quelques tours dans sa soirée, on est pris d*éblouissements et on se figure positivement qu'on a abusé des chevaux de bois.

Non-seulement cela donne le vertige, ce qui ne serait qu'un petit inconvénient, mais on est fatalement condamné à croiser constamment les mêmes figures, èe qui est bien gênant quand on veut éviter quelqu'un.

Pour moi, j'avoue qu'au bout d'une demi-heure j'en ai eu assez.

D'ailleurs, il m'a bien fallu me décider à entrer dans un théâtre. Me rappelant tous les éléments réfrigérants que j'ai signalés plus haut, j'essaie de faire mon choix et mes préférences se portent sur le Vaude* ville, à cause de la neige.

Et puis, justement, la, distribution des Ganaches

vient de subir une légère modification: M1,e Barthet a cédé son rôle de Marguerite à Mlle Laurence Gérard, une ingénue qui, par bonheur, est un peu froide.

Ce qui n'empêche pas, cependant, les spectatrices * d'agiter leurs éventails avec un bruit monotone et régulier qui scande agréablement le dialogue, tandis que les spectateurs s'épongent le front avec leurs mouchoirs.

Pendant toute la pièce — ironie amère, — Fromentel-Delannoy se plaint de la gelée et entasse bûches sur bûches dans la cheminée. J'ai vu le moment où le public allait protester en masse et s'écrier comme Arnal dans Passé minuit :

— Vous mettez du bois !...

Mlle Laurence Gérard, la nouvelle Marguerite des Ganaches, ne manque certainement pas de talent. Mince, élancée, avec de grands yeux noirs et une figure qui rappelle à s'y méprendre celle de Jane Essler — je parle de longtemps ! — je Pai vue débuter il y a quelques années à Beaumarchais dans un gros drame de Dennery, la Citerne iïAlby. Les ébénistes du faubourg Saint-Antoine raffolaient de sa voix douce et attendrissante; ils en voulaient à mort au traître qui la persécutait, et quand, enfin, sa vertu sortait triomphante de toutes les épreuves, c'étaient de longs et chaleureux bravos.

De Beaumarchais, elle s'en fut à POdéon ôîi elle passa presque inaperçue, vouée aux ingénues de tragédie, n'apparaissant que les soirs de répertoire, de-

vant des salles à peu près vides et goûtée seulement du pompier de service.

Enfin la voici au Vaudeville. On n'a pas dérangé la presse pour ses débuts, mais ils ont été remarqués, c'est l'essentiel.

La glace est rompue — ce qui n'est pas étonnant par la température qu'il fait.

JUIWi.

itr juin.

C'est ce soif que M. Delacour, l'auteur d'une Femme qui ment, comédie en un acte, qu'on vient de jouer au Gymnase, a pu distinguer ses vrais amis des faux. Tous ceux qui, sans y être forcés, ont affronté la chaleur pour assister à cette première, peuvent compter hardiment dans la première catégorie. Il fallait du courage , vraiment !

Mais voyez combien le public est illogique. La comédie de M. Delacour n'a qu'un acte; elle ne dure pas une demi-heure, et cependant il y avait des vides à l'orchestre, au balcon, dans les loges. Si elle en avait eu trois, si elle n'avait fini qu'à minuit, il est probable que la salle eût été pleine!

Mlla Legault, toujours agréable à voir, porte une charmante toilette rose et noire dans la comédie de M. Delacour.

Et quel délicieux sourire elle a ! Après la Femme qui ment on pourrait lui faire la Femme qui sourit.

Elle n'aurait pas grand mal à apprendre son rôle.

Le Gymnase ne fermant pas l'été il ne semblait pas trop extraordinaire qu'il jouât un petit acte ce soir, ne fût-ce que par prévena'nce pour MM. les critiques qui n'ont plus absolument rien à se mettre sous la dent ; mais qu'un théâtre fermé depuis deux grands mois, choisît tout exprès cette température caniculaire pour rouvrir ses portes, voilà qui est fait pour frapper de stupeur l'homme le plus sceptique et le plus habitué aux excentricités parisiennes.

Tel est pourtant le cas des Menus-Plaisirs qui nous conviaient à la première représentation (à ce théâtre), non d'une pièce aquatique et rafraîchissante, mais d'un de ces gros mélodrames que l'on a déjà grand peine à digérer pendant l'hiver.

Curieux de connaître le nom de l'imprésario audacieux qui tentait une pareille aventure, et ayant en vain interrogé les personnes les mieux informées, je me suis rendu bravement chez le concierge que j'ai trouvé en train de manger une plantureuse soupe aux choux au milieu de sa famille.

Cet excellent homme m'a reçu avec la plus grande affabilité; mais soit par discrétion, soit par ignorance réelle, il n'a pu satisfaire ma curiosité.

— Enfin, lui dis-je après l'avoir interrogé sans obtenir aucun éclaircissement, cette troupe qui joue ce soir, jouera-t-elle demain?

— Certainement, monsieur, si elle a du succès. Du succès par cette atmosphère tropicale !

O sainte naïveté des nouvelles couches!

JUJN. 209

Voyant que je n'en tirerais rien de plus, je me décide à entrer dans la salle. O surprise !

A peine y ai-je fait quelques pas, qu'une brise délicieuse me caresse le visage. Je suis dans une oasis. Oasis est le mot. Il y a si peu de monde dans la salle !

Pourtant, au nombre des rares spectateurs, je remarque un nègre du plus beau noir. Cet habitant du sol africain aura voulu se rappeler son désert : ou bien peut-être aura-t-il cru que ses compatriotes, ces nègres du Soudan, engagés autrefois par la direction Mercklein, continuaient encore leurs périlleux exercices.

L'orchestre est composé de trois musiciens et d'un chef d'orchestre. J'entends celui-ci qui dit à ses hommes :

— On est très-bien ici, on se croirait à la campagne !

Une innovation: le souffleur est une souffleuse. Peut-être une protestation contre les accaparements du sexe fort.

Autre détail très-caractéristique dans le prologue du drame : un navire prend la pleine mer... dans la coulisse !

Pour le regarder partir, l'acteur en scène doit se servir d'une longue-vue. Cet accessoire ayant manqué, l'administration qui recule devant toutes les dépenses a engagé l'artiste à se servir de ses mains qu'il place en entonnoir devant ses yeux.

J'allais oublier la présence dans l'orchestre d'un caniche qui regardait gravement le spectacle.

C'était à lui jeter des sous.

3 juin.

Le premier juin nous amène invariablement la fermeture de quelques théâtres. On dirait que c'est réglé par les lois de la nature et on voit le relâche fleurir sur les affiches de ce mois comme on voit les feuilles pousser au mois d'avril, les fraises et les petits pois au mois de mai et les cheveux de Siraudin pendant toute l'année. '

Mais tous les théâtres ne semblent pas se résigner de la même façon à cette fermeture momentanée. Tandis que l'Odéon annonce la sienne joyeusement, en grosses lettres et en ajoutant annuelle, en théâtre qui a l'habitude de prendre ses vacances, la Renaissance paraît éprouver une certaine gêne et, afin de bien prouver qu'elle ne ferme ses portes que momentané* ment, fait suivre le mot fatal de clôture de l'annonce d'une réouverture prochaine avec une opérette nouvelle pour Thérésa.

L'Ambigu n'a rien annoncé du tout et pourtant on n'y joue plus. M. Billion ne trouvant pas plus d'acquéreurs pour son théâtre que de spectateurs pour ses drames, semble avoir renoncé à la lutte. Pauvre M. Billion! Il aimait trop l'économie, c'est ce qui l'a tué!

Fermée aussi, la Porte-Saint-Martin, mais ce n'est qu'une fermeture de quelques jours. On y déploieune ^activité dévorante, on y fait manœuvrer les trappes, on j" règle les pirouettes, on y peut voir des hommes en costume de ville enlevés dans les airs par des ballons

en carton peint, bref on y répète le Pied de Mouton, qui passera probablement samedi prochain.

Le Théâtre des Menus-Plaisirs, qui avait rouvert hier sans qu'on ait pu savoir au juste pourquoi, a fermé ce soir — je sais pourquoi, par exemple.

Les autres directions tiennent bon et elles ont raison. Le mois de juin nous vaut généralement une invasion sérieuse de provinciaux et d'étrangers* et, quand le spectacle offre des attraits, on peut espérer des recettes

assez convenables. Et puis, il fera peut-être froid demain !

Il faut pourtant s'attendre à des relâches subits.

Je sais un grand théâtre où le directeur s'est tenu hier, dimanche, le raisonnement suivant :

— Il fait un temps splendide, une chaleur africaine, on a couru le Derby à Chantilly; dans ces conditionslà puis-je compter sur un peu de monde? Évidemment non% D'autre part, j'ai des frais que le soleil ne diminue pas; si j'envoyais mes artistes se promener à la campagne? Ça leur ferait plaisir et cela ne me serait pas désagréable. Va pour la campagne!

Et une bande du plus beau blanc annonçait, à la dernière heure, que les bureaux resteraient fermés.

Parmi les rares théâtres qui font encore de l'argent, il faut citer les Bouffes. Je ne dirai pas que la salle regorge de monde, mais il y en a plus qu'ailleurs. Ce sont Mœe8 Judic et Théo qui opèrent ce miracle.

Depuis que les deux divas sont réunies dans un seul et même spectacle, c'est, dans la rue de Choiseul, une procession perpétuelle de bouquetières. Je ne saurais

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dire qui reçoit le plus de bouquets de Bagatelle ou de Pomme d'Api ; toujours est-il qu'on parle sérieusement, dans le monde des marchandes dé fleurs, d'élever un monument sur la place de la Madeleine, aux deux chanteuses qui ont tant contribué au développement de leur commerce.

Pendant que je me trouve au théâtre de M. Comte, Isabelle arrive. Elle porte déjà une jupe jaune rayée de noir : les couleurs de Saltarelle.

Dans la' loge de Mme Théo, on parle des courses d'hier. On cite les perdants.

— Est-il possible, s'écrie la blonde enchanteresse, de jeter ainsi son argent sur un cheval ?

— Ma chère amie, répond un amoureux platonique, il faut bien le jeter sur quelque chose : toutes les femmes sont vertueuses à présent!

4 juin.

Les Italiens : vous lisez bien : les Italiens — ont fait, ce soir, une recette de près de dix mille francs!

Dix mille francs, malgré la chateur, malgré la composition médiocrement attrayante du spectacle, malgré tout. Les équipages encombraient la rue de Choiseul, comme aux plus brillantes représentations de Ventadour.

JUIN. 2l3

C'est qu'il s'agissait d'un acte de bienfaisance. Cette soirée a été organisée par la société des Amis de l'Enfance, et les Amis de l'Enfance sont heureusement nombreux.

La salle est admirablement composée. J'y remarque l'ex-rei ne d'Espagne, le comte Aguado, Abattucci, le comte de Béthune, Mme de Chambrun, la baronne d'Erlanger, le marquis de Casariera, M. de Flotte, M. Mignot, le marquis de Bethisy, M. Calderon, M. de. Borda, M. et Mme Musard, le comte Alberty, M. de Villeneuve, la duchesse de Doudeauville, les baronnes de Poilly et de Ludres, la duchesse de Tarante, le comte d'Ariste, Ernest Delchet, etc.

Le maître des cérémonies, celui qui avait accepté la responsabilité de cette soirée laborieuse, M. le comte de Féraudy, se multipliait. Il avait imposé la consigne la plus sévère pour les entrées sur la scène. A peine si les employés pouvaient y avoir accès pour leur service. M. le comte Féraudy voyait des intransigeants dans le moindre allumeur cle quinquets.

Autre solennité. — Est-ce bien une solennité? Bah ! il ne faut pas se montrer trop difficile, par la température qu'il fait. Après un jour d'intervalle, les Deux Orphelines^ mortes à la Porte-Saint-Martin, renaissent au Châtelet. La distribution est la même, les décors sont les mêmes, l'effet est le même : il n'y a de changé que le théâtre et les prix. Les prix surtout,

jugez-en : pour 5o centimes, i et- 2 francs, on peut voir ce qui, avant-hier encore, coûtait à .la Porte- Saint-Martin^ 5 ou 6 francs.

Eh bienf Voyez pourtant jusqu'où va l'exigence de certaines gens :

— Irez-vous ? demandais-je ce soir à quelqu'un.

— Pas encore. J'attends.

• — Quoi donc ?

— Ils ont déjà baissé les prix. Dans quelques jours ils paieront pour qu'on vienne.

Plaisanterie à part, il y a peut-être une idée dans la tentative que fait le Châtelet. On parle de le transfor* nier en opéra populaire. Ne serait-il pas plus simple et moins coûteux de continuer à marcher dans la voie inaugurée ce soir ? La salle est assez grande pour qu'on y puisse réaliser des recettes sérieuses avec ces prix réduits, surtout si l'on n'a aucun frais de décors et de costumes pour monter les pièces. Les différents théâtres de Paris pourraient donc s'entendre pour venir, à tour de rôle, y donner des représentations à bon marché de leurs succès, après en avoir épuisé la vogue chez eux.

Seulement, le Châtelet changerait alors dé nom et s'appellerait le théâtre des Soldes dramatiques.

Avis à MM. Bertrand et Cantin, qui donnaient aujourd'hui pour la dernière fois la Périchole et la Belle Bourbonnaise.

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