MATIN D'HIVER
Le rêve du ciel noir s'enfuit vers l'autre sphère ët l'or du firmament retourne en l'infini, Pendant qu'à l'horizon crénelé de granit S'allonge sur les monts l'auréole solaire,
Encourtiné de rose à l’orient, le Jour
Lance ses javelots à la nuit qui chancelle
Et meurt... si belle encore, Aussitôt monte en selle Dans l'azur, le soleil, comme un cavalcadour.
Mais hélas, la clarté m’'enlève ma chimère, Ma si douce chimère où chante l'idéal ;
Et je sens s’éplorer, au grand souffle hiémal, Mon âme qui frissonne en intime frimaire.
Les Soirs moroses