‹ Les soirées parisiennes de 1874- 1884Chapitre 55 sur 112 · PREMIERE CONVERSATION · texte numérisé non relu

PREMIERE CONVERSATION

M. CARVALHO, directeur de l'Opéra-Comique, et M. HALANZIER, directeur de l'Opéra.

M. Carvalho. — Ainsi, mon cher confrère, vous omptez jouer l'Opéra pendant toute la durée de l'Ex- )Osition?

M. Halanzier. — Sans doute.

j M. Carvalho {pressant tristement la main de i 4. Halan:{ier). — Je vous plains bien sincèrement,

M. Halanzier. — Pourquoi ?

M. Carvalho. — Parce que vous allez manger beau- [ oup d'argent.

M. Halanzier (surpris). — C'est-à-dire que j'enaisserai chaque soir le maximum.

M. Carvalho {avec amertume). — Allons donc î ^otre théâtre n'est pas fait le moins du monde pour xploiter un genre nécessitant des frais aussi imlenses que le Grand-Opéra...

M. Halanzier {avec un soupir). — Il est vrai que a coûte cher. Ainsi, pour le Polyeucte, de Gounod, ue je répète en ce moment ..

M. Carvalho. — Parbleu! Croyez-en mon expéience. Laissez-moi là Gounod et Polyeucte. Renouez aux Huguenots, à V Africaine, à Faust. Ne voyez-

ous donc pas que cette musique sérieuse casse la tcte

u public? 11 préfère la musique joyeuse, facile... et I près tout, il vient surtout pour votre escalier !

l82 LES SOlRi r •. PARISIENNES.

M. Halanzier. — Pourtant, mon cahier des charges...

M. Carvalho. — Un cahier des charges est fait pour être violé. Voyez nos confrères. Croyez-moi, n^hésitez pas, allez trouver Cantin et demandez-lui carrément l'autorisation de reprendre la Fille de Madame Angot.

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