‹ Les soldats du papeChapitre 1 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ce livre est écrit par un vaincu de Castelfidardo qui \eut rendre hommage aux vainqueurs de Nerola, d'Acquapendente, de Viterbe, de Farnèse et de Mentana. Sans doute, pour raconter dignement cette lutte épique, il faudrait le génie virgilien ou la sublime inspiration qui féconda la Jérusalem délivrée; mais si ce modeste récit n'atteint pas à la hauteur de la réalité, du moins servira-t-il à éclairer ce drame terrible et sanglant, dont le premier acte s'appelle Castelfidardo, le second acte Mentana, et dont le déaoûment est entre les mains de Dieu , — de Dieu fteol!

De 1860 à 1867, de l'heure de la défaite à l'heure de la revanche, combien de lueurs sinistres ont épouvanté les âmes chrét-'^nnes! Combien de scandales instructifs, combien de monstrueuses révélations! Jamais la lutte anti-religieuse ne fut plus audacieuse et plus acharnée; c'est de partout un effroyable redoublement d'efforts, de haines et d'outrages ; l'athéisme même a ses temples, et les prétendus* libéraux en sont venus à contester jusqu'à la liberté de la prière. Mais aussi, par un contraste plein de consolations, à aucune époque de l'histoire catholique, le siège de Pierre ne fut entouré de plus de respect et d'amour. Le mal même sert à la glorification du Dieu vivant qu'il voudrait anéantir, en suscitant de véritables miracles de foi, de dévouement et de valeur.

Les soldats du Pape ! a dit un éminent historien Ces mots autrefois ne frappaient pas l'imagination, n'excitaient pas l'admiration. Ils sont devenus aujourd'hui synonimes de dévouement, de courage, de sacrifice; ils représentent la foi, l'honneur, les sentiments généreux, la piété filiale des catholiques.

Ahl ne disons pas de mal d'un temps où la plus sainte des causes rencontre de si nombreux serviteurs qui souffrent volontairement pour elle, lui donnent même jusqu'à leur sang!

Heureuses les familles qui auront fourni leur contingent

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