DEUXIÈME CONVERSATION
M. PERRIN, directeur de la Comédie-Française, e M. BALLANDE, directeur du Troisième-Théâtre Français.
M. Ballande. — Mon cher confrère, je suis désoU de vous le dire, mais la Comédie-Française est dan; une très-mauvaise voie.
M. Perrin. — Vous n'y pensez pas? Jamais, ai contraire, elle n'a été dans un pareil état de prospé rite...
M. Ballande. — Méfiez-vous. Cette prospériti cache un abîme.
M. Perrin. — Nous faisons salle comble tous le soirs.
M. Ballande {avec un rire satanique). — D'autre aussi ont fait salle comble. Us ne s^en sont pas moin ruinés. Croyez-moi, renoncez d'abord à exploiter votr répertoire classique. La tragédie vous tuerait. En suite, ne vous adressez plus à des auteurs comme Au gier ou Dumas. Laissez la comédie dramatique qui fait son temps ci abordez franchement la farce.
M. Perrin. — Vous voulez que la Comédie-Fran (faise?...
M. Ballande. — Savez-vous ce que je ferais à votr
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place? Je m'adresserais à Hennequin et je lui démaillerais une pièce avec des portes. Je voudrais que ;outes mes pièces nouvelles eussent des couplets dont e confierais la musique à des compositeurs en vogue. V^oilà le seul moyen de sauver la Comédie-Française.