LA CHANSON DES ARBRES
Sous l'immense clavier des forêts séculaires, Le vent fait frissonner d'étranges harmonies :
Comme si la rancœur des hc:nmes de génie, Sous les doigts d'un artiste, exhalait des colères.
Sous les doigts d'un artiste, au fond du grand bois Et dont l'âme, vibrant de leurs âmes, répète [sombre Dans un sublime chant, tous les chants des poètes, Des poètes défunts, des poètes sans nombre.
55 Les Soirs d'orages
LECHAFAUD
La charpente funébre élève son squelette Honteusement, auprès des murs de la prison :
Noir et faux, l'instrument de l'humaine raison \ttend. La foule va et vient, t s'inquiète.
Le bourreau lestement fait l'ultime toilette, Un prêtre avec ferveur récite une oraison Et bientôt tout est prêt, on fait la pendaison Et la corde balance une chair violette,
Ma vie en la prison de la brutaiité S'achemine au gibet noir que l'humanité, En grimacant, élève aux rêveurs de folies,
Or, j'ai bien vu ce soir mon âme, lentement, Monter l'escalier de léchafaud béant :
L'échafaud du dédain de la plèbe avilie,