‹ Les soldats du papeChapitre 2 sur 28 · Ponjoulat · texte numérisé non relu

Ponjoulat

à cette légion thébaine de la papauté I Quelle page dans

leurs archives! Quels titres devant Dieu et devant les hommes!

« Les soldats du Pape, s'écriait récemment l'aigle d'Orléans, les soldats du Pape se sont battus en toute rencontre comme des héros. Et je lisais ce matin même, dans un journal italien qui en frémissait de rage, ces paroles que je veux vous citer à l'honneur de ces variantes troupes romaines :

« Nos rouges, i nostri rossi, n'ont pas, il est vrai, été vainqueurs; mais, du moins, ils nous ont forcés de voir ce que nous voulions ignorer : l'énergie et la valeur des sol- , dats du Pape. »

» Quant aux zouaves, je le dis avec orgueil, car ils sont presque tous enfants de la France, ils se sont battus comme les fils des Croisés et se sont couverts 4e gloire: il n'y a qu'une voix dans toute l'Europe pour applaudir à leur vaillance. Et la légion d'Antibes, enfin, a été digne de cette vaillante armée française qu'elle représente : je ne lui

donne pas d'autre éloge. »

De tous les points du monde, des applaudissements se sont élevés en l'honneur de cette petite armée, si disciplinée, si vaillante, si digne de fraterniser sur le champ de bataille avec leA*vainqu«urs de l'Aima, « les premiers soldats du

monde. » C'est le sénat romain1 qui lui vote des actions de grâces, comme autrefois à Varron pour n'avoir pas désespéré du salut de la patrie ! C'est la voix des évêques qui appelle sur les modernes Macchabées les bénédictions du Très-Haut ; c'est le peuple catholique tout entier qui les acclame, qui combat et triomphe avec eux; car ce n'est pas Rome seulement qui est en cause, mais le christianisme et la civilisation mêmes. La lutte est posée dans ce dilemme inéluctable: qui l'emportera de la révélation de Dieu ou de l'orgueil de l'homme î

i. m A Son Excellence le général Hermann Kanzler, proministre des armes de Sa Sainteté :

• Au Capitole, Î6 octobre 1867,

» La magistrature romaine ne saurait rester dans une admiration muette devant la conduite de la troupe pontificale que Votre Excellence a eu raison d'exalter. Non-seulement elle a bravement combattu et repoussé les ennemis de la religion et % du trône, mais encore elle à su parfaitement maintenir Tordre

à l'intérieur de cette capitale. En se fanant l'interprète de la pensée de cette population, la magistrature romaine formule ci les actions de grâces les mieux senties et la plus reconnaissante gratitude qu'elle vous prie de vouloir bien faire connaître tant aux officiers qu'aux soldats de toutes armes. Bile ne doute pas que si elle continue encore un peu de temp3 cette \ admirable abnégation, on verra complètement dispersées et

détruites les hordes qui ont osé s'avancer jusque sous ces murs.

(Signé) : Marquis Francesco Cavalletti, sénateur.

Ferdinand Giraud, ânnibal Moroni, Joseph Polieri, Pierre Merolli, conservateurs. •

Aucun hommage ne pouvait donc manquer aux soldais de Pie IX, à ces vaillants qui personnifiaient la foi, la liberté, l'honneur, et jusque dans les rangs ennemis ils ont suscité de sympathiques manifestations en faveur du pou* voir trois fois auguste pour lequel ils versaient leur sang.

Un journal publiait, au lendemain de Mentana, cette remarquable lettre accompagnée d'une souscription importante pour l'œuvre des zouaves pontificaux :

« Château de Beauregard, 33 octobre 4867. » Monsieur,

» En vous envoyant son offrande pour le Pape du fond de son vieux manoir, mon noble ami le vicomte H. de Barrème obéit à un élan filial. Quant' à moi, protestant, qui, des rivages de l'Hudson, suis venu planter ma tente à l'ombre des mêmes forêts que lui, en vous envoyant mon obole, je fais simplement acte de libéral et de conservateur! Ce qui m'attache à la cause du Pape, c'est que sa cause est celle de la liberté et de la civilisation ! En défendant, pour mon humble part, le pouvoir temporel de l'évêque de Rome, je défends cette admirable institution dont mon ami — avec cette éloquense chaleureuse et spon^ tanée qui frappait ses juges, il y a cinq ans, et charmait ses auditeurs de Malines, il y a six semaines, — a dit que : *« EUe a toujours maudit les bourreaux sans distinction; » tt à laquelle un protestant, avec une impartialité que je voudrais toujours rencontrer chez mes coréligionnaires, a

rendu cette justice : « Le pouvoir papal a empêché le despotisme de devenir atroce. »

» Permettez-moi d'espérer que tous les protestants intelligents qui comprendront que le pouvoir temporel de Téu' que de Rome n'est jamais menacé, sans que l'ordre et la liberté le soient en même temps, suivront mon exemple ! Comme libéral et comme homme politique, je regarde •comme un devoir de joindre mon offrande à la vôtre.

» Veuillez agréer, monsieur, l'hommage de toute ma sympathie et de mon dévouement

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