‹ Les soirées parisiennes de [1874-] 1884 (volume 5)Chapitre 7 sur 126 · INTRODUCTION. XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIX

parmi les grincheux. On l'entend parfois, murmurer :

— Ah! de mon temps.,, c'était bien mieux que cela!

Ma}s il est loin, le temps de. M. de BiéviUe !

Balzac, dans sa charmante Monographie de la presse parisienne^ disait :

« Le Siècle a trouvé commode de se dispenser d'ayoir de l'esprit dans son feuilleton de théâtres, sous prétexte de la bêtise, parfaitement constatée, de ses trente mille abonnés. »

M. de BiéviUe s'est ingénié à perpétuer la tradition; i\ y a réussi.

M. Laforêt juge drames, comédies et vaudevilles au journal la Lihertéi la musique appartient à M. .Foncières. Ce dernier n'a pas oublié qu'op s'est montré bien sévère pour ses opéras. Pourquoi serait-il indulgent pour ceux d'autrui ? La loge de la Liberté est occupée par M. Léonce Détroyat. C'est une loge hospitalière oli les invités se suivent et ne se ressemblent pas.

Le Pays a Je bonheur de posséder M, Charles Peulin, grand comme de BiéviUe, raide comme de BiéviUe, sévère comme de BiéviUe. Seulement la sévérité de NÇ. Deulin est essentiellement réactionnaire, tandis que la sévérité de M. de BiéviUe est une sévérite républicaine. M. Paul de Cassagnac ne v$ qu'aux premières à grand effet. On le voit fort empressé auprès des dames, ou bien, pendant les entr'actes, à l'entrée 4w balcon, le buste en avant, s'exposant aux lorgnettes curieuses et ^ux appréciations des femmes — qui le trouvent beaq.

M. Hostein, du Constitutionnel, vient juger les nouveautés comme directeur et comme critique; il représente à la fois la Renaissance et son journal : les deux sont bien représentés.

M. Théodore de Banville, du National, est de l'école de M. Paul de Saint-Victor : tout prétexte lui est bon à être indulgent et aimable. Il est de ceux qui ont toujours l'air de s'amuser au théâtre. Quand la pièce est mauvaise, il console ses voisins en disant qu'elle aurait pu être bonne.

MM. de la Pommeraye et Ernest Dubreuil rendent la justice théâtrale à la France. Le second, au point de vue musical seulement. M. de la Pommeraye est un critique convaincu, un critique de vocation, un critique de naissance. Quand le journal manque à ses feuilletons, il les conférencie. Mais il faut qu'il feuilletonne.

Après la mort de Paul Foucher, la Presse a confié son département dramatique à M. Jules Claretie, un feuilletoniste consciencieux, correct et intéressant. On voit souvent MM. Debrousse, père ou fils, dans la loge de ce journal ; rarement M. Marius Topin.

MM. Fouquieret Hippolyte Nazet font les théâtres au Courrier de France, le premier a la partie sérieuse, l'autre la partie frivole; M.Alphonse Défère, du Soir, n'est autre que M. Louis Duchemin, le frère de Télégant et spirituel Fervacques; MM. de Saint-Albin père et fils représentent le Sport, ils sont accompagnés de leur chroniqueur Bachaumont, qui a succédé à M. Eugène Chapus; enfin, quand j'aurai cité M. Da-

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