PREMIERE CONVERSATION
M. CARVALHO, directeur de l'Opéra-Comique, et M. HALANZIER, directeur de l'Opéra.
M. Carvalho. — Ainsi, mon cher confrère, vous omptez jouer l'Opéra pendant toute la durée de l'Ex- )Osition?
M. Halanzier. — Sans doute.
j M. Carvalho {pressant tristement la main de i 4. Halan:{ier). — Je vous plains bien sincèrement,
M. Halanzier. — Pourquoi ?
M. Carvalho. — Parce que vous allez manger beau- [ oup d'argent.
M. Halanzier (surpris). — C'est-à-dire que j'enaisserai chaque soir le maximum.
M. Carvalho {avec amertume). — Allons donc î ^otre théâtre n'est pas fait le moins du monde pour xploiter un genre nécessitant des frais aussi imlenses que le Grand-Opéra...
M. Halanzier {avec un soupir). — Il est vrai que a coûte cher. Ainsi, pour le Polyeucte, de Gounod, ue je répète en ce moment ..
M. Carvalho. — Parbleu! Croyez-en mon expéience. Laissez-moi là Gounod et Polyeucte. Renouez aux Huguenots, à V Africaine, à Faust. Ne voyez-
ous donc pas que cette musique sérieuse casse la tcte
u public? 11 préfère la musique joyeuse, facile... et I près tout, il vient surtout pour votre escalier !
l82 LES SOlRi r •. PARISIENNES.
M. Halanzier. — Pourtant, mon cahier des charges...
M. Carvalho. — Un cahier des charges est fait pour être violé. Voyez nos confrères. Croyez-moi, n^hésitez pas, allez trouver Cantin et demandez-lui carrément l'autorisation de reprendre la Fille de Madame Angot.