AVERTISSEMENT. IX
» Et d'abord un simple, un saint, idéal de tant de héros inconnus qui ont suivi le devoir, non le bruit; la vie et la mort du premier grenadier de la République, du Breton Latour d'Auvergne... »
. On eût dit que Michelet, prévoyant les funestes journées de décembre, voulait les conjurer en rappelant à l'armée le souvenir de ces temps, encore si proches, oh la cité fut Tarmée, où Tarmée fut la cité, c'est-à-dire « la patrie ellemême, combattant et mourant pour les lois ».
Le plan conçu par l'auteur était très-vaste ; rien moins que la vie, le calendrier de tous les saints, de tous les martyrs, de tous les héros de la liberté. Gomme on l'a très-bien dit, ce livre « ouvrait une sorte de Panthéon à tout ce qui lutta et souffrit pour la patrie et pour le peuple. » Cette Légende d'or devait s'étendre à tous, au paysan, à l'ouvrier, à l'instituteur, à l'étudiant, etc. Chaque profession aurait ainsi son modèle, son patron, à honorer et à imiter ; de là le titre primitif : Légendes de la Démocratie.
Cette grande conception, M. Michelet n'a pas eu le temps de la réaliser dans son ensemble. Le maître d'école Grainville, le seul héros civil qu'il ait raconté, a trouvé sa place dans l'ffw-